Alors que cinq cas de virus Nipah ont été signalés en Inde depuis mi-janvier, la Thaïlande renforce sa vigilance aux frontières. Le Premier ministre appelle la population à ne pas céder à la panique.


Depuis le 12 janvier 2026, au moins cinq cas de contamination au virus Nipah ont été recensés en Inde, notamment dans les États du Bengale occidental et du Bihar. Une résurgence qui ravive les inquiétudes sanitaires dans la région et pousse plusieurs pays voisins, dont la Thaïlande, à renforcer leurs dispositifs de surveillance.
Une maladie connue mais redoutée
Classé comme maladie transmissible dangereuse par le ministère thaïlandais de la Santé publique, le virus Nipah n’est pourtant pas nouveau. « Il s’agit d’une maladie récurrente, qui survient de manière épisodique dans des régions spécifiques », explique le Dr Wongsawat dans le journal The Nation. Identifié pour la première fois à la fin des années 1990, ce virus reste toutefois particulièrement préoccupant en raison de sa forte létalité et de l’absence de traitement curatif.
Des modes de transmission multiples
Le virus se transmet principalement de l’animal à l’homme, en particulier par les chauves-souris frugivores, considérées comme son principal réservoir naturel. D’autres animaux peuvent également jouer un rôle dans la transmission, notamment les porcs, mais aussi les chevaux, les chats et les chiens. La contamination d’humain à humain est possible lors de contacts étroits, via les fluides corporels tels que la salive, l’urine ou les excréments. Elle peut également survenir par la consommation d’aliments contaminés, notamment des fruits crus ou mal lavés.
Des symptômes parfois fulgurants
Les premiers symptômes sont souvent pseudo-grippaux : fièvre, maux de tête sévères, douleurs musculaires, maux de gorge ou toux. Dans les formes plus graves, la maladie peut évoluer vers des infections respiratoires aiguës ou une encéphalite, entraînant somnolence, confusion, convulsions et, dans certains cas, un coma en 24 à 48 heures. Si certains patients se rétablissent complètement, environ 20 % d’entre eux peuvent souffrir de séquelles neurologiques à long terme, telles que des convulsions persistantes ou des changements de personnalité.
Une mortalité élevée, sans traitement curatif
Le taux de mortalité du virus Nipah se situe entre 50 % et 70 %, bien que certaines sources avancent des chiffres légèrement inférieurs. À ce jour, aucun vaccin ni remède n’existe, même si une prise en charge médicale permet de traiter les symptômes. Les autorités sanitaires rappellent toutefois que le virus est moins transmissible que le Covid-19, car il ne se propage pas par voie aérienne.
L’Inde sous surveillance, la Thaïlande sur le qui-vive
Face à cette nouvelle flambée en Inde, le consulat général de Thaïlande à Kolcata (anciennement Calcutta) a appelé les pèlerins et voyageurs à faire preuve d’une hygiène stricte, recommandant notamment d’éviter les aliments suspects, les fruits crus et de se tenir informés de l’évolution de la situation sanitaire. En Thaïlande, aucun cas de virus Nipah n’a été détecté à ce stade, mais les autorités ont renforcé les contrôles aux frontières. Le ministère de la Santé publique s’appuie sur l’approche « One Health », un vaste réseau réunissant les services de contrôle des maladies, le ministère du Développement de l’élevage et les agences de santé animale. Des mesures supplémentaires ont été mises en place dans les aéroports de Suvarnabhumi, Don Mueang et Phuket, avec des contrôles de température et des évaluations médicales ciblant notamment les voyageurs en provenance du Bengale occidental. Les personnes présentant des symptômes suspects peuvent être placées en quarantaine pour des examens approfondis.
Le Premier ministre thaïlandais appelle au calme
Le Premier ministre thaïlandais est lui-même intervenu pour rassurer la population. Il a assuré que les systèmes de dépistage sanitaire avaient été ajustés sur le modèle utilisé lors de l’épidémie de Covid-19, tout en soulignant qu’il n’y avait pas lieu de céder à la panique. Anutin Charnvirakul a également rappelé que le virus se transmet par les fluides corporels et non par voie aérienne, limitant ainsi les risques de propagation massive. La vigilance reste toutefois de mise, d’autant plus que les chauves-souris frugivores, principaux vecteurs du virus, sont également présentes en Thaïlande, comme l’a souligné le virologue Yong Poovorawan.










