Interview de Philippe Deswel, candidat Améliorer nos vies au coeur de l'Europe (LR)

Par Lepetitjournal Berlin | Publié le 25/05/2022 à 23:19 | Mis à jour le 27/05/2022 à 14:39
Philippe Deswel legislatives

 

Dans la perspective des prochaines élections législatives (à partir du 27 mai en ligne, 5 et 19 juin 2022 dans les urnes), lepetitjournal.com est allé à la rencontre des candidats dans chaque circonscription des Français de l’étranger. Philippe Deswel, candidat à la 7e circonscription pour le parti Améliorer nos vies au coeur de l'Europe (LR), a répondu à nos questions.

 

Pourquoi avez-vous souhaité vous présenter aux prochaines élections législatives ?

Le temps est venu de faire confiance à une nouvelle génération pour agir et mieux défendre les Français ici. Je suis candidat pour que nous soyons davantage écoutés et mieux représentés. Ma priorité en tant que député des Français de l’étranger sera d’améliorer nos vies au cœur de l’Europe. C’est une différence majeure avec les autres candidats !

 

Lors de notre débat à Berlin j’ai entendu des prises de position surtout tournées vers des thèmes nationaux loin de nos préoccupations et de nos réalités ici. Ce qui doit simplifier le choix des électeurs alors que le vote en ligne commence maintenant. Il y a le besoin d’une alternative claire, responsable et adaptée à nos enjeux. Avec la recherche des meilleures solutions, sans opposition systématique mais avec une capacité de dire non qui a beaucoup manqué ces dernières années.

 

Je suis convaincu d’être le mieux à même pour nous représenter et être le député de tous les Français d’Allemagne, d’Europe Centrale et des Balkans. Avec un projet complet permettant d’améliorer nos vies en répondant à nos besoins sur l’éducation, l’économie, l’écologie, la simplification : j’y reviendrai.

 

Ce projet nous permettra aussi de préparer notre avenir au niveau européen face à des risques inédits. Je souhaite ici mettre en œuvre des solutions pour répondre au défi de l’impact de la guerre en Ukraine sur nos vies (effort de solidarité, nouvelle indépendance pour notre sécurité, notre énergie, notre alimentation). La relation franco-allemande est à relancer et à rééquilibrer en faisant de la France un partenaire plus fort. Il faut répondre aussi au défi de l’inflation face à la forte hausse des prix que nous connaissons, et j’ai de ce point de vue une expertise économique qui nous permettra de porter de bonnes solutions. Je vais répondre également au défi de l’après-pandémie après des années éprouvantes pour tous, en mobilisant mon expérience de la gestion des crises et de la maîtrise des risques, au service également de nos libertés qui sont à retrouver.

 

Quel est votre rapport avec cette circonscription ?

J’aimerais dire à tous les Français d’Allemagne, d’Europe centrale et des Balkans : je suis l’un d’entre vous ! Je vis dans notre circonscription du cœur de l’Europe depuis de nombreuses années, j’y ai ma famille, mes collègues, mes amis. Avec une vraie passion pour la région.

 

Je travaille aujourd’hui en Allemagne à Francfort, après une expérience réussie en Autriche, pays où je reste impliqué. Ces dernières années j’ai construit une expertise unique autour de l’Europe centrale et orientale au sens large. J’ai visité les quatre coins de notre circonscription, de la Pologne à la Serbie, de la Bulgarie à la République Tchèque.

Je me sens chez moi et en confiance partout sur notre zone, que je continuerai à parcourir en long, en large et en travers. Toujours à la rencontre des Français qui vivent, travaillent ou construisent des projets, innovent ici. Il faut changer l’image des Français de l’étranger, y compris à Paris. Quel que soit le résultat de résultat mon engagement s’inscrit dans la durée, alors que de nombreux candidats ne vivent pas dans notre région (ou alors depuis peu) et ne connaissent pas nos réalités. Là aussi cela doit faciliter le choix des électeurs.

 

En quoi votre parcours est-il marqué par les préoccupations des Français de l'étranger ?

J’ai construit au fil du temps un profil solide qui répond aux besoins des Français de l’étranger, et je pense en particulier à trois dimensions.

La première préoccupation des Français ici c’est l’éducation. Père de deux enfants, c’est une thématique qui me tient à cœur. Je suis proche de toutes les familles qui souhaitent plus d’ambition pour faciliter l’accès à notre système scolaire (pour cela il faudra que la France investisse davantage) et veulent le meilleur pour leurs enfants.

