Interview de Valérie Chartrain, candidate pour le parti paneuropéen VOLT

Par Lepetitjournal Berlin | Publié le 25/05/2022 à 18:00 | Mis à jour le 25/05/2022 à 18:00
valerie chartrain volt legislatives

Dans la perspective des prochaines élections législatives (à partir du 27 mai en ligne, 5 et 19 juin 2022 dans les urnes), lepetitjournal.com est allé à la rencontre des candidats dans chaque circonscription des Français de l’étranger. Valerie Chartrain, candidate à la 7e circonscription pour le parti paneuropéen VOLT, a répondu à nos questions.

 

Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

J'ai toujours été active pour faire avancer les droits des femmes, je rêve encore d'avoir un passeport européen et d'applaudir une équipe de foot européenne, je suis plus que consternée de l'inaction actuelle face à l'indispensable transition économique et écologique, ou encore la montée des populismes ou l'absence totale de politique culturelle. Comme simple citoyen ou citoyenne, si nous ne sommes pas d'accord, nous pouvons soit nous abstenir, soit protester ou soit devenir nous-mêmes politiquement actifs. C'est ce que j'ai choisi de faire en me présentant. La plupart des décisions qui affectent notre vie quotidienne sont prises par nos représentants politiques. Actuellement ils ne représentent qu'une minorité de la population et les élections présidentielles ont montré combien les partis traditionnels ne sont plus en phase avec elle. Alors je me présente pour assurer le renouveau.

 

Quel est votre rapport avec cette circonscription ?

Un rapport complexe, amoureux, et fort depuis 2007. Je suis une citoyenne française qui a passé plus de temps à l'étranger qu'en France. Mon lien avec la circonscription est entier : j'y vis, j'y travaille, j'y aime et j'y voyage en train et en vélo. 

 

En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

Comme je suis une française de l'étranger depuis plus de 15 ans, je partage le quotidien, les préoccupations, les consternations et souhaits des Français et Françaises de l'étranger. Parce que j'y suis confrontée : quand l'administration me demande des numéros de téléphone français ou de fournir des enveloppes timbrées avec un timbre français, je sais combien il est difficile de mettre en place une crèche bilingue, je n'ai aucune vision sur ma retraite, je suis désolée de voir que pour mes concitoyennes vivant en Pologne le droit à l'IVG n'en est plus un, je suis attristée que rien ne soit fait pour permettre la participation des citoyens et citoyennes à la démocratie alors que le vote par correspondance pourrait être élargi et plus facile d'accès,  je souffre de voir que l'expatriation est plus facile pour certains que pour d'autres selon l'origine sociale...

J'ai fondé deux entreprises dont actuellement une agence de prospective stratégique qui aide les institutions publiques à mieux anticiper leurs futurs. Et depuis Berlin, je travaille avec des clients situés en Europe donc je connais les enjeux de l'entrepreneuriat au-delà des frontières et de la difficulté à commercer dans une Europe non harmonisée fiscalement.

Mais je sais aussi la richesse des expériences des émigrés français, richesse que je veux porter aussi haut et fort à l'assemblée nationale. 

 

Comment voyez-vous le mandat de député ?

Élue pour représenter la Nation, une députée participe à l'exercice de la souveraineté nationale. Elle vote la loi et contrôle l'action du Gouvernement. 

Je vois le mandat comme ayant également des composantes plus informelles, je compte défendre les valeurs sociales, écologiques et paneuropéennes de Volt. Je veux être très active au sein de l'assemblée nationale pour avancer vers une Europe cohérente. Volt est un parti de gauche pragmatique qui peut travailler en bonne intelligence avec d'autres partis pour avancer vite et massivement dans la transition écologique et sociale mais aussi un garde-fou pour s'assurer d'avancer vers une Europe puissante et collaborative. 

Pour les députés représentants les français et françaises établis hors de France une partie du mandat est aussi représentatif, notamment auprès des instances régionales et nationales des pays de la circonscription. J'aimerais aussi mettre la spécificité et l'unicité du mouvement pan-européen Volt au service des français et françaises établis hors de France : nous sommes le seul parti qui a déjà des élus dans d'autres pays outre notre député européen Damian Boeselager. Je serais plus à même d'intervenir pour les administrés et faire avancer les projets grâce aux relais locaux.

C'est notre atout - Volt est présent dans 30 pays européens (dont le Royaume-Uni, la Suisse et l'Albanie), nous avons une vision et des objectifs communs. Nous sommes la nouvelle génération paneuropéenne qui veut une transition sociale et écologique. 

