Les coffee shops ajoutent la ganja aux attraits touristiques de la Thaïlande

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 03/08/2022 à 00:11 | Mis à jour le 03/08/2022 à 09:00
Photo : REUTERS/Athit Perawongmetha - Le coffee shop RG420 propose depuis fin juillet du cannabis à fumer sur place à Khaosan Road, le quartier des routards de Bangkok
Un coffee shop à Bangkok

Sans cadre légal clair autour du cannabis en Thaïlande depuis sa dépénalisation en juin, les aficionados vivent une période de grâce inédite, et les coffee shops fleurissent, ajoutant à l’attractivité du royaume aux yeux des touristes

Le café au cannabis RG420 a ouvert ses portes il y a à peine une semaine à Khao San, le quartier des routards de Bangkok, et il regorge déjà de clients.

Plusieurs points de vente du genre ont vu le jour dans la capitale depuis que la Thaïlande a dépénalisé le cannabis en juin, quelques semaines avant de lever les dernières restrictions sanitaires liés au COVID qui gênaient jusque-là les voyageurs internationaux.

La fréquentation étrangère a brutalement chuté avec la pandémie, atteignant seulement 428.000 arrivées en 2021, contre près de 40 millions en 2019. Au premier semestre 2022, la Thaïlande a enregistré à 2 millions au contre près de 40 millions en 2019.

Le cannabis, le renouveau du tourisme en Thaïlande

Ce constat amène des entrepreneurs comme Ong-ard Panyachatiraksa, qui dirige le RG420, à considérer leurs coffee shops comme des éléments essentiels à la relance d’un secteur du tourisme laminé par deux ans de politique sanitaire chaotique et qui contribuait jusque-là à environ 20% du PIB.

À peine ouvert, Ong-ard Panyachatiraksa se réjouit de voir centaines de personnes visiter son café chaque jour et il prévoit d'en ouvrir d'autres.

"Européens, Japonais, Américains - ils recherchent tous la sativa thaïlandaise", dit-il, faisant référence à la variété locale de cannabis. "Cannabis et tourisme vont de pair", ajoute-t-il.

Vue d'un coffee shop de cannabis a Bangkok
À peine ouvert, le patron du RG420 se réjouit du succès son café et il prévoit d'en ouvrir d'autres prochainement - Photo REUTERS/Athit Perawongmetha

Inquiétudes du gouvernement

Mais tout le monde ne l’entend pas de cette oreille.

En 2018, la Thaïlande est devenue le premier pays d'Asie du Sud-Est à légaliser la marijuana à des fins médicales. Et en juin dernier, l’usage de la plante a été entièrement dépénalisé, à quelques exceptions près.

Cela a inévitablement conduit à une explosion de l’usage récréatif, et les responsables gouvernementaux, préoccupés par les effets négatifs du THC -composé psychotrope de la fleur- sur la santé et la productivité, aimeraient renverser la tendance. Mais ils sont quelque peu dépassés.

Cela d’autant qu’ils ont dépénalisé avant d’avoir mis en place un nouveau cadre légal clair autour de la plante.

Flou juridique

Une commission parlementaire débat actuellement sur un projet de loi visant à réglementer la consommation de cannabis qui devrait être finalisé en septembre et pourrait avoir un impact sur les coffee shops vendant du cannabis.

En attendant, la nouvelle politique est ouverte à toutes sortes d’interprétations, ce qui génère de la confusion, les autorités invoquant avec plus ou moins de réussite des bouts de réglementation.

En tout cas, pour le sous-gouverneur de l'autorité du tourisme de Thaïlande, Siripakorn Cheawsamoot, "la loi ne couvre pas l'usage récréatif du cannabis (...) et la promotion du tourisme est donc axée sur les (aspects) médicaux".

Possible zonage du cannabis récréatif

Akira Wongwan, une entrepreneuse dans le cannabis médical qui fait partie des conseillers du comité parlementaire tablant sur le projet de loi sur le cannabis, estime que l'utilisation récréative pourrait probablement être soumise à un zonage.

Pour l’heure, les amateurs et entrepreneurs du cannabis récréatif sont aux anges. Dans le fumoir bondé du RG420, un client britannique, Malik Khan, vient de finir de se rouler un joint.

"Ce pays est magnifique, et il y a aussi tellement de choses à faire ici", dit le jeune homme de 26 ans. "Cela (le cannabis) s'intègre très bien dans le paysage."

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