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URBEX - Exploration urbaine de lieux interdits de la capitale

Par Adrien Le Noel | Publié le 07/08/2017 à 22:00 | Mis à jour le 08/08/2017 à 15:32
Photo : Adrien Le Noël
URBEX bucarest

Des gigantesques blocs de béton au genre néo-classique, le style architectural Roumain regorge de bâtiments atypiques et au passif très ancien. Si certains ont été conservés dans leur écrin originel, d'autres, faute d'héritage, se retrouvent à l'abandon, en proie aux pilleurs et aux nombreux curieux. Ainsi, la capitale Roumaine est devenue le nouveau terrain de jeu des "urbexeurs", ces curieux avides de lieux interdits, en quête de tourisme alternatif et d'adrénaline. 

« C'est absolument incroyable, voir ce genre de bâtiments au sein d'une capitale Européenne, c'est presque insensé. »

De passage à Bucarest pour quelques jours, ce couple de touristes allemands souhaitant conserver l'anonymat, fait parti de ces afficionados de « l'Urbex ». Ce mot, provenant de l'anglais et désignant les « explorations urbaines », s'est désormais inscrit dans le vocabulaire commun chez un bon nombre de passionnés d'histoires ou de photographie. Leur but est simple, faire du tourisme autrement. « Beaucoup considèrent que pour découvrir une ville, vous devez visiter les endroits principaux. Ce n'est pas forcément faux, mais nous, on considère qu'on en apprend tout autant ou plus en revisitant le passé de certains lieux. » 

 

urban bucarest

 

Dès l'arrivée au 1er étage du palais Palatul Adevarul, le couple s'arrête, se regarde et dégaine leur appareil photo. « Comment est-ce possible ? Nous sommes en plein centre ville, au c?ur d'un bâtiment abandonné, et nous avons devant nous d'anciennes unes de journaux. Nous faisons de l'Urbex depuis 3 ans déjà et c'est la première fois que nous voyons une telle chose. » Après avoir immortalisé la pièce sous tout les angles possibles et imaginables, le duo allemand s'enfonce progressivement dans un des couloirs du bâtiment. Aux étages supérieurs, entre les nombreux tags et les armoires où regorge encore la paperasse de l'époque, quelques curieux se baladent, à la recherche de documents croustillants pour certains, et d'une nouvelle photo de profil sur Facebook pour d'autres. 

 

Plus au sud de la ville, à quelques encablures d'une station de métro, se trouve un village industriel abandonné depuis une série d'incendies en 1923 et en 1979. Devenu un lieu de pèlerinage pour les « Street-Artists », le complexe de bâtiments ne fait aujourd'hui plus qu'un avec la végétation. Cette fois, aucun curieux ou « Urbexeurs » à l'horizon. Le caractère désertique et peu ombragé de la zone, semble avoir eu raison d'eux. Les anciens entrepôts s'effritent peu à peu, et il n'est pas rare d'observer que des pans de mur ou de toitures, ont quitté leurs emplacements respectifs pour venir joncher le sol. S'il est encore possible de trouver de nombreux anciens bons de commande ou des rapports d'activité, tout ce qui avait de la valeur a été pillé. « C'est aussi ça l'Urbex » confiait  le couple de touristes allemands. « Pour beaucoup, le respect du lieu et de son histoire n'est qu'anecdotique. Le pillage et la destruction volontaire de ces endroits se sont banalisés, les mentalités doivent encore évoluer. »

 

Adrien Le Noël (www.lepetitjournal.com/Bucarest) - Mardi 7 août 2017

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