Le Premier ministre Ilie Bolojan a vivement réagi au dépôt d’une motion de censure commune du PSD et de l’AUR, estimant que cette initiative traduit en réalité la formation d’une nouvelle majorité politique.


Selon lui, cette alliance de fait viserait à prendre le contrôle du gouvernement, sans pour autant présenter, à ce stade, une alternative claire.
Il a accusé le leader social-démocrate Sorin Grindeanu d’avoir multiplié les déclarations trompeuses, non seulement sur la gestion gouvernementale, mais aussi sur les relations politiques avec l’AUR. Pour Ilie Bolojan, la situation actuelle laisse peu de doutes : une majorité PSD-AUR — explicite ou implicite — pourrait émerger et devra en assumer les conséquences. Dans ce contexte, il a affirmé que le PNL excluait toute future coopération avec le PSD.
Face à cette crise, le chef du gouvernement n’exclut pas l’hypothèse d’élections anticipées, même s’il reconnaît que le système parlementaire roumain rend ce scénario peu fréquent. Il a toutefois insisté sur un point essentiel : renverser un gouvernement suppose d’avoir une solution prête pour lui succéder, ce qui, selon lui, fait aujourd’hui défaut.
Il a également mis en garde contre les effets d’une instabilité prolongée. En cas de chute de l’exécutif, une période de transition s’ouvrirait, avec un gouvernement intérimaire aux pouvoirs limités. Une telle situation, a-t-il prévenu, risquerait d’affecter directement l’économie et de peser sur les citoyens. Sans cap clair ni discipline budgétaire, la dégradation économique deviendrait inévitable.
Concernant ses relations avec le président Nicușor Dan, Ilie Bolojan a évoqué une coopération solide, tout en soulignant que la résolution de la crise relève avant tout des partis politiques. Il a précisé que le chef de l’État ne lui avait pas demandé de démissionner et qu’il n’envisageait pas de quitter ses fonctions avant le vote sur la motion de censure.
Le Premier ministre a également insisté sur le rôle de la bonne foi en politique, estimant que les blocages apparaissent lorsque les intérêts partisans ou personnels prennent le pas sur l’intérêt général. Selon lui, la perte de confiance entre responsables politiques complique aujourd’hui toute tentative de compromis.
Il a enfin alerté sur les conséquences plus larges de cette crise institutionnelle. Sans coopération entre la présidence et le gouvernement, la mise en œuvre des réformes promises devient plus incertaine. Il a aussi laissé entendre que les tensions actuelles pourraient déboucher sur de nouvelles initiatives politiques du PSD, y compris visant la présidence.
Dans l’ensemble, Ilie Bolojan a présenté la motion de censure comme un tournant politique majeur, susceptible d’entraîner une recomposition du pouvoir et d’accentuer les risques économiques pour le pays.







