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Songkran: quelques conseils pour que fête ne rime pas avec défaite 

Par Peyoun CASTILLO | Publié le 12/04/2019 à 00:00 | Mis à jour le 12/04/2019 à 09:01
Photo : LPJ Bangkok -
Songkran-Prevention-Thailande

Les Thaïlandais sont très heureux et fiers de voir que Songkran attire de nombreux étrangers venus des quatre coins du monde. Mais dans ce grand moment de défoulement populaire qu'est le Festival de l'eau, la grande majorité des habitants du royaume suivent malgré tout l’air de rien un certain nombre de règles, tout à fait naturelles pour eux mais beaucoup moins pour les étrangers. Pour éviter de gâcher la fête par des comportements inappropriés, voici quelques conseils simples

La façon de verser ou de lancer l'eau se fait sans force excessive ni agressivité. On est là pour se faire plaisir et communiquer sa joie à chaque interaction, pas pour se faire du mal (moralement ou physiquement). De plus, la plupart des Thaïlandais observent naturellement des principes de savoir-vivre qui s'inscrivent dans la culture du "Kreng Jai" (le souci de ne pas causer de gêne à autrui). 

Si voulez jouer les Rambo en faisant des cartons avec les plus puissants fusils à eau à haute pression, attention de ne pas tirer à bout portant ni de viser le visage, les accidents sont malheureusement fréquents avec ce genre de "joujoux".

Attention aussi à ce qui se trouve derrière vos cibles ou derrière vous. Il peut par exemple y avoir des vendeurs de rue qui cuisinent dans des woks emplis d'huile bouillante: la moindre goutte d'eau dans le récipient peut entrainer une violente réaction et produire des accidents, sinon une grande gêne. Les Thaïlandais connaissent leur environnement et font généralement attention à ce genre de détails qui peuvent facilement échapper à l'oeil étranger d'autant peu préparé à de tels cas de figure qu'il ne serait pas concevable dans certains pays d'avoir de l'huile bouillante posée ainsi sur un trépied dans la rue -encore moins avec des centaines de joyeux drilles s'arrosant à foison !

Attention à l'eau

Idem pour le respect des intérieurs, on joue comme des fous dehors, mais on prend soin de ne pas arroser en direction de la salle d'un restaurant, l'intérieur d'un magasin ou le hall d'un immeuble. 

Parmi les interdictions, la junte au pouvoir a proscrit la vente et la consommation d'alcool dans plusieurs zones ludiques comme Silom Road ou Royal Crowne Avenue (RCA) à Bangkok. L'usage de fusils à eau à haute-pression peut également être interdit dans certains endroits. Mieux vaut aussi éviter de mélanger de l'argile, des colorants ou de la glace à l'eau.

Côté hygiène, il faut savoir que certains arroseurs s'approvisionnent directement dans le canal du coin comme c'est le cas autour des douves de Chiang Mai ou aux abords du fleuve Chao Praya à Bangkok.

Pour protéger les appareils électroniques et votre portefeuille, il est possible de se procurer des pochettes plastiques spécialement prévues à cet effet au 7/Eleven du coin ou sur des stands aux abords des zones ludiques. Par contre, attention aux pochettes accrochées autour du coup car les pick-pockets eux aussi sont à la fête, et ils n'auront aucun mal, dans l’effervescence de Songkran, à couper la corde et partir avec le tout sans que vous ne sentiez rien.

Tenue correcte exigée

La télévision thaïlandaise fait chaque année ses choux gras d'images d'étrangers complètement ivres gisant dans leur vomi, surpris dans des postures pathétiques, à moitié nus, des images de femmes en bikini ou d'hommes dessous moulants révélant plus qu'il n'en faut de leur anatomie, etc. Attention donc aux tenues trop sexy et/ou transparentes, notamment le bon vieux t-shirt blanc qui, une fois mouillé, révèlera tout ce qu’il couvre. Il y a d'ailleurs depuis quelques années sur la rue de Khao San, des check-points policiers pour vérifier que les tenues (et les armes) sont appropriées.

