

De son vivant Pina Bausch ne venait pas si souvent à Berlin. Le festival Spielzeit'Europa présente cette semaine ?Die 7 Todsünden? une de de ses toutes premières créations, de celles qui ont construit la légende Pina. 35 ans après, les deux pièces n'ont rien perdu de leur force. A découvrir du 10 au 13 décembre à la Haus der Berliner Festspiele.
Pina Bausch n'est plus. Le 30 juin dernier s'éteignait la plus reconnue des chorégraphes allemandes. Elle avait 69 ans. Sa disparition n'empêche pas la troupe du Wuppertal Tanztheater qu'elle a dirigé pendant plus de 30 ans, de continuer à faire vivre son ?uvre dans les théâtres du monde entier. Du 10 au 13 décembre, c'est à Berlin qu'ils s'installent pour y rejouer une ?uvre de la première heure. ?Les 7 péchés capitaux? suivis de ?Fürchtet Euch nicht? font partie de la légende de la chorégraphe et de la danse contemporaine.
"Die 7 Tödsungen"de Pina Bausch
Un ?ballet chanté? sous l'égide de Brecht et Weil
Présentées pour la première fois en juin 1976 sur la scène du Wuppertal Theater, ces pièces marquent un nouveau pas dans la carrière de Pina Bausch : c'est la première fois qu'elle a recours au chant et et au théâtre. Elle choisit Bertold Brecht et son compositeur attitré Kurt Weil pour deux pièces qui explorent les relations hommes femmes et revisitent un thème biblique. ?Une soirée de danse qui n'en est pas une? écrit alors à à l'époque Reinhard Beuth, critique du journal Die Welt. ?Pina Bausch et son Wuppertal Tanztheater présentent la plus déglinguée des pièces jamais montrées sur une scène allemande. Et cela intentionnellement. Cette pièce ne manque ni d'humour ni d'entrain mais le fait avec magnificience. Elle est d'un dénuement extrême, d'une tristesse à pleurer et néanmoins chargée d'énergie?.
Quand elle décide de recréer cette pièce trente ans plus tard, Pina Bausch réussit à convaincre les interprètes principales, Joséphine Ann Endicott et Mechtild Grossmann de reprendre leur place sur scène. C'est sûrement ce qui rend cette re-création aussi forte et émouvante. Loin des pièces plus sages, d'aucuns diront mièvres ou édulcorées des dernières années, Die 7 Todsünden rappelle avec quelle force et quelle radicalité Pina Bausch avait éclairé le monde de la danse contemporaine dans les années 70.
La première pièce présentée au Théâtre de la ville
Ces 7 péchés capitaux sont aussi sa première ?uvre invitée au Théâtre de la ville, à Paris, qui ne cessera ensuite de présenter chaque année une pièce de la chorégraphe. Le début d'une histoire d'amour entre le public parisien et Pina Bausch qui s'était pourtant faite éreinter par la critique en 1979 pour la première. C'est ce que rappelait récemment l'ancien danseur du Wuppertal Theater Lutz Förster ?c'était très difficile dans les premières années, quand nous tournions, parce que nous n'étions pas vraiment très populaires?. Quand le Wuppertal Tanztheater revient dans le même théatre avec la même pièce en 1985, c'est le triomphe. Depuis Pina avait gardé un public parisien, fidèle, inlassable, qui allait ?voir Pina? comme on allait en procession ou à la messe. A Berlin, la Haus der Berliner Festspiele jouera à guichets fermés, ou presque. Quatre soirs pour revivre la beauté radicale d'une danse révolutionnaire, où planera l'ombre d'une chorégraphe disparue.
Stéphanie Pichon (www.lepetitjournal.de), jeudi 10 décembre 2009
?Die 7 Tödsunden? de Pina Bausch, du 10 au 13 décembre, 20h, Haus der Berliner Festspiele, 15-63 euros, rens.http://www.berlinerfestspiele.de/
{mxc}






































