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BON A SAVOIR - L'Histoire du mur de Berlin en cinq moments clés

Par Lepetitjournal Berlin | Publié le 05/11/2014 à 23:00 | Mis à jour le 16/12/2015 à 14:56

Alors que l'Allemagne est déjà divisée en quatre parties suite aux accords de Yalta en 1945 réunissant les Etats-Unis, l'Angleterre, l'URSS et  à ceux de Potsdam qui ajouteront la France comme quatrième pays allié, la construction du mur de Berlin dans la nuit du 12 au 13 août 1961 achève l'éventuelle possibilité d'une reconstruction après guerre dans la paix. Deux blocs s'affrontent alors, l'Est et l'Ouest, c'est la période de la guerre froide qui oppose deux visions politiques et sociales, deux idéologies avec en son centre le peuple berlinois qui vivra au quotidien avec un mur séparant leur ville en deux pendant 28 ans. Pour mieux se remémorer cette période, revenons sur cinq événements marquants de l'Histoire du mur de Berlin.

Quand les alliés se divisent
L'alliance entre les alliés sera de courte durée puisque dès 1948, Staline met fin à la coopération inter-alliés et à sa présence au conseil de contrôle allié qui unissaient les quatre pays impliqués dans les accords de Yalta et Potsdam.
Alors que les autorités politiques soviétiques souhaitent instaurer en Allemagne de l'est le modèle régnant dans la Russie de Staline, le communisme, les Américains imposent eux un autre système économique basé, entre autres, sur le profit individuel, le capitalisme.
Les divergences idéologiques se font de plus en plus importantes jusqu'à la première crise annonciatrice de la future division de Berlin et de l'Allemagne. De juin 1948 à mai 1949, le blocus de Berlin est ordonné par Staline afin de couper toute communication entre l'ancienne capitale du Reich et les forces de l'Ouest dans le but de récupérer la ville entière et de former un bloc uni à l'est de l'Allemagne. Mais Berlin-Ouest sera rapidemment ravitaillé grâce au pont aérien qui se met en place avec l'aéroport de Tempelhof et restera sous le contrôle américain. Cet événement déclenchera la division officielle de l'Allemagne en deux états : la République Fédérale d'Allemagne (RFA) en mai 1949, qui a déjà sa propre monnaie, le Deutsche Mark, et qui élira comme premier chancelier Konrad Adenauer en septembre 1949. La riposte à l'est sera évidemment la création de la République démocratique d'Allemagne (RDA), un Etat communiste intégré à l'URSS et au bloc soviétique avec d'autres pays qui adoptent le même régime, celui dit de démocratie populaire avec un parti unique, appelé SED en Allemagne (Sozialistische Einheitspartei Deutschlands). Le premier Président de ce parti est Wilhelm Pieck mais le réel pouvoir est en train les mains de Walter Ulbricht , alors secrétaire général du comité central du SED, qui adopte le Ostmark comme monnaie. Chacune des deux forces, celle américaine et celle russe, imposent leur vision politique conduisant les deux Allemagnes à prendre deux directions politiques opposées ayant encore aujourd'hui un impact sur les mentalités et conditions sociales des Allemands de l'est et de l'ouest.

Du discours aux actes : les Berlinois se réveillent sous le choc
Ces événements politiques provoquent une exode toujours plus importante des Allemands de l'Est, habitant alors les Länder du Brandebourg, de la Saxe, de Thuringe, du Mecklenbourg, de la Saxe-Anhalt, vers l'Ouest. Les frontières de la RDA se sécurisent de plus en plus et une rumeur de construction d'une frontière en dure inquiète les Berlinois et Allemands de l'Est, rassurés par le discours de Walter Ulbricht, devenu le Président du conseil d'Etat, promettant qu'aucun mur ne sera érigé entre Berlin-Est et Berlin-Ouest. On est en juin 1961, deux mois plus tard dans la nuit du 12 au 13 aôut 1961, alors que les Berlinois dorment, les premiers tracés du futur mur de Berlin sont construits et le passage d'est en ouest devient de plus en plus difficile et risqué. Les transports en commun, les maisons, les rues, les familles sont divisés en deux afin de créer une partie ouest et une partie, séparées par deux murs créant un « No man's Land » d'une longueur pouvant aller jusqu'à 300 mètres.


Le secrétaire général du parti communiste de l'Allemagne de l'est, le SED, Heinrich Honecker justifie cette construction par une agression impérialiste de l'Ouest et une protection contre les nazis. Les alliés condamneront le mur de Berlin qu'ils appellent très vite "le mur de la honte" mais laisseront faire par crainte de déclencher une nouvelle guerre chaude qui se transformera finalement en guerre froide pendant 28 ans.

