Lundi 26 octobre 2020

Se former à tout âge à la « Volkshochschule »

Par Chloé Ferrante | Publié le 17/08/2020 à 06:00 | Mis à jour le 17/08/2020 à 06:00
Photo : © Pixabay
volkshochschule Allemagne éducation adultes

La possibilité de se former à tout âge en Allemagne existe grâce aux « Volkshochschule » dont le concept est né au 19e siècle. Ces établissements que l’on trouve aussi bien dans les grandes que les petites villes se présentent comme des solutions alternatives attrayantes et fonctionnent très bien. Au contraire, cette opportunité semble être moins développée en France.

Musique, cuisine, mode, danse, photographie, langues étrangères… Une multitude d’activités près de chez soi grâce au concept de la « Volkshochschule » attend jeunes, adultes ou séniors pour des sommes relativement modiques. La réouverture des établissements en cette période de crise sanitaire se fait cependant très progressivement, certains cours continuant à être dispensés en ligne.

Suivez-nous pour un petit tour d’horizon !

 

Une offre très diversifiée

L’idée de se former en dehors des universités en Allemagne n’est pas nouvelle. Dès 1820, des professeurs comme Alexandre de Humboldt, décident d’organiser des cours publics dans la région de Berlin. Ce concept se développe alors de plus en plus et une institution d’éducation populaire est mise en place en 1871, tandis que la première « Volkshochschule » voit le jour en 1878 à Berlin sous le nom « Humbold-Akademie ». Aujourd’hui pas moins de 2400 centres de formation existent dans de nombreuses villes allemandes. Ces « Volkshochschule » ou VHS ne sont pas proprement dit des universités, mais restent néanmoins affectées au secteur de l’enseignement. Elles sont financées à la fois par le pays, la région, la commune, les contributions des participants, mais aussi par des dons ou encore des aides du Fonds social européen et de l’Agence pour l’emploi allemande. Leurs intervenants et formateurs sont des indépendants qui facturent des honoraires à l’école.

Les VHS proposent des cours, des conférences, des séminaires, des formations professionnelles… dans beaucoup de domaines comme les langues, internet, la danse, l’art, la politique, la religion, la santé… Il y en a vraiment pour tous les goûts ! Les activités ont lieu à différents horaires, en journée, soirée et même le week-end, afin de satisfaire le plus grand nombre. Ce que proposent également les VHS sont des voyages découverte comme la mer Baltique, le Tyrol ou encore le Moyen-Orient… un très bon moyen d’allier culture et plaisir. Par ailleurs, les tarifs des cours varient selon les centres mais restent le plus souvent abordables. Les VHS sont ouvertes à tous, dans la plupart des cas à partir de 16 ans. C’est donc là le réel avantage, car même à l’âge adulte ou une fois retraité, il est possible de continuer à se former et découvrir de nouveaux domaines dans les VHS qui essaient d’être au plus proche des habitants.

 

SALLE de classe Allemagne
© Pixabay



Le pendant hexagonal de la « Volkshochschule »

En France, le concept qui se rapproche le plus d’une VHS est l’université populaire ou l’université inter-âges. L’idée est la même qu’en Allemagne, à savoir, accorder une place importante aux savoirs pratiques mais aussi théoriques au plus grand nombre. Pour autant, même si la première institution du genre date de 1848 en France, ces établissements sont moins développés qu’en Allemagne et n’ont pas pris la même ampleur. En effet, l’Association des Universités Populaires de France (AUFP), qui regroupe la majeure partie des centres de formation, compte un peu plus d’une centaine d’universités populaires. De plus, les disparités entre régions sont visibles comme en Bretagne ou seulement deux centres existent contre une vingtaine en Ile de France ou une dizaine en Provence-Alpes-Côte d’Azur.


