Le Premier ministre par intérim Ilie Bolojan a vivement critiqué le Parti social-démocrate, qu’il accuse de fuir ses responsabilités dans les négociations pour la formation d’un nouveau gouvernement. Dans un entretien à Digi FM, il a dénoncé un parti qui « se cache » et refuse d’assumer la fonction de Premier ministre.


Selon lui, cette attitude alimente un vide politique et ouvre la voie à des scénarios alternatifs, comme la nomination d’un chef de gouvernement technocrate. Il s’est toutefois montré sceptique quant à la viabilité d’un tel exécutif dans le contexte actuel, estimant qu’en l’absence de mandat politique clair, le soutien parlementaire risquerait d’être instable et opportuniste.
Le Parti national libéral, a-t-il précisé, n’a discuté d’aucun nom avec le président Nicușor Dan et rejette l’idée d’un gouvernement technocratique composé de « ministres de substitution » du PSD. « Si les ministres ne sont que des relais du PSD, nous ne voterons pas ce gouvernement », a-t-il averti.
Sans exclure en principe un exécutif dirigé par les sociaux-démocrates, Ilie Bolojan reproche à ces derniers d’avoir provoqué la chute du précédent cabinet avant de se retirer des négociations. « Le PSD a démantelé le gouvernement et se dérobe désormais », a-t-il insisté, appelant le parti à proposer une solution claire.
Les discussions avec le président se poursuivent, sans qu’aucune décision n’ait encore été arrêtée. Les échanges portent notamment sur la situation budgétaire, les engagements européens liés au plan de relance et les différentes configurations gouvernementales possibles.
Le chef du gouvernement par intérim met en garde contre les risques d’un blocage prolongé, alors que les prérogatives d’un exécutif intérimaire restent limitées. L’absence d’un gouvernement pleinement investi avant la pause parlementaire pourrait compliquer davantage la gestion des affaires courantes.
Sur le plan économique, Ilie Bolojan a également souligné les déséquilibres structurels des finances publiques, avec des dépenses salariales élevées dans le secteur public et des recettes parmi les plus faibles de l’Union européenne. Il a plaidé pour une réforme progressive, incluant un étalement des hausses salariales des hauts responsables.
Les tensions politiques s’étendent aussi à certains projets énergétiques et d’infrastructures, sans remettre en cause, selon lui, les partenariats stratégiques de la Roumanie.
En parallèle, le PSD accuse Ilie Bolojan d’avoir multiplié les nominations dans des institutions publiques après la chute du gouvernement, dénonçant une distribution de postes à des proches. Le parti avertit que ces décisions pourraient être annulées une fois un nouvel exécutif en place.
Dans ce contexte de blocage et de tensions, la Roumanie reste plongée dans une incertitude politique, sans accord clair sur la future majorité ni sur le nom du prochain Premier ministre.







