Le 9 novembre 1989, Monika et Jive, un couple allemand vivant à Berlin Ouest ont vécu cette nuit du 9 novembre 1989 portés par l'euphorie sans savoir si cela était un rêve ou la réalité. L'artiste française Nicole Montéran, installée à Berlin depuis 1967, était également présente comme bien d'autres français. Ils ont accepté, pour lepetitjournal.com de Berlin, de revenir sur ce jour historique en nous livrant leur témoignage ainsi que quelques photos que nous vous montrons dans différents panoramas. Bon voyage dans le temps.
Monika et Jive, le couple berlinois
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Le 9 novembre 1989, le mur est tombé. Frontière entre l'Est et l'Ouest pendant près de 20 ans, barrière séparant les familles et mur de la honte, la chute du mur est désormais le symbole de la liberté retrouvée des Berlinois. Monika et Jive habitaient à l'Ouest de la ville et ont raconté leur à l'époque, ont raconté cette nuit. Ils y étaien A 19h, le flash-info à la radio résonne comme une bombe pour les Berlinois, les citoyens de la RDA peuvent désormais voyager à l'étranger. Günther Schabowski, membre dirigeant du Politburo en RDA, bredouille quelques mots lors d'une émission télévisée et change tout sans le vouloir. Il donne le feu vert pour l'écroulement du mur. Mais à ce moment précis, nous ne réalisons pas encore l'ampleur de ces quelques mots et reprenons donc nos activités. Vers 22h, nouveau flash-info. De plus en plus de gens essaient de franchir le mur. A la télé, on voit une géante cohue envahissant Berlin et le maire de l'époque, Walter Momper, doit même se rendre sur place. Sur toutes les chaînes de télé, partout les mêmes images, des milliers de Berlinois occupant les rues. Plus de doute, quelque chose est en train de se passer. Nous échangeons un regard, prenons nos manteaux et l'appareil photo pour rejoindre la foule. Nous avions compris que cette nuit ferait l'Allemagne. Le métro est surpeuplé. En chemin, nous croisons les soldats qui ne servent plus à rien. Impuissants, ils regardent la foule ne demandant même plus les passeports. L'euphorie envahit Berlin, les gens rient, dansent, pleurent, boivent du champagne et s'étreignent sans même se connaître. Nous arrivons à attraper un taxi qui nous conduit à Invalidenstrasse où Walter Momper va tenir un discours. La foule encombre les rues, les politiques improvisent des discours, tout va tellement vite… Des masses énormes de Berlinois de l'est rejoignent l'ouest. Des trabbis, voiture typique de l'est, traversent les rues acclamées par la foule. Il n'y a plus d'habitant de l'Est ou de l'Ouest ce soir, mais un peuple uni qui célèbre leur liberté recouvrée. Nous arrivons enfin à aller du coté est, chose autrefois interdite pour certains Wessis, et courons dans les rues sombres de Berlin Est qui n'ont aucune enseigne lumineuse. A la Porte de Brandbourg, ancien no man's land, la foule est impressionnante, on peut même l'apercevoir d‘Unter den Linden. Mais cette ambiance joyeuse devient un peu inquiétante lorsque les blindés de la milice populaire nationale et les canons à eau se joignent au décor. Tout le monde se demande ce qu'il va se passer. Ce moment n'est-il qu'une simple illusion ? Un moment de répit où la liberté s'offre à vous juste pour une soirée ? La rumeur dit qu'à 2h les frontières se refermeront. Pourtant, les Berlinois sont déjà à donner des coups de marteaux et de burins sur le mur. Jive mitraille la scène avec son appareil photo tandis que j'envisage de rejoindre les autres sur le mur. J'avais tout simplement peur de monter dessus et je n'avais absolument aucune idée de comment faire pour grimper sur ce mur si haut ! Pas le temps de réfléchir, je me retrouve en haut du mur soulevée par la masse humaine. Là-haut c'était l'euphorie, alors que les hauts-parleurs de la police « priaient » de descendre du mur. Le lendemain, nous nous sommes demandés si nous n'avions pas rêvé. Mais non, quelques jours plus tard Helmut Kohl, Willi Brandt et Dietrich Genscher étaient devant l'Hôtel de ville Schöneberger pour tenir un discours et des milliers de Berlinois erraient dans la ville à la recherche d'un nouveau logement, pour découvrir cette autre partie de Berlin dont ils ne savaient rien, ou tout simplement pour retrouver leur famille. Texte et photos recueillis pas Clémence Bergeron-Durand |
Nicole Montéran, une artiste française installée à Berlin depuis 1967
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Je devais naître à Alger, mais ai vu le jour fin 1942 en pleine deuxième guerre à Montpellier. Je vins à Berlin pour la première fois en 1966, y resta a partir de 1967. Lorsqu´en 1989 le mur tombait, je vivais déjà depuis 22 ans à Berlin Ouest. L´Allemagne est réunifiée mais aujourd´hui et cela après 25 ans, il y a toujours et encore une différence, il y a ceux de l´Est et ceux de l´Ouest. Texte et photos recueillis pas Anaïs Gontier Notes sur les photos :
Le Mur de Berlin 1961-1989 Celui de l´Ouest. Alors Christoph Bouchet s´engage et proteste, Il faut savoir faire la différence entre le mur de l´Est et celui de l´Ouest. De peindre une partie de celui de l´Est après 1989 n´a pas la même dimension. |
La rédaction de Berlin (lepetitjournal.com/Berlin), vendredi 7 novembre 2014






