Ils ont testé pour vous

Valérie, consultante presse et guide conférencière française, est une adepte des « Volkshochschule » outre-Rhin. Elle nous confie : « J’allais de temps en temps à l’Université inter-âges de Versailles lorsque j’y habitais, pour assister à des conférences et participer à des cours de conversation en langues étrangères. Je trouvais que c’était un endroit formidable car ayant souvent déménagé dans ma vie, je n’ai pas trouvé d’établissement de ce genre dans chacune des villes où j’ai posé mes valises dans l’Hexagone. Aussi, en arrivant en Allemagne il y a presque 12 ans, je n’ai pas attendu longtemps pour profiter de l’offre impressionnante de la VHS de Francfort. J’ai commencé par apprendre l’italien puis j’ai participé à des visites guidées de la région en allemand. Lorsque j’ai déménagé dans une plus petite ville près de Heidelberg, j’ai repris les cours d’italien, participé à des ateliers de danse indienne et de flamenco, assisté à des soirées découverte d’un pays (Grèce, Inde…) autour d’une conférence et d’une dégustation, écouté des intervenants sur des sujets liés à l’histoire ou encore la psychologie. Les domaines proposés sont en général extrêmement variés et les cours de langue sont dispensés par des professeurs de langue maternelle qui font voyager notre imaginaire en nous parlant de leur pays natal ». s'enthousiasme-t-elle. « J’ai parfois un peu regretté que certains cours qui m’intéressaient aient lieu en pleine journée et de ne pas être encore à la retraite pour en profiter ! » (Rires) « Je ne pouvais bien entendu me libérer que certains soirs après le travail ou le week-end » ajoute-t-elle dans un soupir.

Nous avons aussi interrogé Susanne, jeune retraitée allemande du secteur pharmaceutique depuis 2 ans. Elle se dit ravie de pouvoir continuer à occuper ses journées « intelligemment ». Et de poursuivre « Mon mari et moi-même consacrons une bonne partie de notre budget loisirs aux activités de la VHS. Cela nous permet de continuer à avoir une vie sociale, de faire travailler nos neurones mais aussi de nous détendre lors de cours de cuisine par exemple. ».

 

cours de cuisine Volkshochschule
© Pixabay



Quant à Helmut, sa passion pour la France qui passe par la langue, la musique et la gastronomie, peut être comblée « dans un même centre de formation qui combine aussi bien les cours théoriques que les travaux pratiques ». « Ici, les gens viennent pour le plaisir d’apprendre, on ne fait pas de course aux diplômes même si cette possibilité existe pour les langues étrangères notamment. Aussi, ce que j'aime à la VHS, c'est étudier sans stress avec des gens motivés » souligne le jeune ingénieur allemand francophile.

 

En bref, même si la France et l’Allemagne offrent des solutions pour se former à tout âge, ce concept semble être davantage une particularité allemande qui ne manque pas de séduire les autochtones et les nouveaux arrivants quelque soit leur nationalité.

Si vous êtes maintenant tentés par la « Volkshochschule », alors n’hésitez plus ! Nous vous indiquons ci-dessous le centre le plus proche de chez vous (liste non exhaustive). Pensez à vérifier sur le site de la VHS de votre ville quels sont les cours dispensés.


FRANCFORT

Volkshochschule Frankfurt am Main

Sonnemannstraße13, 60314, Frankfurt am Main


MANNHEIM

Abendakademie Mannheim

        

U1 16-19, 68161, Mannheim


HEIDELBERG

Volkshochschule Heidelberg·        

BergheimerStr. 76, 69115, Heidelberg


HAMBOURG

Hamburger Volkshochschule

Poppenhusenstraße 12, 22305, Hamburg

Wilhelmsburger Volkshochschule

Krieterstraße 2, 21109, Hamburg


MUNICH

Münchener Volkshochschule       

Rheinbergerstraße 3, 80333, München


COLOGNE

Volkshochschule Köln

Oskar-Jäger-Straße 1, 50931, Köln


BERLIN

Volkshochschule City West

Wilmersdorfer Str. 46, 10627 Berlin

Volkshochschule Mitte

Linienstraße 162, 10115 Berlin

Volkshochschule Berlin Spandau

Carl-Schurz-Straße 17, 13597, Berlin

Volkshochschule Friedrichhain-Kreuzberg

Wassertorstraße 4, 10969, Berlin

Volkshochschule Marzahn-Hellersdorf

      

Mark-Twain-Straße 27, 12627, Berlin

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Chloé Ferrante

Rédactrice web pour Lepetitjournal.com Allemagne, Chloé se passionne, en dehors de l'écriture, pour le sport et plus particulièrement le badminton, les voyages et les domaines franco-allemands.
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