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Qui était... Agustí Centelles ?

Par Alexandra Pichard | Publié le 26/07/2018 à 17:39 | Mis à jour le 26/07/2018 à 17:42
Photo : anonyme
agusti centelles

Celui qu’on appelle le "père du photo-journalisme" ou encore le "Robert Capa espagnol" est le pionner espagnol du reportage sous la forme de clichés, une figure de la Guerre Civile espagnole et un des plus grands photographes de l’histoire de la Péninsule. 

 

Né à Valence en 1909 et aillant grandi à Barcelone, la vie de Agustí Centelles bascule un matin de juillet 1936, où en ouvrant les journaux il apprend le coup d’Etat du général Franco, et devient un des premiers à arriver au cœur des affrontements qui se tiennent dans la capitale catalane. Armé de son appareil Leica, il commence à immortaliser les événements et les atrocités de la Guerre Civile espagnole. C’est lui qui capturera l’image des Républicains combattant derrière une barricade de chevaux morts ou encore la seule photo du célèbre George Orwell, qui combattait dans les rangs de la POUM, ce qu’il raconte dans son livre "Hommage à la Catalogne". Il est un des premiers à choisir le matériel du photoreportage, qu’il découvre en réalisant des reportages sur la vie sociale et culturelle catalane durant la Seconde République. C’est ainsi qu’il offre une perspective de la Guerre Civile au sein même du camp républicain et montre la réalité de manière brutale avec une force expressive qui tranche avec tous les clichés de l’époque. 


Son œuvre représente un témoignage visuel de cette période historique, allant du coup d’Etat jusqu’aux camps de concentration pour Républicains en France, où il sera lui-même confiné. Collaborant avec les journaux La Humanitat, L’Opinio, ou encore La Vanguardia, il cache une malle de diapositives en France quand il est contraint de s’exiler, en promettant de revenir les chercher un jour. A la fin du régime franquiste, il tient sa parole et expose ses photos en Espagne. En 1984, il reçoit le Prix national de la photographie, une consécration pour celui qui avait été interdit d’exercice pendant la dictature franquiste. Léguant son œuvre comme patrimoine de l’humanité et des citoyens espagnols, c’est en réalité une véritable mémoire et un génie digne des photographes les plus connus qu’il a transmis au peuple catalan et du reste de la Péninsule. 

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