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TEMPLE AUX TIGRES: Les volontaires ignoraient pour le trafic de tigres

Par Catherine Vanesse | Publié le 16/06/2016 à 22:00 | Mis à jour le 16/09/2019 à 02:58
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Deux volontaires au temple du tigre depuis plusieurs années, ont répondu aux questions des journalistes mercredi lors d'une conférence.

Deux anciennes volontaires au Temple du tigre de Kanchanaburi se sont exprimées mercredi lors d'une table ronde organisée par le Foreign Correspondant Club Of Thailand (FCCT) sur leurs expériences respectives et les conditions de vie des tigres.

Chatraporn Thamtong et Tanya Erzinlioglu ont toutes les deux travaillé pendant 7 et 6 ans à prendre soin quotidiennement des tigres présents au sein du temple. Une activité qu'elles ont menée avec passion pour le bien des animaux qui, selon elles, vivaient dans un cadre adéquat.

Il y a quelques semaines, en même temps que la presse et le public, elles ont découvert les agissements de certains moines et leur implication dans un trafic de tigres. Choquées par ce qu'elles ont appris et déçues de se retrouver séparer des animaux dont elles ont pris soin pendant plusieurs années, elles sont aujourd'hui inquiètes pour les félins et du traitement qui leur est accordé.

Chatraporn Thamtong est arrivée au temple il y a sept ans, au départ sceptique sur ce genre d'attraction et les rumeurs sur les traitements infligés aux tigres, elle explique que son expérience de volontariat lui a fait changer d'avis. "Avant, je pensais que les tigres étaient drogués, aujourd'hui je suis sûre à 100% qu'il ne l'était pas". Tanya Erzinlioglu, qui est passée de voyageuse en Thaïlande à volontaire permanente depuis six ans à Kanchanaburi, ajoute : "Les tigres dorment de 18 à 20 heures par jour, le temple n'est pas ouvert le matin qui est la période où on les laisse sortir, jouer, où ils sont nourris".

Les jeunes femmes précisent également certaines améliorations qui ont été apportées au fur et à mesure pour le bien-être des félins. ?Les tigres sont passés de cages à un enclos, puis des enclos plus spacieux, le plus proche possible de leur espace naturel avec des bassins, des grottes, des arbres, des endroits pour se cacher? explique Tanya. ?Aujourd'hui, je suis inquiète des conditions dans lesquelles sont les tigres, ils sont passés d'un enclos plus naturel à une cage en béton de 10 mètres sur 4 ce qui est près de la moitié de ce qu'ils avaient à Kanchanaburi. Les tigres ont l'habitude d'être en contact avec des gens, ils sont nés en captivité, ont grandi en présence de l'homme et maintenant on les sépare? continue Tanya.

Pour les deux femmes, le plus difficile, c'est la séparation avec les animaux. "On les a vus grandir, on les connaît, on sait comment ils réagissent, on est capable de détecter le moindre changement dans leur comportement".

Concernant les chefs d'accusation qui pèsent sur le temple après la découverte par le ministère des Parcs nationaux, de la faune et de la flore (DNP) de plusieurs dizaines de carcasses de bébés tigres congelés ainsi que des parties de corps conservées dans du vinaigre ou du vin, Tanya et Chatraporn affirment qu'elles l'ignoraient, qu'elles n'avaient pas conscience du trafic auquel les moines participaient. "Cela été un choc le jour où j'ai appris tout ce qu'ils avaient découvert dans le temple. Pendant les années où j'ai travaillé comme volontaire, je n'avais absolument pas conscience de cela, ce n'est qu'à partir de la disparition de trois tigres l'année dernière que j'ai réalisé qu'il se passait quelque chose de mauvais". De propos que confirme Chatraporn.

Depuis février, 147 tigres ont été saisis au Wat Pa Luangta Maha Bua et ont été déplacés dans dans centre dans la province de Ratchaburi par le DNP et l'attraction a été fermée au public. Edwin Wiek, le fondateur de Wildlife Friends Foundation Thailand, également présent à la conférence, conclut : "La fermeture du temple n'est pas un succès, saisir les tigres non plus surtout que les conditions de vie pour les animaux étaient suffisantes. Il y avait trop de tigres pour l'espace bien sûr, en saisir la moitié aurait été suffisant. Ce qu'il faudrait avant tout, c'est que toutes les personnes impliquées dans le trafic d'animaux sauvages soient jugées devant un tribunal. Je suis inquiet de là où sont les tigres en ce moment et de ce que le DNP va en faire".

Catherine VANESSE vendredi 17 juin 2016

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Catherine Vanesse

Installée en Thaïlande depuis 2013 après avoir travaillé pendant 8 ans pour RTL Belgique, Catherine a collaboré avec des médias francophones locaux avant de devenir co-rédactrice en chef pour Lepetitjournal.com Bangkok (et correspondante RTL Belgium)
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