« La langue, c’est l’homme ! »

Par FLEcible | Publié le 10/12/2020 à 23:00 | Mis à jour le 10/12/2020 à 23:00
FLE explications reflexions enseignement Birmanie

La publication en 1982 du rapport Auba marque l’homologation du FLE comme domaine de savoir et d’expérience puisque ce rapport, fruit d’un groupe de travail constitué en 1981 sous la houlette du ministre de l’Education Alain Savary, requiert l’élaboration de filières universitaires représentatives – à l’époque ce sera une licence de lettres spécialisée dans le domaine, mention FLE - pour la formation des enseignants et l’octroi d’un diplôme reconnaissant cette compétence particulière : savoir enseigner la langue française à des non-francophones.   

Et étant donné que le FLE peut être appréhendé en association avec d’autres disciplines comme la linguistique, ou d’autres domaines, comme la culture ou le secteur institutionnel, le didacticien Louis Porcher évoquera en 1987 la notion de « champ du FLE », écrivant qu’il y a champ lorsqu’il y a « des enjeux et des acteurs, c'est-à-dire des biens (matériels et symboliques) et des agents (individus, groupes, institutions) qui les poursuivent selon des stratégies réglées. (…). Le champ du Français Langue Etrangère, comme tous les champs, est constitué par un ensemble de positions en relation constante les unes avec les autres. La configuration du champ évolue donc sans cesse, produite par le jeu des positions qu'elle contribue à produire ».

Les chercheurs, les enseignants, les apprenants sont les principaux acteurs de ce « champ ». Les réseaux de diffusion comprennent environ 800 Alliances Françaises à travers le monde, les Instituts Français, les écoles privées, les Universités françaises (CUEF à Grenoble, Cavilam à Vichy...). Quant aux instruments d’action, ce sont TV5 monde, RFI, les manuels d’enseignement, les revues de référence comme Le français dans le monde, les maisons d’édition telle CLE international, etc.

La France a su, au même titre que d’autres pays, superviser et développer une politique volontariste de communication de sa langue et de sa culture. Ainsi, force est de constater que la France arrive en deuxième position, après le Royaume-Uni, pour la transmission organisée de sa langue et de sa culture, ces dernières étant non seulement des biens inhérents au patrimoine français mais aussi, selon Louis Porcher, « des biens de rayonnement, des moyens de répandre l'esprit national [français] sur l'ensemble de la Terre ». En terme politique, l’enseignement du FLE s’insère dans la compétition internationale au même titre que l’enseignement d’autres langues de diffusion. Le champ du FLE est donc devenu aujourd’hui une discipline à part entière, professionnalisée (Licence, Master, Doctorat) mais il n’aboutit encore sur aucune certification officielle identique à celles qui ont cours pour le Français Langue Maternelle (FLM), abondant dans le sens du linguiste et didacticien belge Jean-Marc Defays, président de la Fédération internationale des professeurs de français depuis 2016, et qui s’écriait : « La langue c’est l’homme ! »

Nathalie Peres-Pinol

Le saviez-vous ? L'accent circonflexe s’élide sur le "i" et le "u" depuis le 06 décembre 1990 et selon les recommandations offertes par le Conseil supérieur de la langue française et publiées au Journal Officiel. A l’exception des terminaisons verbales du passé simple et du subjonctif ainsi que des homographes « jeûne », « dû », « mûr », « sûr » et des formes de « croître » qui pourraient être homographes de celles de « croire ».

FLE

FLEcible

Le FLE ? Kesako ? Le Français Langue Etrangère, qui désigne la langue française enseignée à des non-francophones, phénomène aujourd’hui majeur. Nathalie Peres-Pinol partage ici son expérience de l’enseignement de notre langue si flexible.
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