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Cinq films pour comprendre l’identité de Berlin

Berlin est une ville riche en histoire, en contrastes et en influences artistiques. Mais lorsque l’on ne la connaît pas encore, il peut être difficile d’en saisir les différentes facettes. De la capitale des années 1930 à la ville festive et parfois démesurée d’aujourd’hui, ces cinq films permettent de parcourir Berlin à travers les époques et de mieux comprendre ce qui a façonné son identité.

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© Abdulmomen Bsruki - pexels
Écrit par Jade Goff
Publié le 31 août 2026

Voici cinq films qui suivent la chronologie historique de Berlin et permettent de redécouvrir les différents aspects historiques, politiques et identitaires qui ont façonné la capitale allemande.

 

Cabaret

Cabaret, c’est le film qui dévoile Berlin sous ses excès : costumes, soirées, sexualité… Mais derrière tous ces confettis, le nazisme s’impose progressivement. 

Le film de Bob Fosse sort en 1972 et raconte l’histoire de Sally Bowles, une chanteuse américaine à Berlin en 1931. Travaillant au sein du très célèbre Kit Kat Klub, elle fait la rencontre de Brian Roberts, un écrivain britannique. À travers leurs relations, la sexualité, le plaisir et les découvertes, la capitale allemande apparaît comme un lieu de liberté et de création artistique.

Mais alors que la ville subit des changements politiques pour le moins importants, le cabaret semble être le phare qui ne bouge jamais, le témoin de cette liberté et de cette provocation berlinoises au sein d’une société en pleine mutation.

Plein de couleurs et de fantaisie au cœur d’une capitale sombre, gouvernée par les tensions et les violences politiques et idéologiques, le Kit Kat Klub contraste avec la réalité qui l’entoure. C’est un Berlin à deux visages qui se transfigure.

Berlin est-elle instable, libre et artistique ? Ou sombre, froide et menacée par la montée du nazisme ? Ce long-métrage aborde la progression du nazisme dans une société encore marquée par l’effervescence artistique et les libertés des années 1930.
 

 

La chute – Der Untergang

Réalisé par le célèbre Oliver Hirschbiegel, ce film allemand sorti en 2004 est vu comme un chef-d’œuvre du cinéma historique.

Cette réalisation retrace la fin de la Seconde Guerre mondiale, pendant la bataille de Berlin. Les téléspectateurs assistent ici aux douze derniers jours d’Adolf Hitler au sein de son bunker, en avril 1945. Il refuse d’admettre la défaite et son état mental se dégrade au fur et à mesure de l’avancée du film. Sa situation, ses réactions et sa mort marquent la chute totale du IIIe Reich et du nazisme, ainsi que la fin imminente de la guerre en Europe.

Durant ce film, Berlin connaît son année noire, avec sa destruction physique massive et l’effondrement du régime dictatorial nazi. C’est la fin du Berlin tel que les années 1939 à 1945 l’avaient façonné. C’est aussi la promesse d’une nouvelle ville, avec une nouvelle politique, une nouvelle esthétique, en clair, un « nouveau Berlin ».
 

 

La Vie des autres – Das Leben der Anderen

Berlin est connue comme une grande ville d'espionnage. Mais l’espionnage, c’est encore trop abstrait. Qui plus est, l’espionnage servait plusieurs buts. L’information, le contrôle, la manipulation... ? Et qui est l’espion dans toute cette histoire : un pion ? un membre d’une dictature ? un simple civil ? La Vie des autres donne un angle nouveau à l’espionnage et révèle les actions d’un gouvernement dictatorial. 

C’est en 2006 que sort le long-métrage La Vie des autres, réalisé par Florian Henckel von Donnersmarck. On y suit Gerd Wiesler, chargé d’espionner et d’enquêter sur le dramaturge Georg Dreyman au nom de la Stasi (ministère de la Sécurité d’État de la RDA, ndlr), à la demande de Bruno Hempf, ministre de la Culture.

En adoptant le point de vue d’un espion froid et fidèle au régime, le film plonge le public dans son quotidien : son travail, les manipulations, l’écoute attentive… Ici, les droits sont bafoués à tous les égards. Il représente l’abus de pouvoir et le contrôle exercés par la Stasi (ministère de la Sécurité d’État de la RDA, ndlr).

Mais petit à petit, ce même espion se voit transformé par sa mission : son affection pour l’auteur, les péripéties qu’il traverse, mais aussi la vraie raison de cette mise sur écoute. Il se remet en question, et en vient à changer de comportement. Dreyman tend à s’opposer au régime et Wiesler aussi. D’abord cantonné à un rôle passif, consistant à enquêter et à informer pour la Stasi, il en vient à agir pour protéger Dreyman à plusieurs reprises.

Au travers de cette œuvre audiovisuelle, le spectateur découvre le contrôle à la fois idéologique et politique qu’exerçaient les autorités de la RDA sur la population berlinoise.
 

 

Good Bye Lenin !

Ce film témoigne d’un basculement total, d’une transformation considérable : Berlin sous un autre État. En 1989, c’est la chute du Mur, et la chute d’un monde : l’Allemagne de l’Est, appelée aussi la RDA, laisse place à une nouvelle Allemagne, issue de la réunification avec l’Allemagne de l’Ouest.

Ce film, réalisé par Wolfgang Becker en 2003, raconte l’histoire d’une famille vivant en Allemagne de l’Est, à Berlin. La mère, véritable modèle du socialisme du régime, tombe dans le coma après avoir vu son fils être arrêté par la police lors d’une manifestation. Durant son sommeil, le Mur tombe, les rues et les immeubles se transforment, les habitudes changent, les libertés évoluent, et la ville laisse place à la modernité.

Un changement pour le moins colossal qui pourrait s’avérer dangereux pour la santé fragile de la mère, qui se réveille en juin 1990. Afin de lui éviter cela, son fils Alex, aidé par ses proches, va lui dissimuler tous ces changements et recréer une RDA factice.

Ce film, c’est un témoin d’une transformation et d’une nouvelle identité berlinoise. Il présente, par cette supercherie, tous les changements qu’ont connus les Berlinois à cette période. Il montre aussi pourquoi la ville de Berlin possède aujourd’hui une esthétique unique, qui fusionne son histoire avec son identité actuelle.
 

 

Victoria

Avec le film Victoria, la boucle est bouclée : ici, l’on retrouve la liberté artistique et sexuelle, l’instabilité et le visage festif, caractéristiques de Berlin.

Sorti en 2015, Victoria est un long-métrage allemand réalisé par Sebastian Schipper. Il suit la vie tumultueuse d’une jeune Espagnole qui vient d’arriver dans la capitale allemande. À la sortie d’une boîte de nuit, elle rencontre quatre jeunes Berlinois qui vont changer le cours de sa vie. On passe d’une simple soirée entre amis à une série de braquages. De quoi pimenter les choses… à l’excès.

Ici, c’est le monde nocturne de Berlin qui s’exprime : instable, festif, excessif… Berlin devient presque le personnage principal de cette œuvre. Une capitale jeune et festive, mais aussi renversante, voire dangereuse.
 

 

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