Mardi 4 août 2020

Le FFP accuse l’ex-junte thaïlandaise d’implication dans le 1MDB

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 24/02/2020 à 01:46 | Mis à jour le 25/02/2020 à 03:11
Photo : REUTERS / Soe Zeya Tun -
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Le parti d'opposition dissous vendredi par la Cour constitutionnelle de Thaïlande, a accusé dimanche l'ancienne junte militaire d'avoir aidé à couvrir le scandale malaisien de plusieurs milliards de dollars, 1MDB, exhortant les Thaïlandais à exiger la vérité avant un débat de censure contre le Premier ministre Prayuth Chan-ocha.

Anakot Maï, connu aussi sous le nom anglais de Future Forward Party (FFP), a été dissous vendredi par la Cour constitutionnelle de Thaïlande pour avoir accepté un prêt de la part de son fondateur.

La dissolution du troisième parti du Parlement a été largement dénoncée par les défenseurs de la démocratie comme un moyen d'affaiblir l'opposition au gouvernement ultra-conservateur de Prayuth Chan-O-Cha, arrivé au pouvoir lors du coup d'État militaire de 2014 avant les élections de l'année dernière gagnées par son parti pro-armée.

La porte-parole d’Anakot Maï, Pannika Wanich, a déclaré dimanche lors d'une conférence de presse que la junte avait travaillé avec l'ancien gouvernement de la Malaisie pour arrêter un lanceur d'alerte dans l'affaire 1MDB en 2015 et avait autorisé des délinquants financiers à opérer en Thaïlande, au risque de nuire aux relations internationales du royaume.

"Le gouvernement de la junte aspirait à une acceptation internationale après le coup d'État (...) et a formé une alliance obscure avec la Malaisie", a déclaré Pannika Wanich.

"La seule personne qui peut émettre de tels ordres est le Premier ministre Prayuth Chan-O-Cha", a-t-elle précisé, citant des irrégularités concernant l'arrestation et les aveux du Suisse Xavier Justo, premier lanceur d'alerte dans l'affaire 1MDB arrêté en Thaïlande en 2015.

La porte-parole du parti déchu a également affirmé que les autorités thaïlandaises avaient permis au financier malaisien Low Taek Jho, connu sous le nom de Jho Low, d'entrer dans le pays au moins cinq fois entre octobre 2016 et mai 2018, alors qu'il faisait l’objet d’une notice rouge d'Interpol émise par Singapour.

Low avait été inculpé en Malaisie et aux États-Unis pour le vol présumé de 4,5 milliards de dollars du 1Malaysia Development Berhad (1MDB), créé avec son aide par l'ancien Premier ministre malaisien Najib Razak, pour promouvoir le développement économique.

Au moins six pays, dont les États-Unis, ont lancé des enquêtes criminelles pour blanchiment d'argent et mauvaise gestion financière en lien avec les transactions autour du 1MDB.

Low a rejeté les accusations. On ne sait pas où il se trouve. Le gouvernement thaïlandais a nié toute implication.

"Ces accusations ne sont pas vraies (...) et créent de la confusion dans la société", a déclaré la porte-parole du gouvernement, Narumon Pinyosinwat.

"Toute allégation fausse sera suivie d'une action en justice", a-t-elle ajouté.

Le parti Anakot Maï a déclaré que s’il était au pouvoir, il aurait ouvert une enquête sur la corruption et le blanchiment d'argent liés à l'affaire 1MDB.

"Si nous étions au gouvernement, nous enquêterions. Nous voulons un gouvernement qui se comporte en voisin responsable et agisse avec dignité", a déclaré Pannika Wanich.

"Etant donné que nous avons été dissous, nous ne pouvons pas, mais les Thaïlandais peuvent exiger la vérité."
 

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