Le conflit en Iran menace de faire chuter le tourisme sous les 30 millions de visiteurs, un coup dur pour une Thaïlande déjà en pleine crise.


Avant que la pandémie de COVID-19 ne vienne paralyser le globe, la Thaïlande vivait son âge d'or touristique. En 2019, le royaume avait accueilli près de 40 millions de visiteurs internationaux, injectant des revenus colossaux dans une économie portée par l'effervescence de Bangkok et la sérénité des îles du Sud. Aujourd'hui, après des années de lutte pour rouvrir ses frontières et rassurer les voyageurs, le gouvernement thaïlandais n'a qu'une obsession : retrouver ce niveau de fréquentation historique qui symbolise la pleine santé du pays. L'objectif était clair pour cette année mais la réalité géopolitique mondiale vient saboter cette lente remontée.
Le choc géopolitique du Moyen-Orient
L'année dernière, avec 32 millions de touristes, l'espoir d'un retour à la normale était pourtant palpable. Cependant, l'escalade des tensions militaires au Moyen-Orient, particulièrement le conflit impliquant l'Iran, change radicalement la donne. Selon Artthakorn Sirilatthayakorn, ministre par intérim du Tourisme et des Sports, le royaume fait face à une menace sérieuse sur ses liaisons aériennes. La fermeture de certains espaces aériens et l'instabilité des hubs du Moyen-Orient frappent de plein fouet les marchés européens, essentiels pour la haute saison. Au lieu de progresser vers les 40 millions tant espérés, la Thaïlande risque de voir les chiffres s'effondrer de 25% dans le pire des scénarios.
Une flambée des coûts et une chute de la fréquentation
Cette crise géopolitique entraîne des conséquences directes sur le portefeuille des voyageurs. Le carburant représentant environ un quart des dépenses opérationnelles des compagnies aériennes, l'instabilité pétrolière fait bondir le prix des billets. Cette hausse des coûts, couplée à une baisse de confiance pour les vols long-courriers, pourrait ramener le nombre de visiteurs entre 27 et 29 millions si les combats durent plus de trois mois. Pour une économie thaïlandaise déjà fragilisée par une crise interne persistante, cette désertion forcée des touristes étrangers est perçue comme une véritable catastrophe.
Une stratégie de repli vers les marchés régionaux
Face à cette situation critique, l'Autorité du Tourisme de Thaïlande (TAT) tente de limiter la casse en diversifiant ses efforts de promotion. Puisque le marché européen et les vols long-courriers sont compromis par les tensions au Moyen-Orient, le pays se tourne désormais vers les marchés régionaux. L'idée est d'attirer massivement des voyageurs effectuant des trajets courts ou moyens, moins dépendants des hubs internationaux perturbés. C'est une course contre la montre qui s'engage pour sauver la saison et empêcher que le rêve de retrouver les chiffres de 2019 ne s'éloigne encore un peu plus.












