A Peugeot Avenue, Franck c'est le serveur qui a toujours l'air de vous narguer derrière sa mèche rebelle. Ses manières de table sont irréprochables. Mais dans le dialogue, c'est lui qui impose le rythme et la musique. Manière d'inviter le curieux à entrer dans son monde. Portrait./>
Franck, sans pose. (Photo. Cécile Boutelet)
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Quand on tape son nom dans Google, on tombe d'abord sur un article de Wikipédia traitant d'un obscur sénateur français. Trois lignes sur l'homme en question et puis "Franck Chaussebourg, DJ français résident, à Berlin". Un moyen comme un autre d'exister sur la toile. Une sorte d'avatar du Franck de la journée, où il est serveur à Peugeot Avenue. Même si ce n'est pas son vrai métier. La gastronomie, dit-il, c'est son "hobby". Ce qu'il aime, c'est la communication, n'importe quel type de communication. Ca passe par le son, la musique, le commerce, l'art, Internet, le référencement Google, la restauration, entre autres? difficile à résumer./>
"Le roi, c'est moi"
Quand il sert les clients à Peugeot Avenue, il aime les "charrier", les "titiller, - même si ce n'est pas le mot qui convient - , pour rentrer dans un dialogue, pour pouvoir discuter et connaître la personne". Le client doit être à la hauteur. Ca ne passe pas forcément avec tout le monde. "On trouve toujours le temps de discuter avec les gens, le truc c'est de devenir un peu leur confident, ils racontent leurs histoires, et puis il y a une affinité qui se développe, c'est un truc qui m'amuse? ".
Ses manières de serveur, il les a glanées sur le tas, au hasard des restaurants de Berlin "deux, trois étoiles". Mais son air détaché, c'est sa marque de fabrique. Quand il s'amuse à flirter avec les convenances, à ruer dans les brancards, à draguer la provocation, c'est sa manière à lui d'être pro, et de dominer toujours la situation. "Le roi, c'est moi", confie-t-il, à demi-sérieux. Une façon de faire un tri entre les gens à qui il va faire écouter sa musique. Le tabou : les gens "langweilig" (prononcé "laangweilischh"), ceux qui ne se prennent pas au jeu. Son chef ne l'est pas. Il le laisse donner du caractère au lieu, c'est le deal./>
"bricoleur de son"
Il est difficile de dater l'arrivée de Franck à Berlin. Dix ans sans doute. Les allers-retours ont l'air d'être innombrables, les pistes se brouillent, à moins que ce ne soient les disques qui se chevauchent. D'ailleurs il n'aime pas parler de lui. Le point fixe, c'est son école de son à Berlin. Franck mixe, c'est un "bricoleur du son", c'est ça, "son vrai métier". Il fait les premières parties d'Avenue Lounge à Peugeot Avenue, avant de laisser la place à des Kid Loco pas toujours aussi cools qu'il voudrait qu'ils soient. Chez lui, des dizaines de cartons de "skeud", des vinyles qu'il tient à montrer, même s'il en a trop, dit-il. Son avenir, il ne le voit pas à Berlin. "On mange trop mal ici". Drôle de paradoxe quand c'est à Berlin qu'il a appris à aimer la gastronomie. Mais les contradictions, c'est un peu comme les sons : on les collectionne, on les fait s'entrechoquer, on les fait parler ensemble. Que chacun s'y retrouve. L'important c'est que ça donne quelque chose. De préférence avec du rythme.
Cécile Boutelet (/>www.lepetitjournal.com/> - Berlin) mercredi 23 mai 2007/>
Les sites de Franck:
/>http://musikrunde.de/> (son site de musique)
/>http://www.technarte.org/> (le site du festival Art et Technologie à Bilbao auquel il participe cette semaine)
/>http://www.rebellminds-art-box.com/presentation.pdf/> (la présentation de rebell-minds, une galerie d'art où il donne un coup de main)/>
Franck mixera à Peugeot Avenue le 31 mai, à partir de 18h30.
Peugeot Avenue, Café de France, Unter den Linden 62-68, 10117 Berlin.
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