Sudha Dutta, professeure de français en Inde et lauréate du concours d’écriture

Par lepetitjournal.com Bombay | Publié le 13/04/2022 à 01:05 | Mis à jour le 13/04/2022 à 11:26
Sudha Dutta devant l'Aga Khan Academy Hyderabad

Le 30 mars dernier, en présence des Consuls Généraux de Belgique, du Canada, de Pologne, de Suisse du Vietnam et du Consul-directeur du Bureau du Québec en Inde, le Consul Général de France à Bombay, Jean-Marc Séré-Charlet, a annoncé les résultats du concours national d'écriture "Covid-19. Et après ?".

 

Ce concours a bénéficié du soutien de l'Ambassade de France, de l’Institut Français en Inde (IFI), des Alliances Françaises en Inde, de l'Université de Mumbai, de l'IATF, de AIFPRO, d'ATELI (Association of Teachers of European Languages in India) et d'Indo-French Hub.

Les deux lauréates, Sumana Ravi et Sudha Dutta bénéficieront d'une inscription gratuite à la prochaine Université d'Automne des professeurs de français organisée par l'IFI.

 

La rédaction les a rencontrées et publie leurs textes. Aujourd'hui, Sudha Dutta nous parle de sa carrière comme professeure de français en Inde et des effets de la pandémie sur les apprenants et les enseignants de français en Inde.

 

Sudha Dutta, professeure de français à Aga Khan Academy à Hyderabad

Cela fait plus de 20 ans que Sudha Dutta enseigne le français à Hyderabad, la ville dans laquelle elle est née et a toujours vécu. 

Lorsque Sudha Dutta était étudiante, son frère lui a recommandé d’étudier une langue étrangère et plus particulièrement le français qui était très en vogue. Elle a donc commencé l’apprentissage de notre langue à EFLU (English and Foreign Languages University) à Hyderabad et y a obtenu son premier diplôme de français. Elle a ensuite poursuivi des études d’anglais avec un Master of Arts English et des études de français avec un Master of Arts French à l'université Osmania d'Hyderabad.

A l’issue de ses études, Sudha Dutta a commencé à enseigner le français dans une école à Hyderabad qui suivait le cursus indien CBSE. Malheureusement, dans ce cursus, les examens de fin d’études pour les langues étrangères ne portent que sur l’écrit et plus particulièrement sur la grammaire. En conséquence, les élèves et même leurs parents ne sont pas intéressés par l’apprentissage de l’oral. 

 

Pendant 13 ans, Sudha Dutta a enseigné le français sans presque jamais le parler !

Depuis, Sudha Dutta a changé d’établissement et est désormais professeure de français à l’Aga Khan Academy à Hyderabad, une école internationale qui suit le programme de l’International Baccalaureate. Elle peut enfin parler avec ses élèves et travailler à l’oral, mais elle avoue qu’au début, elle ne se sentait pas à l’aise.

 

Voici le texte de Sudha Dutta.

 

Sudha Dutta : “Les pépites permanentes des étudiants et des enseignants post Covid !”

(ou ce que les étudiants et les enseignants garderont de leur expérience pendant la pandémie)

 

Covid 19, et après ? C’est la question que tout le monde se pose actuellement, mais personne ne connait la réponse. Bien qu’il y ait une incertitude, l’espoir pénètre nos vies. En ce qui concerne la scène éducative, nous avons vu plein de bouleversements pendant la pandémie, mais nous avons aussi gardé une foi inébranlable en nous. Je vais mettre en scène, dans mon article, mes observations en m’appuyant sur mes expériences personnelles. Je vais y souligner, principalement, les changements et les résultantes que j’ai aperçus/vécus durant cette période. Je suis sûre qu’ils marqueront définitivement notre avenir.

 

La vie des étudiants et des enseignants a été perturbée

Premièrement, je me concentre sur les dérangements dans la vie des étudiants et des enseignants causés par la pandémie. Elle n’a pas seulement tourmenté les étudiants, mais a aussi détruit la confiance de milliers d’enseignants. La fermeture des écoles, l’interdiction de se déplacer et un recours forcé aux nouvelles méthodologies ont vraisemblablement créé un affolement. Cette tendance a remis en question les connaissances des enseignants et a généré un doute dans les espoirs de leurs élèves. Tout ça est-il dû aux tribulations d’un système inédit sur lequel tous doivent obligatoirement s’appuyer dans le domaine éducatif ? Pourquoi ces inquiétudes ? A-t-on dépassé les bornes ?

