Édition internationale

CHRISTIAN CLAVIER – L'acteur revient sur le succès du film « Qu'est-ce qu'on a fait au bon dieu ? »

Écrit par Lepetitjournal Berlin
Publié le 1 janvier 1970, mis à jour le 28 décembre 2014

Alors que le film de Philippe de Chauveron « Qu'est ce qu'on a fait au bon dieu ? » a dépassé les 10 millions d'entrées en France et est actuellement en tête du box office en Allemagne avec 2,8 millions d'entrées, la semaine du film français a décidé de rendre hommage à ce succès en proposant le film dans son programme et invitant une partie de l'équipe du film dont Christian Clavier. L'histoire est celle d'une famille française bourgeoise et catho dont les parents (Christian Clavier et Chantal Lauby) souhaitent à tout prix que leur quatre filles suivent le même chemin. Seulement les trois premières choisissent comme conjoints des Français dont l'un est musulman, l'autre juif et le dernier d'origine chinoise. Tous les espoirs reposent sur la dernière pour qu'il y ait au moins un beau-fils catholique...Ce film humoristique et jouant fortement des clichés se veut aborder un thème sérieux de façon légère et drôle ce qui a plu en France et en Allemagne mais a été décrit comme raciste par la critique américaine et donc interdit de diffusion. Christian Clavier a accepté de répondre aux questions du Petit Journal de Berlin et de la Gazette de Berlin lors d'une interview au Sofitel à Berlin.

Christian Clavier, crédits : Anaïs Gontier

Comment expliquez-vous le fait que le film ait un succès énorme en Allemagne alors qu'aux Etats-Unis le film a été refusé ?
Christian Clavier ? Il est toujours difficile d'expliquer un succès mais concernant les Etats-Unis, c'est une chose habituelle. C'est un sujet qui concerne certainement plus la France et l'Allemagne, deux pays dans lesquels il y a de nombreux mariages mix ce qui peut expliquer que la thématique choisie par Philippe de Chauveron, traitée avec humour et d'une façon très légère, plaise à un public qui se sent concerné par celle-ci. Il n'y a pas de point de vue moralisateur affiché et en même temps, le film parle d'un sujet très fort sur un ton humoristique qui permet aux spectateurs de passer un très bon moment. C'est, selon moi, ce qui explique le succès du film.

Aux Etats-Unis, la culture cinématographique est très différente et repose sur un concept d'héroïsme. Ils n'acceptent tout simplement pas les films anti-héros et ont beaucoup de mal à dépasser le 1er degré, je dirai que c'est leur problème. A cela, il faut ajouter que les Etats-Unis restent un pays où il n'y pas réellement de mélange interracial et la mixité reste encore un mythe. Je pense qu'ils se trompent sur le film, qui n'est pas raciste, bien au contraire mais aussi sur leur public.

Comment expliquez-vous le succès du film en France alors que parallèlement on observe une forte montée des votes d'extrême-droite ?
Je ne pense pas que l'on puisse mettre ces deux faits sur un même niveau et ne préfère pas répondre à ce genre de question car il ne faut pas tout mélanger. C'est tentant de faire ce parallèle entre cinéma et politique mais je ne pense pas que ce soit judicieux.

Pensez-vous que ce sont les mêmes personnes qui aiment le film et votent FN ?
Mais évidemment. Je pense que le phénomène des votes est beaucoup plus complexe que cela. Il y a en effet une montée des votes FN mais je ne crois pas que la France soit en train de devenir un pays xénophobe et raciste. Les gens se retrouvent actuellement dans une grande difficulté et dans ce genre de contexte, la peur peut pousser à voter pour des partis nationalistes mais je ne pense pas que ces mêmes personnes soient profondément racistes. Il serait plus juste de parler de préjugés et de peurs, ce sur quoi on peut travailler. Mais le racisme ...c'est autre chose.

Qu'est ce qu'évoque l'Allemagne et Berlin pour vous ?
Je suis passionné par cette ville. J'ai eu l'occasion de traverser Berlin d'Est en Ouest et comme je suis passionné d'histoire, c'est une ville qui m'intéresse énormément. On y ressent une atmosphère particulière que je ne peux vraiment décrire mais qui me séduit et me donne envie de revenir, voir même d'y vivre. C'est également très intéressant de constater à quel point le communisme a été avalé par l'Allemagne de l'ouest.

Et le cinéma allemand ?
J'ai travaillé avec quelques artistes allemands lors du tournage de Napoléon et je me suis très bien entendu avec eux. Je connais mal le cinéma allemand même si j'ai vu les grands classiques. Ce que je constate par rapport au cinéma français, c'est qu'en France, nous avons réussi à trouver des financements au travers de la télévision qui lui permet de produire à un rythme régulier. Il y a évidemment un cinéma allemand mais on constate beaucoup moins de productions qu'en France , à part pour les séries. Ce serait d'ailleurs pas mal de réfléchir à une solution européenne.

Et quels sont les films allemands qui vous ont le plus marqués ?
Das Boot et La chute. Deux films incroyables.

Quelle est votre actualité cinématographique ?
Je prépare actuellement les Visiteurs 3 dans une grande production et j'essaye de refaire ce qui avait été fait dans « Papy fait de la résistance » c'est à dire réunir plusieurs familles de cinéma comme c'est un film qui se passe pendant la révolution mais qui se veut aussi moderne.

Propos recueillis par Anaïs Gontier (www.lepetitjournal.com/Berlin) jeudi 11 décembre 2014

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Publié le 10 décembre 2014, mis à jour le 28 décembre 2014
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