Mercredi 20 janvier 2021

CINDY SANDER - « Aujourd'hui, je déguste ce qui m'arrive à Berlin comme un très bon gâteau »

Par Lepetitjournal Berlin | Publié le 10/03/2015 à 23:00 | Mis à jour le 11/03/2015 à 00:50

Après avoir subi plusieurs échecs en France, notamment lors des castings de la nouvelle star, la Française d'origine allemande, Cindy Sander a recommencé une seconde vie de chanteuse outre-Rhin sous la direction de Manfred Thierry Mugler, ex-styliste et aujourd'hui metteur en scène ainsi que créateur artistique. Au bout de trois ans de travail et transformation physique, la mosellane se produit aujourd'hui en tant que chanteuse principale dans un show à gros budget, THE WYLDE, qui se joue tous les soirs sur la scène du Friedrichstadt-Palast à Berlin. Le nouveau spectacle de Thierry Mugler s'inspire du personnage de Nefertiti qui rencontre des aliens avec qui elle lie une histoire d'amour. Sans réel fil conducteur, le show en met plein la vue aux spectateurs en enchaînant performances de danse, divertissement, acrobaties, chant le tout dans un jeu de lumière et son très hollywoodien. Pour cause, THE WYLD est un des shows mondiaux les plus impressionnants en terme d'artistes, techniciens et créateurs, de moyens et de représentations. C'est au sein du Friedrichstadt-Palast, quelques heures avant le début du spectacle, et accompagnée de son mari et manager, Sébastien Braun, que Cindy Sander a accepté d'accorder une interview au Petit Journal de Berlin.


Lepetitjournal.com/Berlin - Que ressentez-vous à l'idée d'être devenue la chanteuse principale d'un des plus importants shows au monde ?
Cindy Sander - C'est une chance énorme, tous les soirs voir ces 2000 personnes debout après un spectacle de grande envergure, c'est très impressionnant. Je suis heureuse de vivre cette aventure.

Considérez-vous avoir tourné la page de l'épisode « Nouvelle star » et de la réputation que cela vous a valu en France ?
Oui je considère que tout ce qui a pu se passer en France est derrière moi. Après je pense que si je n'étais pas passée par ces émissions de télé réalité et que si cela s'était passé autrement, je n'aurais pas rencontré Manfred. Je ne regrette donc rien, cela devait être écrit ainsi et, de temps en temps, il faut passer par ces phases négatives pour mieux savoir rebondir. Et c'est mon cas et aujourd'hui je déguste ce qui m'arrive à Berlin comme un très bon gâteau.

Le show THE WYLD, est-ce ce que vous aviez imaginé faire un jour ?
Je souhaitais juste vivre de ma passion, la chanson et ne pensais pas en arriver à un résultat aussi grandiose. Il y a eu certes beaucoup de travail ces dernières années mais cela en valait la chandelle. Tout ce que j'ai dû faire pour en arriver là, je le vois avant tout comme une école durant laquelle j'ai appris énormément de choses, comme sur ma technique au niveau du chant, ma présence sur scène, ou encore apprendre à gérer mes sentiments...Tout paraît tellement simple à Berlin et avec l'équipe du Friedrichstadt-Palast, personne ne me juge par rapport à tout ce qui a pu se passer. Ici on me connaît que comme « Cindy Sander la chanteuse » et rien d'autre.

Pouvez-vous revenir en quelques mots sur ce qui s'est passé à la nouvelle star ?
Je pense que j'ai été une proie facile pour eux, j'avais réellement envie de réussir dans la chanson et je pense que cela se voyait tellement qu'ils en ont profité. Ils m'ont demandé de faire les choses comme elles se sont passées et étant naïve, j'ai tout simplement suivi ces instructions. Encore une fois, je ne regrette pas mais je ne serai jamais d'accord avec la façon dont on m'a traitée et cela arrive à énormément de personnes, beaucoup plus fragiles que moi.

Comment avez-vous réussi à garder cette envie de persévérer dans la chanson après cette période difficile en France ?
Depuis que j'ai commencé à chanter, j'ai toujours cru en moi. La seule chose que je voulais, c'était vivre de ma passion et j'y suis arrivée aujourd'hui. Je n'avais pas dans l'esprit de devenir célèbre mais j' étais persuadée de vouloir en faire mon métier. Mon entourage m'a toujours soutenu dans ce projet et m'a encouragé à continuer même après la nouvelle star. C'est d'ailleurs grâce à ma famille, que je n'ai pas baissé les bras. Même si Thierry Mugler ne m'avait pas contacté, j'aurais continué de chanter mais je ne serais certainement pas là où je suis aujourd'hui.

