L'héritier Red Bull toujours pas inculpé

Par Eric DESEUT | Publié le 08/05/2013 à 22:00 | Mis à jour le 24/07/2020 à 04:41

En désaccord avec le dossier présenté par la police, le procureur repousse pour la troisième fois la mise en examen de Vorayuth Yoovidhya et invite les enquêteurs à revoir leur copie.

Le petit-fils du créateur de la boisson énergisante Red Bull a causé la mort d'un policier motocycliste alors qu'il fonçait sur l'avenue Sukhumvit au volant de sa Ferrari aux premières heures du 3 septembre 2012. Le jeune homme avait ensuite trainé le corps de sa victime sur plusieurs mètres avant de se réfugier dans la demeure familiale sans alerter les secours. La police avait facilement retrouvé sa piste en suivant des traces d'essence, mais avait dû patienter plusieurs heures avant d'être admise dans le fief des Yoovidhya. Ce délai avait été mis à profit pour tenter de faire porter la responsabilité de l'accident au chauffeur de la famille. Un policier du commissariat de Thong Lor avait d'ailleurs été suspendu pour avoir cautionné le stratagème.

Des suspicions de prise de drogue ont été un temps évoquées avant de s'évaporer du dossier. La police a ensuite choisi de ne pas retenir la circonstance aggravante de conduite en état d'ivresse bien que les tests d'alcoolémie se soient avérés positifs. Après avoir tenu les enquêteurs à distance, Vorayuth prétend n'avoir consommé de l'alcool qu'après l'accident pour apaiser son désespoir. Traumatisme vite mué en remord chichement mesuré puisqu'il a conduit ce propriétaire d'un bolide estimé à 30 millions de bahts (775.000 €) à offrir un dédommagement de 3 millions de bahts (77.500 €) à la veuve du policier, mère d'un enfant en bas âge.

En revanche, le procureur ne peut accepter que la vitesse excessive ait disparu du dossier, car une caméra a fourni une mesure précise : 170 km/h. Il a donc repoussé la mise en examen du jeune homme au 19 juin.

La balance de la justice continue à osciller avant de déterminer l'intensité des foudres qu'elle projettera sur Vorayuth. Désormais largement commenté sur les réseaux sociaux, ce type de fait-divers ne passe plus inaperçu et cause un ressentiment croissant au sein de la population thaïlandaise lassée par le traitement de faveur accordé au cénacle des privilégiés.

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