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C. Gautier : “Quitter Bombay, un jour sûrement mais pas tout de suite"

Par Isabelle Bonsignour | Publié le 15/03/2019 à 01:00 | Mis à jour le 15/03/2019 à 08:16
Camille Gautier DSB International School

Sept ans après son arrivée en Inde comme professeur de français, Camille Gautier est aujourd’hui la directrice du collège et lycée de l’école, DSB International School (Deutsche Schule Bombay International). Venue à Bombay parce que le poste l’intéressait même si le pays n’était pas dans sa liste de destinations favorites, elle n’a jamais regretté sa décision et ne se sent pas encore prête à quitter la ville. Retour sur son expérience indienne et son ascension rapide dans le système scolaire international.


lepetitjournal.com Bombay : Pouvez vous nous expliquer votre parcours et pourquoi vous avez décidé de venir en Inde ?

Camille Gautier : Après le lycée, j’ai suivi les cours de la classe préparatoire littéraire puis, un master en traduction littéraire à Paris. Ensuite, j’ai décidé de préparer l’équivalent du CAPES en Angleterre, puis j’ai terminé par une année de titularisation dans le système éducatif du Royaume Uni.

Comme je souhaitais voyager, j’ai postulé pour un poste de professeur de français à l’école britannique de Moscou et j’y ai enseigné pendant deux ans.

A Moscou, nous sortions beaucoup entre expatriés et étions peu intégrés dans la vie locale. Cela ne me satisfaisait pas. J’ai donc décidé de chercher un poste dans un autre pays.

L’Inde ne faisait pas partie de mes premiers choix, je ne me voyais pas y vivre mais l’annonce postée par DSB International School m’a attirée et la position proposée semblait très intéressante. J’ai donc posé ma candidature et en août 2012, je commençais l’année scolaire à Bombay en tant que professeur de français et d’anglais seconde langue. J’étais quelque peu anxieuse d’arriver dans ce pays mais je ne l’ai jamais regretté.

Sept ans plus tard, je me dis qu’il va bien falloir que je songe à quitter Mumbai mais je ne me sens pas encore prête. J’en ai d’ailleurs fait l’expérience il y a quelques semaines lorsqu’après avoir postulé pour un poste de directrice de programmes à l’école Franco-Américaine de San Francisco, j’ai été convoquée pour l’entretien final. Je me suis alors posé la vraie question : “Veux tu réellement quitter cette ville, cet été ?”, et comme je ne me sentais pas encore décidée à partir, j’ai décliné l’offre. Cela m’a cependant permis de  savoir que mon expérience en Inde avait une vraie valeur sur le marché de l’éducation dans des écoles internationales.

 

Vous êtes aujourd’hui en charge du secondaire à la DSB International, pouvez-vous nous décrire votre poste ?

DSB International School est aujourd’hui une école proposant le curriculum britannique de la maternelle à la préparation de l’International Baccalaureate (IB) et le curriculum allemand en parrallèle jusqu’en classe 8 (l’équivalent de la 4ème en France). Même si elle est encore connue sous son nom d’origine, German School (Ecole Allemande), l’enseignement principal est en anglais et le cursus allemand n’est qu’une option proposée aux élèves qui le souhaitent. Par contre, tous les élèves apprennent l’allemand en tant que langue étrangère jusquà la classe 8.

Je suis directrice du secondaire qui regroupe le collège et le lycée dans la terminologie anglo-saxonne. C’est une position qui allie pédagogie et gestion.

Mon rôle, dans la partie pédagogique, est de m’assurer du respect des programmes par les professeurs, d’évaluer ceux-ci et de participer avec l’équipe de direction à la définition de la stratégie de l’école. Je supervise aussi les évaluations des élèves effectuées par l’équipe enseignante et la mise en place des projets interdisciplines.

Dans le système éducatif anglais, le poste de CPE (Conseiller Principal d’Education) n’existe pas et est assuré par une personne du corps enseignant. A la DSB International, c’est moi qui en suis responsable.

La gestion administrative comprend l'organisation de la journée, les emplois du temps, la mise en place des remplacements de professeurs et la programmation des activités extra-scolaires.

 

Camille Gautier DSB International School



Vous êtes en contact avec de nombreux parents indiens, pensez vous que les relations diffèrent de celles avec les parents expatriés ?

Les attentes des parents d’élèves indiens divergent beaucoup de celles des parents expatriés, mais, petit à petit, nous observons une convergence.

Le système éducatif indien est conservateur et comprend beaucoup d’apprentissage de leçons et de devoirs à la maison alors que le système international est plus axé sur l’expérimentation et le développement de l’esprit critique, notamment dans le programme de l’IB. Les parents d’élèves indiens sont donc parfois un peu déroutés par cette méthode d’enseignement.

Cependant, la plupart des élèves indiens ont choisi notre école parce qu’elle proposait des structures pédagogiques différentes de celles du système indien. Après une période d’adaptation,  les parents d’élèves indiens apprécient nos méthodes et leurs attentes se rapprochent de celles des parents expatriés, qui ont plus l’habitude du système éducatif d’une école internationale.
 

Vous nous avez avoué ne pas être prête à quitter l’Inde. Qu’est ce qui vous retient à Bombay et qu’appréciez vous le plus dans votre vie indienne ?

A Bombay, il y en a pour tous les goûts et il y a toujours quelque chose à faire.  Même si ce n’est pas Paris ou Londres, on ne s’y ennuie jamais.

La vie y est y facile puisque l’on peut être aidé à la maison pour les tâches domestiques et on peut tout se faire livrer à domicile : alimentation, produits ménagers, biens de consommation mais aussi repas et nettoyage à sec. Les Indiens, dès qu’ils en ont les moyens, ne se déplacent pas pour ce genre de services !

On a donc plus de temps pour faire d’autres activités et le choix est large : danse, arts martiaux, yoga, musique, …

Mais ce qui me retient le plus à Bombay est l’extraordinaire côté humain des Indiens. Ils sont très curieux, accueillants et apprécient beaucoup de rencontrer et discuter avec des étrangers afin de leur faire partager leur amour de leur pays.

Contrairement à mon expatriation précédente, j’ai ainsi pu faire la connaissance de nombreux Indiens et découvrir la ville sous un autre jour.

 

Camille Gautier DSB International School
Camille Gautier devant le Sealink

 

Quels sont vos endroits préférés à Bombay ?

Comme DSB International School  se situe au Sud de Mumbai, j’habite aussi dans le Sud à Kemps Corner et mon quartier favori est Kala Ghoda à Fort. J’aime y flâner, y prendre un café et observer l’activité incessante dans les petites rues.

La colline verdoyante et résidentielle de Malabar Hill est parfaite pour courir, c’est là que je me suis entraînée pour le marathon de Mumbai de janvier 2019.

Pour sortir, je recommande les Kamala Mills à Lower Parel, des anciennes filatures qui abritent aujourd’hui les restaurants et les bars branchés de Bombay.

 

Enfin, il ne faut pas hésiter à aller manger un snack local le dimanche soir sur la plage de Chowpatty face au coucher du soleil. C’est une immersion complète dans la vie locale !

 

 

 

 

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isabelle bonsignour

Isabelle Bonsignour

Directrice de la publication et responsable éditoriale. Expatriée au long cours et fervente lectrice du site lepetitjournal.com, elle a rejoint l’équipe en créant l’édition de Bombay.
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