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ARMEE – Dix militaires thaïlandais accusés de la mort d’un jeune appelé

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec AFP | Publié le 05/04/2017 à 22:00 | Mis à jour le 19/07/2019 à 02:22

La police thaïlandaise a accusé dix soldats d'avoir battu à mort un jeune appelé de 22 ans dans une prison militaire, alors que l'armée, qui démarre tout juste son recrutement annuel d'appelés, se démène pour limiter les dégâts d'un nouveau scandale

La nouvelle de la mort le 1er avril du jeune soldat Yutthakinun Boonniam, 22 ans, a surgi juste au moment où l'armée thaïlandaise lançait son recrutement annuel qui doit lui permettre de faire entrer pour deux ans environ 100.000 nouveaux soldats âgés d'au moins 21 ans.

Le soldat Yutthakinun Boonniam est mort le lendemain de son transport à l'hôpital de la prison militaire de la province de Surat Thani dans le sud du royaume.

Selon les médecins, il aurait succombé à une insuffisance rénale provoquée par des coups violents donnés avec un objet dur.

Des images supposées de la victime ont été largement relayées sur les réseaux sociaux montrant un visage tuméfié au point d'être quasiment méconnaissable.

Sa mère a déclaré aux médias locaux que son fils avait été battu dans une prison militaire pour des manquements mineurs à la discipline comme ne pas se lever aux heures ou encore manquer son tour de garde.

Mercredi, un tribunal militaire a approuvé des mandats d'arrêt pour neuf soldats accusés "d'agression en bande organisée ayant provoqué la mort", a indiqué le chef de la police de Surat Thani, Apichart Boonsrirote.

Un dixième suspect sur la liste est un officier, mais aucun mandat n'a été délivré car il ne présenterait pas de risque de fuite vers l'étranger.

"Huit sont en détention militaire et seront livrés à la police en fin de journée," a déclaré le chef de la police locale.

Ce décès constitue un désastre en termes d'image pour l'armée au moment où elle recrute ses appelés.

Chaque mois d'avril, l'armée thaïlandaise réclame son lot d'hommes en bonne santé, de 21 à 30 ans. La plupart des postes sont pourvus par des volontaires, le reste se jouant au tirage au sort.

Le chef de l'armée n'a pas tardé à condamner l'agression, assurant qu'une enquête rapide et impartiale serait menée.

Mais pour les groupes de défense des droits de l'homme, ce drame n'est rien de nouveau dans la longue histoire d'abus et de torture de l'armée thaïlandaise.

"L'armée thaïlandaise est frappée d'une incapacité chronique à mettre fin aux abus contre les appelés," a déclaré le directeur de Human Rights Watch Asia, Brad Adams, qui n'a noté aucun progrès dans les poursuites contre des soldats suspecté de la mort d'un autre appelé en 2011.
 

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