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BENVENUTI AL NORD – On prend les mêmes et on recommence

Après le succès de Giù al nord , traduction du célèbre Bienvenue chez les Ch'tis et de Benvenuti al Sud (les Ch'tis à la sauce italienne), le film Benvenuti al Nord sort aujourd'hui dans les salles. Un deuxième volet consacré aux clichés sur le nord, pour une vision complète des contrastes nord/sud en Italie


Au commencement étaient Dany Boon et les Ch'tis. Avec Giù al nord (traduction du célèbre Bienvenue chez les Ch'tis), sorti en automne 2008, les Italiens découvraient avec étonnement qu'en France une mutation dans le Nord était présentée comme une sanction alors que dans la Botte, l'installation dans les grandes villes du nord a pendant longtemps été la seule réponse possible au chômage et à la pauvreté. D'où la traduction paradoxale du titre : giù, c'est-à-dire en bas, dans le sud, al nord, dans le nord?

Dans un pays où l'opposition nord-sud est encore très fortement ancrée, le filon méritait d'être exploité : défi relevé en 2010 par Luca Miniero avec le film Benvenuti al Sud, relatant les vicissitudes d'Alberto (Claudio Bisio), directeur de la poste d'une petite ville de la Brianza dont la femme rêve de vivre à Milan, muté pour faute grave dans une bourgade côtière au sud de Naples. Alberto découvre alors grâce à son ami Mattia qu'au-delà de quelques clichés tenaces il fait bon vivre dans ce sud qui n'a rien à voir avec le territoire désolé du tiers-Monde décrit par sa femme et ses amis restés au pays.

Du sud profond à Milan
Le metteur en scène, qui désirait faire un film sur la tolérance en utilisant l'ironie pour apaiser les tensions régionales attisées par la Ligue du nord, aurait pu s'en tenir là. Estimant cependant qu'il était nécessaire de montrer le revers de la médaille, il a décidé de raconter la fin de l'histoire : Alberto et Silvia vivent désormais à Milan mais le stress les guette tandis que Mattia, qui a fini par se marier avec Maria, n'arrive toujours pas à couper le cordon ombilical. Un malheur n'arrive jamais seul : sa femme le quitte et le voilà muté à Milan où il est reçu par Alberto, qui connaît lui aussi quelques déconvenues conjugales. Après le choc culturel éprouvé en arrivant dans la grande ville du nord, Mattia apprendra à apprécier les côtés positifs de ce monde qui semble diamétralement opposé au sien.

Encore une fois, le but de Luca Miniero est avant tout de faire rire : toutefois, sans avoir l'ambition de réaliser un film sur l'importance de l'unité nationale (c'est le thème de l'année !), il entend « insister sur le fait que notre seule et unique force réside dans le fait que nous sommes unis. Sans cette unité, nous sommes perdus? Ce film qui joue sur les vices et les vertus des Italiens voudrait représenter une étape de cette prise de conscience ». Mais les plaisanteries les plus courtes étant les meilleures , ce film sur lequel planent les ombres de deux grands comiques napolitains de l'envergure de Totò et de Massimo Troisi, réussira-t-il encore à faire sourire en tirant les mêmes ficelles que le précédent ? Réponse à partir d'aujourd'hui dans les salles de cinéma.

Bande Annonce officielle de "Benvenuti al Nord"

 

Christine Correale (www.lepetitjournal.com/Turin) Jeudi 19 janvier 2012

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