La tenue vestimentaire et le comportement sont des aspects très importants auxquels les Thaïlandais sont très sensibles. Même si la liesse de Songkran et le fait de jouer avec l'eau sous le soleil brûlant peuvent facilement évoquer la plage, il est inapproprié aux yeux des Thaïlandais de se déplacer dans les rues d'une ville comme Bangkok torse nu en maillot de bain ou en bikini. Les Thaïlandais ne le font pas, sauf -quelques rares exceptions- à l'occasion de Songkran.

Evidemment, dans un pays ou le culte du sexy est très prégnant, on pourrait penser que le T-shirt blanc mouillé sur un corps nu serait chose tout à fait acceptée, mais c'est en réalité mal vu voire choquant pour la plupart des Thaïlandais, même si de plus en plus de jeunes s'y essayent durant Songkran. Des interpellations pour attentat à la pudeur ont lieu chaque année. Mais, si ce n'est de la police, les ennuis peuvent venir de groupes de harceleurs.

Pour éviter les ennuis si vous célébrez Songkran dans la rue, il est donc conseillé de porter des dessous sous votre T-shirt ou au moins un T-shirt foncé. Mais pour qui veut passer un Songkran torride sans soucis, il est toujours possible d'aller dans un lieu privé : certains hôtels et resorts organisent en effet des grandes journées et soirées de Songkran bien plus permissifs.

Bien chaussé(e), bien hydraté(e)

Se chausser de claquettes (tongs ou flip-flop) peut être "casse-gueule". Une fois que le dessous de vos pieds sera mouillé vous glisserez tout simplement sur vos propres semelles. Et puis certaines surfaces dans la rue ont pavement poli, extrêmement glissant avec ce genre de chaussures. Ajoutons à cela que, dans la bataille de chaque instant qui vous attend, vous aurez à jouer de vos appuis pour tromper l'ennemi (hop, hop,…) et éviter les salves d'eau : mieux vaut donc être équipé de chaussures qui "tiennent" pour éviter la glissade du siècle et de potentielles fractures du coude, du poignet ou encore du coccyx.

Il faut penser à s'hydrater. Ce n'est pas parce que l'on est trempé et arrosé sans cesse que l'on n'a pas besoin de boire, au contraire. Il fait chaud et l'on bouge beaucoup, donc on transpire, et de fait on se déshydrate. Le coup de chaleur guette!

"Couvre-feu"

On cesse de s’arroser à partir de la tombée de la nuit en général, sauf dans les zones festives bien définies comme Khao San et Silom à Bangkok. Il est donc mal venu, en dehors de ces endroits privilégiés, de continuer à arroser les gens après le coucher du soleil.

Pour rentrer au bercail, il important de prévoir le fait que d'une part les taxis sont plus rares à Bangkok pour Songkran - beaucoup sont rentrés dans leur province pour les fêtes - et d'autre part qu'ils risquent fort de ne pas vouloir vous prendre car vous serez très vraisemblablement trempés et couverts d'argile -sans compter qu'entrer mouillé dans l'air conditionné d’un taxi promet au moins un bon rhume. Dans ce cas, le transport idéal est le tuk-tuk, mais les places sont chères dès lors que l'on se trouve sur les principaux spots comme Khao San, Ratchaprasong ou Silom.

Si vous êtes motorisés, que ce soit en voiture ou à moto, attention à l'abus d'alcool. Cela d’autant que les taux d'accidents mortels les plus élevés en Thaïlande sont atteints durant les congés de Songkran avec une moyenne avoisinant les 60 morts par jour! En cause, la vitesse excessive et la conduite en état d’ivresse. En 2017, 390 personnes ont péri durant cette période, la plupart étaient des motocyclistes. 

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1 Commentaire (s)Réagir
Commentaire avatar

Bébert mar 24/04/2018 - 09:09

Et le nec plus ultra : rester à l’écart du détournement commercial d’une belle tradition en rave party débilitante pour le plus grand profit des barons de la bière. Le tout épongé au sang. Hier autour des douves de Chiang Mai un adolescent juché à l’arrière d’un véhicule utilitaire a accompagné de tout le corps son enthousiaste lancer d’eau. Le crane éclaté, il passe Songkran au frais, à la morgue.

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