Avez-vous ensuite été en contact avec les personnes qui ont été très critiques avec vous ?
Au niveau du public, quelques personnes ont changé d'avis sur mon compte et me l'ont fait savoir, notamment sur facebook. Ceux qui restent sur leurs positions, c'est leur droit mais je considère ne plus rien avoir à prouver à partir du moment où il y a plus de 2000 personnes qui nous applaudissent chaque soir.

Parleriez-vous d'une forme de revanche ?
Oui et non. Comme je l'ai dit, je n'ai plus rien à prouver à personne. C'est une nouvelle vie dans de nouveaux pas.

Pouvez-vous revenir sur votre rencontre avec Thierry Mugler?
Nous (Cindy Sanders et son mari et manager, Sébastien Braun, ndlr) avons été contactés il y a trois ans par Thierry Mugler. Sur le coup, nous avons cru à une blague et n'avons pas répondu de suite. J'ai ensuite eu l'assistant de Thierry Mugler au téléphone qui a confirmé qu'il avait réellement eu un coup de c?ur pour ma voix et qu'il souhaitait me rencontrer. J'ai ensuite pris connaissance de son projet mais pour en faire partie, la condition était de tout arrêter en France, les médias et émissions, afin de le suivre dans cette aventure. C'est une période où j'avais perdu confiance en tout le monde mais concernant Thierry Mugler, je savais que je pouvais me laisser guider en fermant les yeux. A partir de ce moment, trois ans de dur labeur ont commencé, entre le sport, le chant, ou le travail scénique.

Vous êtes aujourd'hui assez méconnaissable par rapport à la Cindy Sander de France, comment avez-vous pris le fait de devoir faire toutes ces transformations?
Manfred m'avait expliqué tout ce qu'il souhaitait faire et j'ai eu ce bon feeling qui m'a permis de ne pas trop me poser trop de question. Et honnêtement, je savais que cette opportunité était ma dernière chance. Les mots, qu'il a utilisés, m'ont rassurée, surtout par rapport aux nombreux « requins » qui m'entouraient à cette période, je ne pouvais pas mieux tomber.

Comment le spectacle a-t-il ensuite été programmé au Friedichstadt-Palast ?
Lorsque j'ai accepté de travailler avec Thierry Mugler, l'histoire de  THE WYLD était déjà vendue au Friedrichstadt-Palast et le spectacle en construction mais il manquait beaucoup de comédiens et chanteurs. Manfred me voulait comme chanteuse principale de son nouveau show et m'a donc fait auditionner devant l'équipe décisionnaire du Friedrichstadt-Palast. J'ai été de suite retenue.

Que retenez-vous des passages en télé-réalité, cela vous a-t-il appris quelque chose ?
Je n'en referai plus, c'est une certitude. Je considère ces expériences comme étant de belles étapes de ma vie puisqu'elles m'ont forgée mais les petits succès sont très éphémères, les producteurs vous font croire monts et merveilles mais une fois qu'ils ont fini leur programme, nous tombons dans l'oubli pour être remplacés par d'autres. Je ne le conseille à aucun jeune qui en rêve.

Pourquoi avoir alors participé à ces émissions ?
Concernant les anges de la télé-réalité, j'ai vu cela comme une opportunité de me faire connaître à l'étranger et de savoir ce que les gens allaient penser de ma voix. Et comme à Berlin, j'ai remarqué qu'elle plaisait au public. J'aimais tellement chanter que j'en avais besoin pour retrouver cette confiance que j'avais perdu en France après la nouvelle star. « Bienvenue chez les Sanders », je l'ai fait pour montrer que l'on peut être une artiste et avoir une vie comme tout le monde, l'inverse de ce que montrent les télé-réalités. Il faut également rappeler la naïveté avec laquelle de nombreux jeunes chanteurs comme moi se présentent aux castings et à qui l'on promet des choses à en faire perdre la tête. Pour ma part, j'étais persuadée qu'il fallait en passer par là pour réussir. J'ai, par ailleurs, refusé, toutes les émissions qui se sont présentées après et qui étaient bien mieux payées. Je pense que l'on imagine pas assez de la manipulation qu'il y a derrière une émission de ce genre. Le problème est que pour réussir dans la chanson, soit on connaît les bonnes personnes, soit on est là où il faut ou soit on passe par une télé-réalité. Ce sera donc de pire en pire car de nombreux jeunes rêvent de faire ces émissions sans pour autant savoir qui les attend.

Avez-vous déjà pensé à la suite, quand le show sera terminé ?
Je sais déjà que je vais sortir un album solo qui n'aura rien à voir avec THE WYLD mais toujours sous la direction de Manfred. On a commencé le travail mais je ne peux pas dire encore quand il sortira. Je ne souhaite pas non plus dévoiler le genre car je préfère créer la surprise.

Propos recueillis par Anaïs Gontier (lepetitjournal.com/Berlin) mercredi 11 mars 2015

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