Le 20 septembre, Berlin élit son Abgeordnetenhaus, le parlement du Land, et un questionnaire en ligne accompagne la campagne. Trente-huit affirmations, trois réponses possibles, et à l'arrivée un comparatif entre ses propres réponses et les positions des partis. Ça ne remplace pas la lecture d'un programme, mais c'est un bon début.


Le Wahl-O-Mat, comment ça marche ?
C’est vraiment simple. Une affirmation s'affiche, on se positionne : d'accord, neutre, pas d'accord. On peut aussi passer. Ensuite, on attribue plus de poids aux questions cruciales pour soi : elles comptent double dans les résultats.
Puis on choisit les partis avec lesquels on veut se comparer, entre un et tous les dix-sept. Un diagramme s'affiche, avec le pourcentage de concordance entre ses réponses et celles de chaque parti. On peut aussi voir le détail, affirmation par affirmation.
Bien évidemment, la limite de l'exercice, c'est qu'il y a parfois un monde entre ce qu'un parti promet en campagne et ce qu’il se passe ensuite. Mais ça, le Wahl-O-Mat n'y peut rien.
Dans les coulisses du Wahl-O-Mat
Une rédaction composée de jeunes électeurs berlinois, d'experts issus de la recherche, du journalisme et de l'éducation, ainsi que de représentants des institutions qui portent le Wahl-O-Mat, élabore d'abord environ quatre-vingts affirmations. Elles sont soumises aux partis autorisés à se présenter.
Puis la rédaction en retient trente-huit : celles qui touchent aux vrais enjeux du scrutin et sur lesquelles les réponses divergent réellement. Les partis ne participent ni à la rédaction ni à la sélection. Ils répondent et peuvent fournir une justification.
L'outil n'est pas né en Allemagne. En 2002, la bpb (Bundeszentrale für politische Bildung) le lance sur le modèle du StemWijzer néerlandais, dont elle a acquis la licence. Il a depuis été utilisé environ 160 millions de fois, dont 26 millions pour les seules élections législatives de 2025. À Berlin, il avait séduit un peu plus d'un million d'utilisateurs en 2021, et 509 000 en février 2023, lorsque le scrutin dut être entièrement refait après l'annulation des élections de 2021.
Et nous, on vote quoi ?
Le scrutin régional reste réservé aux ressortissants allemands qui y votent dès 16 ans.
Mais le même dimanche, on élit aussi les douze Bezirksverordnetenversammlungen (BVV), les assemblées d'arrondissement. Chacune compte cinquante-cinq élus qui ne votent pas les lois, mais interviennent dans la gestion du quotidien : circulation et stationnement, espaces verts, bâtiments scolaires, aménagement local…
Pour ces élections-là, les citoyens de l’UE votent dans les mêmes conditions que les Allemands : avoir seize ans révolus et résider à Berlin depuis au moins trois mois. S'ils remplissent ces conditions et sont correctement enregistrés auprès des autorités, ils sont automatiquement inscrits sur les listes électorales.
Le Wahl-O-Mat, lui, ne couvre que le scrutin régional, et les listes des BVV varient d'un arrondissement à l'autre. Alors à quoi nous sert-il ? Avant d'éplucher les programmes, ça a le mérite de donner des orientations. On réalise que parfois, il y a un désaccord là où l'on se croyait sur la même longueur d'onde. Et parmi les trente-huit questions, il y en a forcément quelques-unes qui appellent réflexion, voire investigation complémentaire.
Et puis il y a un côté ludique. À faire entre amis, pour lancer la discussion. On n'est d’ailleurs pas à l'abri d'une mini-surprise. Vraiment, 88 % de concordance avec le Tierschutzpartei ? Intéressant.
➔ Wahl-O-Mat Berlin, en ligne jusqu'au 20 septembre, 18 h.
➔ Plus de détails sur les élections berlinoises
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