 

Je suis aussi responsable associatif puisque je préside Sciences Po Alumni en Autriche à Vienne. L’association fait le pont entre les pays germanophones, l’Europe centrale et la France dans un esprit européen. Elle maintient des liens avec la sphère éducative aux côtés de partenaires institutionnels, notamment pour permettre aux étudiants de réussir leurs échanges ou accompagner les lycéens dans leur orientation. Je pense ici qu’il faut améliorer Parcoursup pour mieux y intégrer nos établissements français ici et faciliter l’accès de nos jeunes aux meilleures universités. Par ailleurs des évènements conviviaux sont organisés en offrant des possibilités de networking. C’est cela aussi la vie au cœur de l’Europe et je m’engage à maintenir le lien entre nous avec cette proximité dans les cinq ans qui viennent.

 

La deuxième préoccupation majeure c’est l’économie et tout ce qu’il y a d’impact financier sur nos vies. À toutes les étapes de la vie c’est-à-dire allant des bourses scolaires que je propose de renforcer en élargissant leurs critères d’attribution, jusqu’aux retraites qui doivent être plus faciles à obtenir à l’étranger.

 

Au-delà, les questions économiques, c’est ma spécialité et une passion. J’ai plus de dix ans d’expérience professionnelle dans ce domaine, à la fois en France, en Autriche et au niveau européen. Avec une expérience tant dans le secteur privé que dans le secteur public, et derrière une connaissance concrète des entreprises et du tissu économique. Ce sont des atouts uniques. Ce type de profil est rare dans le monde politique. Certains vous proposent des projets non financés et irréalistes, ou ont très peu d’expérience concrète. J’ai un profil différent et je défendrai nos intérêts pour faire face aux enjeux économiques du moment, qui sont nombreux.

 

Enfin, l’autre grande préoccupation pour nous c’est l’Europe de demain. Il y a beaucoup de choses à changer et à améliorer. Ici j’ai plusieurs années d’expérience de travail à l’échelle européenne, pour négocier et trouver les meilleures solutions avec des collègues de toutes les nationalités. C’est inspirant et cela fonctionne. En termes de carrières ce type d’expérience génère des opportunités uniques, impensables il y a quelques années. Ici je veux mettre mon expérience au service de nos compatriotes et des grandes questions européennes, comme par exemple la relance du dialogue avec l’Europe centrale et les Balkans après des années d’incompréhension ou de relatif désintérêt côté français.

 

Comment voyez-vous le mandat de député ?

Je souhaite donner une nouvelle dimension au rôle de député des Français de l’étranger, qui a été mis en place par ma famille politique il y a dix ans pour nous redonner une place centrale dans la vie de la nation. En sortant de l’inaction observée ces dernières années et du sentiment d’abandon qui ressort souvent dans les conversations.

Dans mes échanges chaque jour avec les Français ici beaucoup découvrent l’existence de ce député ou ne savent pas que ce qu’il peut faire. Je propose ainsi un chemin pour rendre la fonction plus utile en portant notre voix au quotidien. Ce serait y compris en cas de crises alors que nous nous sommes trouvés souvent seuls durant la pandémie, ou que la guerre en Ukraine a montré notre impréparation à bien des égards. Cela apporterait aussi une respiration démocratique à notre circonscription, qui retrouverait sa capacité à dire non et à ne chercher que les meilleures solutions pour nous, sans s’enfermer dans la fidélité partisane au gouvernement..

 

Quels sont, selon vous, les défis qui attendent les Français de votre circonscription ?

Autour de moi se constitue une équipe de femmes et d’hommes partageant la volonté de changer la donne. Nous avons cette ambition partagée : améliorer nos vies au cœur de l’Europe ! et tous nos défis tournent autour de cette idée.

 

Améliorer nos vie en facilitant l’accès à une éducation française de qualité. En soutenant notre attractivité et en baissant la fiscalité qui s’applique à nous, alors que certains aimeraient encore l’augmenter. En simplifiant nos démarches après des années d’inaction pour nos services consulaires (que le député sortant comparait récemment à une « voiture en panne » qu’ici je souhaite relancer) ou les procédures d’entrée et de sortie, trop complexes. En défendant nos droits et nos libertés, après une période de pandémie où elles ont été mises à mal. Sans oublier la conciliation entre progrès économique et développement durable, le défi majeur de notre génération auquel je consacrerai toute mon énergie.