Non, mais non bien sûr ! C’était entièrement occasionné par l’incertitude d’être seul chez soi sans aucune aide ni soutien.

 

Quoique cette conjoncture turbulente dure depuis longtemps, les aménagements l’ont vaincue. Les enseignants ont très vite modifié les méthodologies en classe. Ils ont tous, presque magiquement, appris comment se débrouiller dans la vie numérique. Leurs élèves les ont soutenus pour qu’ils s’y adaptent. Et voilà, cette nouvelle armée hardie marchant fièrement vers une vie remplie de possibilités.

 

Naissance de l’enseignement hybride

L’enseignement hybride est né sous plusieurs formes. Les enseignants ont inversé leurs cours en profitant des applis et des sites web. Ils ont eu accès à tous les nouveaux outils créés pendant la pandémie et de nombreuses offres leur ont été faites par les sociétés développant les outils comme Zoom, Google Meet, Webex,... pour enseigner en ligne. Les TICE se sont introduits dans les cours comme jamais auparavant. On a commencé à utiliser Google classroom, Google docs, Nearpod, Padlet, Quizlet, Edpuzzle, Coogle, Learning apps, Ted Ed,... pour les cours interactifs. 

 

Les étudiants étaient plus motivés pour assister aux cours en ligne.

Un soutien plus facile aux étudiants en difficulté

Ce nouveau style d’enseignement a revigoré quelques domaines intrinsèques à l’éducation comme la différenciation. Les étudiants ayant des besoins éducatifs spéciaux étaient soutenus, sans le savoir, comme jamais  auparavant, et ils ont pu se gérer comme tous les autres étudiants. De plus, la dépendance de tous les élèves par rapport à leurs enseignants a aussi diminué. Ils sont tous devenus plus confiants et capables de suivre leurs cours et leurs études. Les enseignants ont posté les plans des prochains cours en avance sur Managebac pendant le weekend. Cela a aidé ceux qui voulaient se préparer avant les cours, mais aussi ceux qui avaient besoin de soutien et surtout ceux qui manquaient des cours. Cette méthodologie a renouvelé l’enthousiasme des parents qui ont davantage pu soutenir leurs enfants. Quelques-uns d'entre eux ont, quand même, surveillé leurs cours en ligne.

 

Une plus grande capacité à s’adapter

L’adaptabilité tant pour les étudiants que pour leurs enseignants a été renforcée. Ils étaient emplis d’incertitude et d’inquiétude continuellement. Mais ils ont décidé d'être revigorés d’une puissance permanente. Ils sont dorénavant beaucoup plus adaptables qu’avant. Ceci nous donne la confiance de la continuité des études. On a des élèves du monde entier et ils ont tous goûté les bienfaits d’être connectés en ligne. Cela nous a enrichi et permis de rester flexible et en contact les uns avec les autres. 

 

Une meilleure collaboration

En ce qui concerne les enseignants, je suis optimiste sur le fait que la collaboration va pénétrer le système éducatif pour y rester en permanence. De nombreux enseignants, dans leur nouvelle vie numérique, ont non seulement partagé des expériences, mais aussi des idées, des plans, des sources, des exemples… Ils se sont aidés les uns les autres à corriger et noter les élèves en échangeant leur travail. Tout ça s’est fait sans avoir à quitter leur nid. Ces liens entre les enseignants sont là pour la vie. Cet engagement continuera d’enrichir l’expérience de tous car il est plus facile de trouver des alternatives ensemble.

 

L’empathie désormais partie intégrante de la vie des étudiants et des enseignants

Je voudrais croire que l’empathie s’est gravée dans nos vies à titre définitif post Covid. Quant à moi, mes besoins de base sont aussi essentiels que mes besoins éducatifs. Dans ce domaine, l’empathie joue un rôle très significatif dans la vie des étudiants ainsi que des enseignants. Ils doivent montrer de l’empathie envers les autres en gardant la vénération pour tout être vivant afin que la vie équitable soit à portée de main de tous. On sait que chaque personne ne peut se défendre quand elle veut. Donc, l’empathie devient une partie essentielle de la vie des autres.

 

 

En somme, je voudrais dire que post Covid, la barre est relevée, surtout dans le domaine éducatif. Heureusement, nous sommes tous plus résilients et décidés à surmonter tous les nouveaux défis. 

 

0 Commentaire (s) Réagir
À lire sur votre édition locale