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Halloween à Berlin : Süßes oder Saures ?

Le 31 octobre, Berlin offre une multitude d’options pour célébrer Halloween. Pourtant, au début des années 1990, la fête était encore peu répandue en Allemagne. Un Carnaval amputé par la guerre du Golfe et une industrie du costume aux abois ont changé la donne. Aujourd’hui, entre Día de los Muertos, nuit tout en rouge et caves de brasserie hantées, reste à choisir son camp : sortir… ou rester sous le plaid.

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© Roxy Svydovetska - pexels
Écrit par Sandrine Ibanez
Publié le 17 octobre 2026

Halloween, de l’Irlande à l’Allemagne

Si aujourd’hui il est difficile de rater le duo noir et orange et les déguisements, on ne connaît pas forcément les origines de cette fête. On peut les faire remonter aux Celtes d’Irlande et d’Écosse. Ils célèbrent Samain, une nuit où, selon la tradition, la frontière entre les vivants et les morts devient poreuse. Au VIIIe siècle, la Toussaint est fixée au 1er novembre dans une partie de l’Église occidentale. La veille prend peu à peu le nom d’All Hallows’ Eve, “la veille de tous les saints”. On a trouvé l’origine du nom.

À partir de 1845, la Grande Famine pousse des centaines de milliers d’Irlandais à émigrer, notamment vers l’Amérique du Nord. C’est là-bas qu’apparaît l’emblématique citrouille, qui remplace le navet des lanternes irlandaises. La fête, devenue américaine et largement commerciale, revient en Europe au début des années 1990, portée par le cinéma, les séries et le marketing.

Et l’Allemagne ? Traditionnellement, le 31 octobre, on y commémore la Réforme de Luther (Reformationstag), aujourd’hui fériée dans 9 des 16 Länder. Et le 11 novembre, pour la Saint-Martin, les enfants défilent à la nuit tombée, lanterne à la main. Pas d’Halloween en vue.

Mais en janvier 1991, la guerre du Golfe éclate et de nombreuses festivités du Carnaval sont annulées. Pour les fabricants de costumes, c’est un coup dur. Selon Dieter Tschorn, porte-parole de la branche Carnaval de la fédération allemande de l’industrie du jouet, la profession cherche alors une porte de sortie. Elle trouve l’inspiration aux États-Unis. Dès 1994, une campagne fait entrer citrouilles et squelettes dans les rayons, et le trick or treat devient “Süßes oder Saures”.

Aujourd’hui, toujours selon la fédération, Halloween génère entre 50 et 100 millions d’euros de chiffre d’affaires par an.
 

Notre guide pour célébrer Halloween à Berlin


En famille au Britzer Garten

Le samedi 31 octobre, le Britzer Garten se transforme pour Halloween. Au programme, il y a du maquillage pour enfants, une ronde autour du chaudron de sorcière et une disco d’Halloween. À la tombée du jour, un défilé aux lanternes : la Saint-Martin avant l’heure. Ensuite viennent des contes qui font frissonner et un spectacle de feu. Toute la soirée, d’étranges personnages déambulent dans les allées, dont un monsieur sans tête. Enfin, les plus beaux costumes peuvent décrocher un prix.

🗓️ Samedi 31.10, de 16 h à 21 h
🎟️ Inclus dans l'entrée du parc, 5 €
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Fêter les morts autrement au Holzmarkt

Ici, pas de citrouille. Le Holzmarkt célèbre le Día de los Muertos mexicain en quatre jours et quatre temps : la ceremonia, la fiesta, la visita et la despedida. On y trouve du copal, des fleurs de cempasúchil, des mariachis et des Catrinas. Un autel est aussi inauguré le vendredi soir. Côté assiette, on goûte pan de muerto, pozole, tlayudas ou birria, avec mezcal et micheladas. Le vendredi, la fête se prolonge jusqu’à l’aube au Säälchen, avec le Cumbia Fest.

🗓️ Du vendredi 30.10 à 16h au lundi 2.11 à 20h
🎟️ À partir de 3 €, gratuit le lundi
➔ Plus d'infos


Courir dans la Jungfernheide

Le samedi 31 octobre, le Halloween Run transforme le Volkspark Jungfernheide en parcours nocturne. On y court ou on y marche en soirée, sur 5 ou 10 km, dans un décor automnal éclairé et semé de détails façon Halloween. Les plus petits ont aussi leurs courses, d’environ 500 m et 1,2 km. À l’arrivée, il y a une médaille, un ravitaillement et des animations. Enfin, le costume reste facultatif, mais un concours récompense les plus réussis.

🗓️ Samedi 31.10
➔ Plus d'infos


Tout en rouge au Ballhaus Prinzenallee

Une couleur, une seule règle : venir en rouge. Pour la troisième année, le Rouge Kabarett de Maïmouna Coulibaly investit le Ballhaus Prinzenallee pour sa grande nuit d’Halloween. La soirée commence par une discussion. Puis s’enchaînent danse, burlesque et shows maison. Enfin, place au club, entre coupé-décalé, afrobeats, baile funk et amapiano. Sensuel, monstrueux ou glamour, on devient la créature qu’on veut être. La soirée est réservée au public FLINTA.

🗓️ Samedi 31.10 à 20h
🎟️ À partir de 10 €
➔ Plus d'infos


Danser jusqu'au bout de la nuit

A la Musikbrauerei, The Abandoned Factory 

Tout commence par un long chemin sombre. Au bout, il y a une arrière-cour déserte, puis les voûtes d’une brasserie centenaire abandonnée. Dans le brouillard, des créatures rôdent entre couloirs et halls d’usine. Pendant ce temps, la foule costumée danse sur de la house, du hip-hop ou de la techno. Une dernière salle, promettent les organisateurs, garde ses secrets.

🗓️ Vendredi 30 et samedi 31.10, dès 22 h
🎟️ À partir de 10,07 €
➔ Plus d'infos
 

Dans presque tous les clubs berlinois

Le 31 octobre, bars et clubs se mettent au diapason, de Süß war gestern à Cassiopeia, en passant par la méga-soirée de la Kulturbrauerei, avec ses dix pistes et ses vingt DJ.

➔ Plus de soirées
 

Trouver son costume d’Halloween 

Pas de fête sans déguisement. Pour acheter, Deiters aligne 2 000 m² de costumes à deux pas du Rotes Rathaus. Chez Maskworld, à Mitte, on trouve un grand choix de masques en latex réalistes. Pour louer plutôt qu'acheter, il y a Schnick Dee à Schöneberg, ou Wildberlin à Kreuzberg, qui propose aussi des tenues historiques (mieux vaut prendre rendez-vous avant de passer). 
 

L’option film d’horreur à la maison

Mais on peut aussi éteindre la lumière et ne pas bouger de chez soi. Si on veut rester classique, on choisit évidemment Halloween, la nuit des masques, de John Carpenter (1978), ou l’un des douze autres films de la série. Et si on préfère l’horreur pas trop horrible, en mode décalé ou comédie ? On recommande Shaun of the Dead (2004), où un vendeur londonien sans ambition affronte une invasion de zombies un peu malgré lui. Et aussi, Ready or Not (2019), dans lequel une jeune mariée découvre que la partie de cache-cache rituelle de sa belle-famille se joue armes à la main.


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