En Roumanie, le repos dominical n'est pas vraiment une sacro-sainte tradition comme en France. De Bucarest à Constanta, le dimanche est une journée quasi ordinaire pour le consommateur, qui peut très souvent faire ses courses au supermarché ou aller faire du shopping au mall, où le dimanche est souvent un jour d'affluence, les Roumains ayant plus le temps de se balader et de flâner dans les boutiques.
Pour beaucoup de propriétaires de magasins, il est tout simplement impensable de ne pas ouvrir le dimanche, où ils réalisent un chiffre d'affaires non négligeable. D'autant que l'absence de législation joue en leur faveur. La Roumanie est en effet l'un des pays les plus libéraux d'Europe en ce qui concerne le travail dominical et n'a mis en place aucune restriction. Ici, pas besoin de dérogation ou d'autorisation préfectorale pour ouvrir ses portes le dimanche. Les employés récupèrent les jours de congé dans la semaine ou sont payés en heures supplémentaires. S'il est difficile d'avoir des statistiques officielles sur le nombre de personnes travaillant chaque dimanche, une chose est sûre, ils sont nombreux, très nombreux. A en croire une étude Neogen réalisée en 2007, deux Roumains sur cinq déclaraient travailler le week-end. Un chiffre qui ne comprend pas seulement les employés des commerces mais aussi ceux des sociétés de services ou les grandes multinationales. Selon le même sondage, seuls 20% des salariés roumains ne travaillent jamais le week-end !
Gagner de l'argent d'abord
Loin de faire débat, le travail dominical en Roumanie semble être complètement entré dans les mœurs. Ioana, la quarantaine, est vendeuse dans un petit magasin d'alimentation du centre de Bucarest et travaille un dimanche sur deux. "La seule chose qui me dérange, c'est que je suis en décalage avec mes enfants et mon mari, et que je ne peux pas profiter d'eux. Mais sinon, je ne vois aucun problème à travailler le dimanche, tant que je récupère un jour de congé dans la semaine." Une conception qui prend racines dans le passé communiste du pays, où, le dimanche, jour chômé, était tout de même souvent consacré au travail patriotique, mais qui s'explique surtout par l'évolution économique des vingt dernières années.
"Les Roumains valorisent plus le gain que le temps libre", lance le sociologue Mircea Kivu en guise d'explication, "surtout depuis le début des années 1990 et la crise d'alors, ils se sont habitués à avoir deux emplois pour s'en sortir et cherchent avant tout à gagner de l'argent. Sans oublier que les syndicats ne sont pas très forts en Roumanie et ne font pas pression pour une réglementation". Idem pour la dimension religieuse ou familiale du dimanche, beaucoup moins "institutionnalisée"qu'en France. "Il y a un caractère peu obligatoire dans la religion des Roumains, même si théoriquement le dimanche reste le jour de la messe. Alors quand il faut travailler, on travaille. Quant au caractère familial, il a tendance à se perdre un peu dans les familles plus modernes, et le dimanche est de moins en moins considéré comme un jour dédié aux réunions familiales."Marion Guyonvarch (www.lepetitjournal.com / Bucarest) lundi 27 juillet 2009{mxc}