 

Je souhaite par ailleurs renouer le lien entre les jeunes et la politique. J’ai 34 ans donc nous parlons un langage commun. C'est ce que j'ai vu en échangeant durant cette campagne avec des jeunes Français établis en Allemagne ou en Autriche sur la vie ici. Ils apportent un regard croisé et expriment le besoin d’un renouveau en politique pour parler aux nouvelles générations ! et en finir avec cette défiance entre les citoyens et leurs représentants. C’est le message et l’espoir que je porte.

Par ailleurs je suis marié et père de deux enfants, donc je comprends aussi ce que vivent les jeunes familles et leurs besoins. Au-delà de cela je m’inscris dans une démarche inter-générationelle qui parle à tous et souhaite avant tout réunir, réconcilier, renforcer nos communautés françaises à l’étranger. Sans avoir peur de débattre ou de ne pas être d’accord sur tout, bien entendu. En respectant tous les points de vue et avec la volonté d’avancer dans la bonne direction.

 

 

Comment est organisée votre campagne et qui sont vos soutiens ?

Je représente pour cette élection l’union de la droite et du centre, avec une plateforme moderne, qui rassemble les énergies aux quatre coins de notre circonscription. Avec l’optique de contribuer à la refondation du monde politique qui en aura besoin dans les années qui viennent. En incarnant aujourd’hui la seule alternative crédible face à la majorité sortante et à la NUPES. Une alternative tournée vers le service des Français ici et la recherche de solutions communes.

 

J’ai des relais dans tous les pays avec qui on échange constamment sur les problématiques et les enjeux de nos communautés françaises. Je compte ainsi beaucoup soutiens qui sont reconnus localement, par exemple de nombreux élus consulaires, ou des personnalités dans le monde éducatif, économique, culturel. C’est un rassemblement très large, et je crois en cette diversité et sur l’importance que ces soutiens se répartissent dans nos différents pays car nous formons un tout. J’ai également des soutiens engagés dans nos partis politiques partenaires dans la région, avec qui on peut bâtir une relation de travail car c’est cela aussi l’Europe de demain. 

 

J’ai par ailleurs des soutiens qui font le lien entre nos préoccupations locales et le niveau national ou européen. Cette semaine j’ai par exemple organisé une rencontre avec Michel Barnier, qui a travaillé au niveau français et européen avec tous les pays où nous vivons. Un autre soutien qui illustre ma démarche est celui du sénateur des Français de l'étranger Ronan Le Gleut qui est établi à Berlin. Il connait bien notre région et nos enjeux. Il est engagé depuis de nombreuses années à la fois au niveau parlementaire et au niveau local. Nous pourrons porter des combats communs et mieux défendre les Français ici dans les prochaines années.

 

Quels sont les axes de travail que vous souhaitez mener à bien si vous êtes élu ?

Améliorer nos vies ici par l’éducation, en réconciliant économie et écologie, en simplifiant nos démarches et en protégeant nos libertés. Tout en étant à la hauteur des défis inédits liés au contexte politique et géopolitique très risqué que nous connaissons.

En apportant aussi des solutions concrètes dont chacun pourra bénéficier, et ainsi je rendrai compte aux citoyens de façon régulière, claire et transparente de mon action. En s’inspirant pour mesurer la performance de ce qui se fait de mieux dans le monde de l’entreprise. D’autant que je souhaite ici défendre notre attractivité économique, nos entrepreneurs et notre capacité à innover, à inventer de nouvelles solutions.

Tout en restant fidèles à qui nous sommes. C’est là aussi un point qui me distingue des autres candidats. Je défends la liberté économique nécessaire pour innover. Mais je défends également avec énergie nos valeurs face à tous ceux qui veulent les déconstruire.

 

Quel bilan dressez-vous du mandat du député sortant ?

Je ne fais campagne contre personne. Je défends ma vision, mon projet et mes idées. C’est là que je souhaite emporter l’adhésion des Français ici pour être à leur service. Je pense néanmoins que dans la situation politique tendue que nous connaissons (les extrêmes n’ont fait que se renforcer ces dernières années), regagner dans notre circonscription une capacité à dire non et à mieux nous défendre face au gouvernement serait bénéfique à tous points de vue. C’est le message de confiance et de défense du pluralisme que je porte dans cette élection, un message dont notre démocratie a plus que jamais besoin.

 

 

 

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Emma Granier

Rédactrice en chef de l'édition Berlin.

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