Le Checkpoint Charlie : un passage frontière devenu célèbre
Aujourd'hui lorsque l'on pense au mur de Berlin, plusieurs endroits clés de la ville viennent à l'esprit dont le poste frontière Checkpoint Charlie, correspondant au point de contrôle C.  Alors que la construction du mur de Berlin n'est pas encore terminée et que civils, militaires, à l'instar de la célèbre photo du douanier sautant les barbelés d'est en ouest, peuvent encore s'enfuir vers l'ouest, un épisode marquera le début de la guerre froide.


Au milieu de la Friedrichstrasse, un poste frontière est installé par la RDA marquant le passage du quartier de Kreuzberg, à l'ouest, à celui de Mitte et deviendra un point de passage important puisque réservé aux diplomatiques, étrangers ou à l'échange de prisonniers. Protégé par la GREPO (Grenzpolizei), le Checkpoint Charlie fût le théâtre d'un affrontement de trois jours entre les forces alliées et les gardes-frontières de la RDA dès les premiers mois de la division physique en deux de Berlin, en octobre 1961. Alors que les soldats de l'ouest veulent passer dans le secteur soviétique et user de leur droit de libre circulation, ceux de l'est leur imposent un contrôle drastique provoquant un affrontement entre les deux côtés. Pendant trois jours, des chars se font face d'un côté et de l'autre de la frontière marquée par le Checkpoint Charlie. Cette tension qui aurait pu dégénérer en un réel affrontement ne sera que la première de tant d'autres durant toute la guerre froide.
Aujourd'hui, il est toujours possible de voir où s'est déroulée cette scène historique avec la reconstitution du poste frontière sur la Friedrichstrasse, au niveau de la Zimmerstrasse, même si le Checkpoint Charlie est devenu une véritable attraction touristique ne reflétant ainsi pas réellement la situation tendue de l'époque.

La révolution de Leipzig : le déclenchement du début de la fin
Alors que les Berlinois vivent avec le mur depuis 28 ans, les Allemands de l'est sont eux séparés de leur compatriote de l'ouest par un rideau de fer. La Stasi, police secrète de l'Allemagne de l'est, impose la terreur et censure violemment toute contestation du régime en place, les Allemands de l'est ne peuvent voyager librement, et les tensions commencent à monter de plus en plus au sein du bloc soviétique. Michael Gorbatchev, nouveau secrétaire général du Parti communiste de l'Union soviétique en 1985, impose un air nouveau, celui de la transparence appelée Glasnost et la reconstruction (perestroïka), qui marquera le début d'une possible rébellion des Allemands de l'est souhaitant la chute du mur et la réunification.

Les manifestations, bien que sévèrement réprimées, seront de plus en plus nombreuses mais c'est à Leipzig que le début de la fin sera déclenché. Au sein de l'église protestante Saint Nikolaï, les réunions deviennent plus politiques que religieuses et sont le terreau d'une contestation massive qui attirera  de nombreux autres allemands des alentours. « Wir bleiben hier » est scandé par la foule lors de la fameuse manifestation du 3 octobre 1989 qui est ensuite relayée dans d'autres villes de la RDA, fêtant alors son 40e anniversaire. Dès le 4 novembre des milliers de manifestants se réunissent également à Berlin-est.

Le jour où le mur est tombé : erreur ou manipulation politique ?
De nombreuses thèses s'affrontent sur l'événement déclencheur de l'ouverture des frontières et de la chute du mur de Berlin. Alors que les contestations se désemplissent pas depuis septembre 1989, que les tentatives de reprise de contrôle de la situation restent vaines, les mots du secrétaire du comité central, Günter Schabowski, chargé des relations avec la presse autorisant le passage de personne privée d'est en ouest sans justificatif avec effet immédiat, seront aussitôt traduits par une annonce d'ouverture du mur de Berlin. Face à l'euphorie de la foule plus rien, pas même la résistance des gardes-frontières non avertis, ne peut empêcher les retrouvailles entre les Berlinois de l'Est avec ceux de l'Ouest lors de cette nuit du 9 novembre 1989 qui restera gravée dans la mémoire de tous ceux l'ayant vécue . Certains n'acceptent cependant pas la thèse d'une interprétation erronée des paroles de Günter Schabowski et avancent l'idée que la chute du mur de Berlin avait déjà été décidée bien avant cette nuit d'hiver tout en laissant croire que la force populaire fût à l'origine de la réunification de Berlin et de l'Allemagne. Evidemment, aucune des deux thèses n'a pu pour le moment être confirmées ou infirmées.

A.G. (lepetitjournal.com/berlin) jeudi 6 novembre 2014

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