

Christophe Bourdoiseau arrive dans les années 90 à Berlin en tant que journaliste-correspondant pour des journaux français, suisses et belges. Mais depuis 2005, c'est à la chanson française qu'il décide de consacrer la plupart de son temps dans l'objectif d'en faire son métier. L'équipe du PetitJournal.com l'avait rencontré en 2008, où en est la carrière du chanteur aujourd'hui ?
LePetitJournal.com vous avait interviewé dans vos "débuts", quelle place a pris la chanson aujourd'hui dans votre vie ?
Christophe Bourdoiseau - Je ne dirai pas que je suis devenu professionnel, mais au moins semi-professionnel. Je continue à travailler comme journaliste mais seulement pour la presse professionnelle, ce qui est beaucoup moins contraignant que la presse quotidienne. Comme les deux métiers étaient incompatibles au niveau du temps, j'ai fait des sacrifices professionnels et financiers pour me professionnaliser toujours plus dans la chanson française. Depuis deux ans, j'ai de plus en plus de belles dates en Allemagne dont notamment celle à Postdam dans la Nikolaisaal. D'avoir été invité à jouer dans cette grande salle avec une vraie programmation, c'est une consécration.
Comment l'envie de passer de journaliste à la chanson vous est-elle venue ?
J'ai toujours été plus ou moins dans la chanson. Je chantais pour moi et j'écoutais constamment George Brassens, de la musique classique quand j'étais plus jeune. Ce n'est pas une décision que j'ai prise du jour au lendemain, mais qui a fait son chemin petit à petit. Dans les années 2000, des changements dans ma vie personnelle m'ont permis d'avoir plus de temps libre, que j'ai utilisé pour me perfectionner. J'ai repris des cours de guitare de chant, de piano et j'ai commencé à jouer dans des petits cafés. Lorsque j'ai constaté que mes chansons plaisaient, j'ai décidé de continuer.
Votre dernier album "la mort du loup" est un recueil de poésies que vous avez adaptées en musique, comment avez-vous sélectionné ces textes ?
J'ai toujours aimé la poésie, c'était le seul domaine dans lequel j'étais fort à l'école (rire). J'ai voulu combiner à mon goût pour la chanson avec celui pour les poèmes en réalisant un album entièrement consacré à l'adaptation de poèmes du 19/20e siècle en musique. J'ai passé beaucoup de temps à redécouvrir ces textes et j'en ai sélectionné 15 en fonction de leur musicalité, du rythme qu'ils dégagent. En réalisant cet album, je me suis rendu compte que d'autres chanteurs avaient aussi trouvé de la musicalité dans les poèmes et les avaient adaptés en chansons comme nuit d'octobre chanté par Serge Gainsbourg.
Berlin est un thème récurrent dans vos chansons, quel est votre rapport à cette ville ?
A Berlin, j'ai trouvé cette bohème que qui n'existait déjà plus à Paris, comme celle que chante Aznavour. Même si aujourd'hui?J'ai toujours été fasciné par l'est, cette époque où les frontières se sont ouvertes. J'avais envie de partir à l'étranger, je suis donc allé visité ces anciens pays de l'union soviétique, et lorsque je suis venu rendre visite à un ami, en 1994, j'ai eu l'intuition que je devais rester ici. Tout semblait possible et on vivait très bien sans avoir besoin de beaucoup d'argent. J'ai alors décidé de tout quitter à Paris, mon métier de journaliste et mon réseau pour tout reconstruire à Berlin.
Vous êtes la plupart du temps accompagné du trio Scho, formé par trois musiciens de l'Europe de l'est, apportent-ils plus de gaité à vos chansons, souvent qualifiées de mélancoliques ?
Au contraire, c'est eux qui ont apporté cette mélancolie. C'est vraiment grâce à eux que j'ai commencé. Ensemble on a construit une vraie formation, ce qui est vraiment autre chose que d'être tout seul sur scène. On s'est rencontré dans un festival à Postdam puis je suis allé les voir dans leur café ukrainien où ils jouent régulièrement. Je leur ai demandé de jouer avec moi et depuis ils ont participé à l'ensemble de mes productions. Quand on étudie la chanson française, on se rend compte de l'influence des pays de l'est, du coup j'aimerai beaucoup trouvé une date à Paris pour jouer avec eux. Ce serait un de nos prochains objectifs.
Propos recueillis par Anaïs Gontier (www.lepetitjournal.com/Berlin) vendredi 21 décembre 2012
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Savoir plus :
Prochain concert de Christophe Bourdoiseau le 13 juin à 20h au Wabe
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