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Nouvelle plainte contre l’étoile montante de la politique thaïlandaise

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 05/04/2019 à 00:00 | Mis à jour le 05/04/2019 à 05:11
Photo : LILLIAN SUWANRUMPHA / AFP -
Anakot-Mai-Thanathorn-Thailande

Le leader du parti Anakot Mai (de son nom anglais Future Forward), qui a émergé comme une nouvelle force politique en Thaïlande lors du scrutin des législatives le mois dernier propulsé en bonne partie par la jeune génération d’électeurs, est accusé d'incitation au trouble de l’ordre public, a-t-il déclaré mercredi, estimant que ses derniers ennuis juridiques étaient teintes de "motivation politique" par la junte.

Le milliardaire Thanathorn Juangroongruangkit dirige le parti Anakot Mai, qui signifie "Nouvel Avenir", formation sortie de nulle part l’an dernier et qui a recueilli plus de six millions de voix lors du vote du 24 mars, le premier scrutin national depuis le coup d'État de 2014.

Anakot Mai a rejoint une coalition anti-junte avec six autres partis revendiquant le droit de former un gouvernement à la suite du scrutin litigieux, dont les résultats complets ne seront pas validés avant le 9 mai.

Mais le jeune magnat reconverti à la politique a déclaré sur Facebook qu'il avait été convoqué samedi au commissariat de police de Pathum Wan dans le centre de Bangkok pour entendre des accusations d'incitation au trouble dirigées contre lui et passibles d'une peine pouvant aller jusqu’à sept ans de prison.

Il a écrit sur sa page Facebook, où il a également posté la convocation, que l’action intentée contre lui relevait d’"un vieux jeu politique" dont il s’attendait à ce qu’il augmente en intensité après les gros résultats de son parti lors des élections.

S'adressant aux journalistes mercredi, Thanathorn répondu au gouvernement de la junte, à l’origine de la plainte.

"Ce n'est pas le parti Anakot Mai qui cause la division du peuple, mais l'armée qui veut conserver le pouvoir", a-t-il déclaré.

"J'appelle à un rétablissement de la démocratie en Thaïlande ... ces affaires ont des motivations politiques."

Une affaire vieille de 4 ans

Selon un policier, Charoensit Jongitthi, il y aurait au total deux accusations liées aux agissements de Thanathorn en 2015, mais l’enquêteur n’a pas souhaité donner davantage de détails.

Néanmoins, jeudi, le chef adjoint de la police thaïlandaise, General Srivara Rangsibhramanakul, à assuré auprès du journal The Nation qu’il ne voyait aucune raison de percevoir quelque motivation politique, citant la date du délit supposé et rappelant les faits : le 24 juin 2015 vers 22 heures, un groupe de sept suspects, dont Rangsiman Rome, avaient refusé d’entrer dans le poste de police de Pathum Wan pour reconnaître les accusations portées contre eux et avaient préféré se tenir à proximité. Ils auraient ensuite été récupérés par une fourgonnette blanche propriété d'une entreprise appartenant à la mère de Thanathorn. Selon le chef adjoint de la police, Thanathorn était avec les suspects ce jour-là, il affirme aussi que sa mère aurait chargé des avocats de s'occuper de cette affaire.

Thanathorn fait déjà l'objet d'une enquête en vertu de la loi thaïlandaise sur les crimes informatiques pour avoir prétendument répandu de fausses informations en critiquant la junte lors d'une discussion en direct sur Facebook l'année dernière.

Anakot Mai est un élément clé de la coalition anti-junte dirigée par le parti Puea Thai, parti lié au premier ministre auto-exilé, Thaksin Shinawatra.

Le "front démocratique" comme cette coalition se qualifie elle-même, affirme avoir plus de la majorité des sièges à la chambre basse, mais le parti Phalang Pracharat, soutenu par la junte, a remporté le vote populaire.

Des décomptes de voix incohérents, des chiffres erronés et plus de deux millions de bulletins de vote invalidés ont complètement décrédibilisé le scrutin.

Le parti de la junte propose ni plus ni moins que le meneur du coup d'Etat de 2014, Prayuth Chan-O-Cha, comme candidat au poste de Premier ministre.

L’ancien chef de l’armée est fortement favorisé pour ce poste grâce à une Constitution écrite par la junte qui prévoit une chambre haute de 250 sénateurs nommés - choisis par l’armée - qui voteront pour désigner le Premier ministre.
 

1 Commentaire (s) Réagir
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jacques ven 05/04/2019 - 12:19

les dictateurs continuent

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