Claude Bauchet: "Être à l’écoute, agir au quotidien, sans sectarisme!"

Par Pierre QUEFFELEC | Publié le 24/05/2021 à 03:00 | Mis à jour le 26/05/2021 à 01:54
Photo : Claude Bauchet, candidat pour les élections consulaires dans la circonscription Thaïlande-Birmanie
Claude-Bauchet-Solidarite-Ecologie-Democratie

Claude Bauchet est tête de liste de Solidarité, Écologie et Démocratie dans la circonscription Thaïlande-Birmanie pour les élections consulaires. Il revient sur sa vision, sa liste et son programme.

LEPETITJOURNAL.COM: Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?

CLAUDE BAUCHET: Né le 28 octobre 1951, j’ai commencé mon activité professionnelle comme instituteur. J’ai été élu en 1977 conseiller municipal à Combs-la-Ville. De 1983 à 1989, j’ai été maire-Adjoint chargé de l’enfance. De 1988 à 2017, j’ai fondé et géré un hôtel à Valmeinier (Savoie).

En juin 1996, j’ai fondé à Bangsaphan en Thaïlande l’hôtel "CORAL". J’ai monté ces deux établissements en faisant appel à des investissements participatifs. 

Après le départ en 2017 de Monsieur Hervé Belliot je suis devenu Conseiller Consulaire.

Mes expériences professionnelles dans le public puis comme entrepreneur, cumulées avec des mandats électifs, m’apportent une expérience très utile pour servir au mieux mes compatriotes. 

Quel est selon vous le plus grand défi auquel font face les Français de Thaïlande pour les mois ou années à venir ?

La population française expatriée en Thaïlande n’est pas homogène, d’où des préoccupations très différentes.

La priorité pour les retraités est avant tout de bénéficier d’une assurance de santé de qualité financièrement accessible, et de trouver un minimum de services de proximité pour les aider à régler leurs problèmes administratifs.

Les personnes en activité professionnelle se préoccupent, une bonne partie d’entre eux de leur avenir en Thaïlande. Suite aux conséquences sociales du COVID, de nombreux salariés se sont retrouvés sans travail ou connaissent une baisse de revenus tandis que petits et micro-entrepreneurs tentent de survivre. 

De nombreuses familles montrent de plus en plus de difficultés à régler les frais de scolarisation de leurs enfants.

Globalement l’État Français ne prend pas suffisamment en compte ses non-résidents ! 

En quoi les conseillers des Français de l'étranger peuvent-il agir, selon vous, pour relever ce défi ?

Les Conseillers des Français de l’étranger travaillent régulièrement avec notre consul, les consuls honoraires en région et les services consulaires pour signaler les situations difficiles de certains de nos compatriotes. Ils étudient ensemble les aides à apporter. 

Je fais le relai des préoccupations, des demandes des associations, celles-ci jouant un rôle majeur indispensable à notre communauté. Je me déplace en province pour rencontrer les responsables des associations locales ou d’entraide (Phuket, Pattaya, d’Isan, etc.). Je suis en relation régulière avec plusieurs élus nationaux. Un exemple de mon action : j’ai beaucoup œuvré à la mobilisation de nos sénateurs représentant les français de l’étranger pour qu’ils interviennent auprès du Ministère des Affaires Étrangères et Union Retraite pour revoir la question des autorités habilitées à signer les certificats de vie de nos séniors. 

Grâce aux liens tissés et au contact direct fréquent avec nos concitoyens nos propositions peuvent avancer, essayer de répondre aux défis d’ordre social.

Quelle est à vos yeux la mission première du conseiller des Français de l'étranger, ce pourquoi les électeurs doivent voter ?

Être à l’écoute ! Agir au quotidien aux demandes d’aide de nos compatriotes. Il ne suffit pas de le dire, il faut le faire… Informations régulières avec ma "Lettre de conseiller", rencontres au moins une fois par an en proposant des réunions dans toutes les grandes régions de notre pays d’accueil, répondre à leurs interrogations et sollicitations quotidiennes par émail ou par téléphone sont la base d’un véritable exercice de démocratie participative. 