 

Quels sont, selon vous, les défis qui attendent les Français de votre circonscription ?

Déjà, il est impossible de considérer les Français et Françaises de notre circonscription comme ayant tous des préoccupations ou défis similaires si ce n'est le défi du changement climatique qui nous touche tous. La protection de l'environnement est une question cruciale concernant tout le monde, expatriés ou non. C'est une préoccupation majeure à laquelle il faut pouvoir répondre depuis tous les pays.

 

Pour les citoyens vivant dans les quatre pays qui ont une frontière avec l'Ukraine en guerre depuis l'invasion de la Russie, nous savons les craintes que cela engendre mais aussi la nécessité du soutien de la France et plus largement d'une politique européenne forte et cohérente en ce qui concerne l'approvisionnement énergétique ou la sécurité à nos frontières. C'est un premier défi.

 

Nos concitoyens sont aussi dans des situations politiques très différentes dans leur pays de résidence allant de coalitions progressistes comme en Allemagne jusqu'à des gouvernements de droite populiste se jouant du droit européen comme en Hongrie et en Pologne. La France doit avoir des positions claires et solides et apporter son soutien. Il s'agit là d'un autre défi.

 

Pour les plus jeunes qui connaissent l'Europe comme un espace de libre circulation, ils ne comprennent pas toujours pourquoi, alors qu'il est si facile de se déplacer, il est toujours aussi compliqué de faire reconnaître un diplôme ou de monter une activité entrepreneuriale hors du pays où ils résident. Le défi de la simplification et la plus grande accessibilité administrative, la libre circulation réelle et démocratique ou encore de l'enseignement sont également au cœur de nos préoccupations et de celles des français établis hors de France. 

 

Enfin, nous ne devons pas oublier que vivre dans un autre pays et une autre culture, être un expatrié, peut être synonyme de difficulté d'intégration dans la société locale. Il est donc essentiel d'aider à l'apprentissage des langues étrangères, de soutenir les associations de jumelage en France ou les associations de français à l'étranger, non sans oublier les binationaux. 

 

Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

J'entreprends un tour de la circonscription, en train, afin de pouvoir limiter l'empreinte carbone de la campagne et en logeant au maximum chez l'habitant. De la Hongrie à l'Allemagne, de l'Autriche à l'Albanie.  

La force du parti pan-européen Volt est d'être déployé sur l'ensemble du territoire européen et nous travaillons étroitement avec nos relais en République Tchèque, Roumanie, en Bulgarie et Pologne par exemple. Différents groupes de volontaires Volt nationaux nous aident à contacter les électeurs de la circonscription et à organiser des rencontres, nos rencontres sont souvent riches de l'expérience et des témoignages des binationaux. 

Nos soutiens sont nombreux au sein de la communauté des français hors de France car ils et elles savent combien l'UE est l'outil qui leur permet un quotidien plus fluide.

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes élu ?

Nous ne faisons pas de concurrence entre les priorités car nous voulons avancer sur le front écologique, social et démocratique à la fois, grâce et avec l'UE. 

L'axe qui guidera nos actions est le même que celui qui guide les actions des autres membres Volt dans les autres pays européens: être pragmatique et très actif pour avancer vers plus de démocratie au sein de l'UE.

Nos priorités sont :

  • une profonde amélioration du processus démocratique et de la représentation citoyenne, avec par exemple le bulletin unique financé par l'État et la mise en place effective d'une meilleure représentation des femmes en politique;
  • une accélération réelle de la transition écologique avec par exemple le développement de la part des énergies renouvelables et de l'hydrogène vert dans le mix énergétique
  • une mise en place effective d'une société pour tous, sans discrimination, soit la mise en place d'une éducation individualisée et les conditions pour une autonomie des personnes handicapées;
  • et pour les francais et francaise de l'étranger: la simplification et la dématérialisation des démarches administratives pour sans perdre le contact humain ce qui sera un exemple avant-gardiste pour l'ensemble des français et françaises. 

Notre programme est disponible ici

 

Quel bilan dressez-vous du mandat du député sortant ?

Avec Volt nous façonnons l'avenir, contrairement au député actuel, nous ne voulons pas nous limiter à gérer passivement le présent. Nous sommes proactifs. J'ai indiqué nos axes de travail plus haut et je voudrais rajouter que nous pensons que la circulation des responsabilités et des pouvoirs est indispensable à l'avènement d'une société véritablement démocratique. 

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Emma Granier

Rédactrice en chef de l'édition Berlin.

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