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Interview - David Levrat, président de l’Eurocham

Par Marie-Sophie Villin | Publié le 13/01/2019 à 14:00 | Mis à jour le 14/01/2019 à 13:24
David Levrat Eurocham

Président de l’EuroCham Myanmar depuis 2016, David Levrat est aussi responsable de Tractebel – Engie pour la Birmanie. Il est arrivé dans ce pays en 2004 avant de le quitter pour le redécouvrir en 2014, transformé par l’ouverture au monde.


Lepetitjournal.com Birmanie :  Quel est votre parcours avant d’arriver en Birmanie ?

David Levrat : Palois d’origine, j’ai grandi à Ville d’Avray, étudié à Paris, Toulouse et au Canada avant de découvrir la Birmanie une première fois fin 2004. J’ai ensuite rejoint mon entreprise Coyne et Bellier (aujourd’hui Tractebel) que je n’ai plus quittée, essentiellement basé à Paris avec des missions plus ou moins longues en Afrique (j’ai notamment vécu en Ouganda et au Zimbabwe). En 2014, ma proposition de monter un bureau local à Yangon a convaincu ma hiérarchie et je me suis installé avec ma compagne en milieu d’année.


Vous êtes arrivé en Birmanie en 2004. Pourquoi ce pays ? Quelles opportunités d’évolution y avez-vous vues ?
Tandis que je peinais à convaincre de l’intérêt à développer l’énergie thermique des mers, une amie travaillant dans l’humanitaire m’a proposé un poste de chef de mission / hydraulicien à Yangon et à Yenanchaung (Magway). Je suis ainsi devenu Volontaire International de Solidarité, en charge de la construction d’une dizaine de petites retenues d’eau par plus d’un millier de Birmans, dans le cadre d’un projet financé par la Commission Européenne. 


Comment étaient les affaires à l’époque ?
Les affaires étaient très calmes, la communauté française essentiellement constituée d’humanitaires et d’expatriés de Total. Il n’y avait pas de distributeur d’argent (les étrangers utilisaient entre autres une monnaie spécifique, le FEC, Foreign Exchange Certificate ou Certificat de Change pour Etrangers), pas de téléphone portable (à moins de 2.500 dollars américains), un débit Internet exécrable, ni voiture ni bouchon, beaucoup de temps… bref la belle vie (pour les expatriés). 


Après votre première expérience en Birmanie, vous êtes retourné en France. Aviez-vous gardé un lien avec ce pays ? Pourquoi avez-vous voulu y retourner ?
J’ai évidemment été séduit par ma première expérience birmane. J’ai suivi l’évolution du pays avec intérêt via quelques amis ; puis l’ouverture du pays m’a à la fois donné envie d’y retourner et permis de faire une proposition crédible d’ouverture de bureau à mon entreprise.


Comment avez-vous vécu l’ouverture du pays ?
Je l’ai essentiellement vécue depuis la France, donc de bien loin. Je suis néanmoins retourné en Birmanie lors de quelques courts séjours en 2013. La transition avec la décennie précédente était déjà bien entamée. L’élément le plus marquant à mon arrivée fut l’arrivée des opérateurs téléphoniques proposant des cartes sim à 1 dollar américain permettant un accès internet mobile ; et les Birmans qui découvraient Internet… essentiellement au travers de Facebook. 


Vous travaillez dans le secteur des énergies, notamment renouvelables. Comment se développe ce secteur en Birmanie ?
Le secteur est critique pour le développement du pays, mais son développement n’a pas jusqu’ici été à la hauteur des attentes ni du fort potentiel solaire, hydroélectrique et gazier du pays. Le gouvernement s’est essentiellement concentré sur les projets de centrales à gaz cette dernière année, très récemment un intérêt s’est démarqué pour certains projets hydroélectriques. J’espère que cela débouchera prochainement sur le démarrage de plusieurs projets qui seront développés de manière responsable. Quant au solaire, plusieurs projets sont en discussion, à ma connaissance un seul de taille significative est en réalisation. De nombreux petits projets non connectés au réseau national - soit à l’échelle de des villages, soit à l’échelle domestique - ont néanmoins pu progresser.

Où vous voyez-vous dans 10 ans ?
Je suis en train de me renseigner sur la problématique intriquée énergie, économie et écologie, à l’échelle de la planète. Il est probable que cela aura un impact sur mes choix à venir.

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