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PARITÉ - 90% des entreprises espagnoles n'appliquent pas de mesures

Par Lepetitjournal Barcelone | Publié le 20/12/2016 à 23:00 | Mis à jour le 20/12/2016 à 19:39

Encore aujourd'hui, la parité hommes-femmes dans la sphère professionnelle semble bien difficile, voire utopique. Les entreprises espagnoles sont de mauvais élèves en la matière, puisque seulement 10% d'entre elles s'efforceraient à mettre en place des mesures pour l'égalité des sexes en termes de salaires et de conditions de travail.  

(photo domaine public) En Espagne, la loi LOIEMH appelée "loi pour l'égalité" (ley orgánica 3/2007 de 22 de marzo, para la igualdad efectiva de mujeres y hombres) reconnait l'égalité entre les femmes et les hommes comme un principe juridique universel, et a été mise en place pour tenter d'éliminer les différentes formes de discriminations aux femmes. Le texte a pour objectif d'améliorer l'employabilité et le maintien en activité des femmes, de développer leur formation et leur adaptabilité au marché du travail.  À travers cette loi, les entreprises de plus de 250 employés sont soumises à une obligation de moyens pour réduire les inégalités entre hommes et femmes ; les employeurs doivent mettre en place un plan d'égalité qui définit des mesures écartant tout type de discrimination de sexe entre les employés. 

Les femmes sont payées 19% moins cher que les hommes
Le cabinet de consulting Leialta a réalisé une analyse du marché de l'emploi espagnol afin de savoir si les entreprises font réellement des efforts dans ce domaine. Les résultats de l'étude, publiés ce mois-ci, sont sans appel : 90% des entreprises espagnoles de plus de 250 employés n'appliquent aucunes mesures pour réduire les inégalités entre hommes et femmes, et ne respectent donc pas la loi pour l'égalité en place depuis 2007. Selon les données récoltées par l'organisme, l'égalité professionnelle est loin d'être une réalité en Espagne, où le pourcentage de femmes présentes parmi les membres des conseils d'administration des entreprises de l'IBEX-35 (l'indice boursier de référence espagnol) ne dépasserait pas les 20%. Selon les données de l'enquête de population active, le taux de chômage féminin grimpe jusqu'à trois points au-dessus de celui des hommes. L'élément le plus révélateur de ces inégalités est certainement le fait qu'à compétences et postes égaux, la rémunération des femmes reste 18,8% inférieure à celle de leurs collègues masculins. 

L'égalité partout et pour tous(tes)
L'ensemble des entreprises espagnoles doivent veiller au traitement de leurs employés de manière égale, même si elles ne sont pas concernées par les obligations spécifiques des entreprises de plus de 250 salariés. Toutes les organisations doivent adopter, "de manière proactive", des mesures concrètes pour faire disparaitre les discriminations de sexe dans leur structures. La loi réclame des mesures observables pour pouvoir évaluer les engagements des employeurs.
Pour inciter les entreprises à s'impliquer dans le débat, l'Espagne a mis en place une récompense qui est remise aux sociétés qui brillent particulièrement pour leurs plans de réduction des inégalités. Le Distintivo de Igualdad est remis par le ministère de la Santé, des Services sociaux et de l'Égalité aux entreprises qui remplissent les critères suivants : une participation équilibrée entre hommes et femmes, une présence équilibrée entre les différentes catégories professionnelles, la réalisation d'actions de responsabilité sociale dans le domaine de l'égalité, ou encore la mise en place de critères de rémunération spécifiques.

La parité est bénéfique à l'entreprise
Outre l'obligation légale liée à l'égalité de traitement entre hommes et femmes en entreprise, le cabinet Leialta met en avant d'autres motivations pouvant inciter les employeurs à mettre en place des mesures d'égalité. En effet, ces plans présenteraient en réalité de nombreux avantages pour les entreprises. On peut citer par exemple une amélioration de la productivité suscitée par le regain de motivation des employées qui se sentent traitées et payées comme des égales de leur collègues, ainsi qu'une hausse de la compétitivité. De plus, si la loi espagnole prévoit des sanctions financières aux entreprises qui ne feraient pas d'efforts, il est important de souligner qu'elle prévoit également des subventions allant jusqu'à 10.000 euros aux entreprises de 30 à 250 salariés qui s'impliquent dans la parité homme-femmes.

Perrine LAFFON (www.lepetitjournal.com - Espagne) Mercredi 21 décembre 2016
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