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Deux moines tués et deux autres blessés dans le sud de la Thaïlande

Par Agence France Presse | Publié le 19/01/2019 à 11:16 | Mis à jour le 18/02/2019 à 04:40
Photo : Madaree TOHLALA / AFP - Des moines bouddhistes passent devant un policier thaïlandais armé sécurisant l'enceinte du temple Rattanaupap dans la province de Narathiwat le 19 janvier 2019 à la suite d'une attaque par des hommes armés qui ont tué deux moines
temple sud thailande

Deux moines bouddhistes ont été tués et deux autres blessés, à l'intérieur d'un temple dans l'extrême sud de la Thaïlande, en proie à une rébellion séparatiste musulmane qui connaît un regain de violences ces derniers jours, a indiqué samedi la police.

Vendredi, vers 19H30 heure locale (12H30 GMT), "un nombre indéterminé d'hommes armés vêtus de noir est entré dans le temple" de Rattanaupap, dans le district de Sungai Padi, près de la frontière malaisienne, a indiqué à l'AFP le colonel Pakdi Preechachon, directeur du poste de police de Sungai Padi.

"Les assaillants se sont servis de fusils lors des attaques", a-t-il ajouté. L'attaque n'a pas été revendiquée.

Un imam a été tué le 11 janvier dans la même partie du pays, a indiqué la police, sans préciser si ce meurtre et l'attaque dans le temple pouvaient être liés.

En attendant, des mesures de sécurité supplémentaires vont être diligentées en faveur des responsables de la communauté musulmane de la région. Et les autorités ont demandé aux moines de ne plus pratiquer l'aumône dans trois provinces du sud.

Le Premier ministre Prayut Chan-O-Cha, chef de la junte militaire, au pouvoir depuis 2014, a condamné les attaques, demandant que les responsables soient "punis" et assurant que son gouvernement "ferait de son mieux pour protéger le pays et sa population".

Le bureau du Sheikh ul-Islam, qui représente la communauté musulmane en Thaïlande, a dénoncé les violences envers les moines et exprimé ses condoléances.

"Un crime de guerre"

"Aucune religion n'enseigne le meurtre d'innocents, c'est l'oeuvre d'un groupe qui veut créer la division", a déclaré samedi ce bureau dans un communiqué.

Cette attaque, "menée apparemment par les séparatistes" constitue "un crime de guerre", a estimé de son côté Brad Adams, directeur Asie de l'ONG Human Rights Watch (HRW), dans un communiqué.

Depuis 2004, la Thaïlande, majoritairement bouddhiste, est aux prises avec une insurrection séparatiste dans plusieurs provinces à majorité musulmane frontalières de la Malaisie, un conflit qui a fait près de 7.000 morts, en majorité des civils.

Au moins 23 moines bouddhistes ont été tués depuis 2004, selon HRW. Les violences se sont intensifiées ces derniers jours.

Parallèlement à l'attaque contre les moines, deux attentats à la bombe ont fait vendredi quatre blessés au sein des forces de sécurité et un séparatiste a été abattu lors d'un affrontement distinct près d'une école, d'après des sources policières et militaires.

Le 10 janvier, quatre supplétifs de l'armée ont été abattus devant une école où ils assuraient la protection des enseignants.

Le Barisan Revolusi Nasional (BRN), principal groupe rebelle, a promis de "continuer à se battre" dans une rare déclaration, datée du 4 janvier. "Le Siam (la Thaïlande) ne peut résister", a-t-il ajouté en lançant un avertissement: "n'aidez pas et ne soutenez pas le Siam".

Jusqu'à ces derniers jours, les attentats se faisaient plus rares depuis le coup d'Etat de 2014, la junte militaire ayant renforcé les patrouilles et les couvre-feux.

Au total, 218 personnes ont été tuées en 2018 contre près de 900 en 2007, d'après les chiffres de l'organisation Deep South Watch.

Mais les négociations se sont enlisées, les autorités thaïlandaises ne parvenant pas à réunir autour de la même table une rébellion éparpillée en plusieurs entités, parfois difficiles à identifier.

Selon un analyste indépendant basé dans le royaume, Don Pathan, le regain de violences est lié aux efforts des négociateurs thaïlandais et des intermédiaires malaisiens de l'autre côté de la frontière pour "faire pression sur la direction du BRN afin de l'amener à la table de négociations sans offrir de concessions éventuelles".

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