En quoi selon vous la sensibilité politique peut-elle peser dans la façon dont les conseillers représentent les intérêts des Français de l’étranger ?

Tout d’abord je tiens à réaffirmer que notre liste est complétement indépendante de tout parti politique. Notre sensibilité forte place la solidarité au cœur de notre engagement. Nos actions menées dans le passé, actuellement et dans le futur, s’inspirent bien sûr de notre engagement prioritaire vers l’action pour plus de justice sociale. Ce choix s’avère de plus en plus indispensable dans un monde où la recherche du plus grand profit de quelques-uns cherche à s’imposer comme une règle ! 

Nos combats s’inscrivent donc dans un courant humaniste, social et participatif pour rechercher les meilleures solutions possibles aux problèmes prioritaires rencontrés par nos compatriotes (assurance santé, aides sociales, enseignement, etc.).

Vous vous représentez après un premier mandat, en quoi pensez-vous avoir rempli votre rôle de conseiller des Français de l’étranger dans son ensemble?

J’ai participé aux différents Conseils Consulaires (bourses scolaires, aide sociale, etc.). Dans le cadre des conseils sur les bourses j’ai pris connaissance des dossiers en amont des réunions et suis intervenu pour que la situation des familles prime sur l’application mécanique des barèmes. J’ai rappelé que l’enveloppe proposée par l’administration n’est pas une contrainte rigide. J’ai réclamé et obtenu de notre ancien ambassadeur qu’une première réunion d’un Conseil consulaire sur l’emploi et la formation professionnelle se tienne et ouvre un premier échange entre les partenaires concernés par cette question.

Une de mes premières initiatives prise a été d’assurer, via ma "Lettre de conseiller", une information régulière et complète sur toutes les questions touchant de près à la vie des Français en Thaïlande. C’est le préalable indispensable au dialogue avec notre communauté. Suite à chacune de mes "Lettres", de nombreuses personnes me posent des questions auxquelles je réponds très rapidement. En fonction des problèmes posés je m’efforce de les aider à les résoudre. Je continuerai naturellement si je suis réélu.

Quels ont été vos principaux accomplissements durant votre mandat ?

Par exemple, mon combat de ses dernières années pour amener la CFE à trouver une solution à l’assurance obligatoire pour le renouvellement des visa OA illustre un résultat certes perfectible mais appréciable.

Dans le domaine de mon combat pour l’accès à la santé pour tous, j’ai initié cette grande enquête en collaboration avec Français du Monde puis en concertation avec plusieurs associations, complétée par des rencontres en assemblée avec nos concitoyens dans toutes les régions du royaume pour aboutir à des propositions précises dont plusieurs devraient être mises en œuvre par la CFE dans les prochains mois comme la prise en charge des soins hospitaliers à 100% dans une nouvelle liste d’établissements hospitaliers. 

J’ai participé avec de nombreux autres élus de Français du Monde au combat gagné contre le projet gouvernemental initié à l’origine par notre députée afin de supprimer l’effet partiellement libératoire de la retenue à la source sur les pensions de nos retraités. Un échec de notre action aurait entrainé dès cette année une très forte augmentation des impôts des retraités ! 

Quelles ont été vos principales actions vis-à-vis de la communauté française de Thaïlande durant cette crise du Covid-19 ?

J’informe nos concitoyens des aides auxquelles ils peuvent prétendre (Secours Occasionnel de Solidarité dit SOS, bourses) mais je suis aussi intervenu auprès de nos gouvernants pour que ces aides soient à la hauteur des besoins essentiels des Français en Thaïlande.

J’appuie les associations proposant des aides sociales complémentaires à celles du consulat. J’ai soutenu notre association Français Du Monde dans sa recherche de subventions pour appuyer les micros et petits entrepreneurs très impactés par la crise. 

Je soutiens les établissements scolaires pour les aider à obtenir les crédits nécessaires au maintien de leur activité.

Le rôle des élus se révèle déterminant quand ceux-ci savent laisser de côté leur différence d’appartenance politique pour travailler de concert à l’intérêt de notre communauté. 

Pouvez-vous nous donner les grands axes de votre programme ?

Sur le volet social :

- Exiger de l’État qu’il étende jusqu’à fin 2021 l’aide SOS exceptionnelle accordée suite aux conséquences sociales de la pandémie 
-  Aider les associations représentatives de la communauté française, à obtenir des subventions afin de leur permettre d’œuvrer davantage sur le terrain social.

La Caisse des Francais de l'Etranger (CFE) : 

- Suivre la mise en place d’une liste d’hôpitaux avec prise en charge à 100 % et le projet de création d’un package CFE-Complémentaire.
- Demander la mise en place d’un référent Thaïlande pour faciliter les rapports entre les assurés et leur caisse.
- Proposer de démocratiser la gouvernance de la CFE grâce à un collège élu par les cotisants au sein de son Conseil d’Administration.
 - Chercher à élargir le champ des bénéficiaires de la catégorie aidée en calculant l’aide en fonction des revenus. 

Éducation : 

- Prendre des initiatives pour la naissance de structures nouvelles afin de permettre à tous les enfants français et binationaux de recevoir l’enseignement de notre langue maternelle. 
- Militer pour rendre l’accès gratuit au CNED dans les déserts scolaires.
- Veiller à ce que tous les enfants de nos familles ne soient pas écartés des écoles françaises pour des raisons financières.

Culture :

- Réaliser un colloque «L’éducation et l’art au cœur du développement social» pour remettre l’Art au cœur de l’éducation et de la créativité.

Emploi et formation : 

- Susciter la tenue de conseils consulaires sur l’emploi, la formation professionnelle, l’apprentissage, etc.
- Poursuivre l’aide aux micros et petits entrepreneurs pour leur permettre de survivre et rebondir.

Équité fiscale (impôts, cotisations sociales) :

- Militer pour l’équité fiscale et sociale des Français de l’étranger, quel que soit leur pays de résidence, en demandant la suppression de la CGS et de la CRDS sur les revenus fonciers.
- Revoir la question de la COTAM

Renforcer notre service public, améliorer les services aux citoyens :

- Agir auprès du gouvernement et de ses successeurs pour que les budgets réservés aux services consulaires cessent de se dégrader. 
- Initier ou participer à des campagnes pour inciter nos compatriotes à s’inscrire au registre des Français de l’étranger.
- Intervenir chaque fois que l’État et ses services s’ingénieront à compliquer nos démarches administratives (exemple des certificats d’existence). 

Urgence climatique :
-Créer des rencontres entre les entreprises et tous les acteurs susceptibles de développer les énergies nouvelles et l’économie durable.

Comment avez-vous constitué votre liste, en quoi est-elle pertinente au regard de votre vision ?

Notre liste s’est constituée sur des critères d’expérience, de disponibilité, d’exemplarité, de motivation à servir et de travailler en équipe. Nous avons recherché la meilleure représentativité de la diversité de nos régions.

Avez-vous un message à faire passer aux Français de votre circonscription ?

J’ai confiance ainsi que toute notre équipe en la capacité des électrices et électeurs de juger objectivement le travail accompli par les uns et les autres. Les candidats de notre liste s’engagent à travailler sans relâche pour le développement des solidarités avec tous ceux et toutes celles qui le désirent, sans sectarisme politique, dans l’intérêt premier de notre communauté française en Thaïlande.

Voter est non seulement un devoir citoyen mais un moyen de donner plus de force aux changements nécessaires. Une faible participation baisserait la crédibilité des élu(e)s pour vous représenter auprès de l’administration et de tous les pouvoirs publics et politiques nationaux !

Pierre Queffelec-square

Pierre QUEFFELEC

Pierre Queffélec a fait ses premières armes dans le journalisme à la Nouvelle République des Pyrénées en 1996. Arrivé en Thaïlande en 2004, il a rejoint lepetitjournal.com l’année suivante avant de prendre la direction du bureau de Bangkok en janvier 2006
0 Commentaire (s) Réagir
À lire sur votre édition locale
À lire sur votre édition internationale