Le PM thaïlandais ordonne un contrôle plus strict sur les armes et la drogue

Par Lepetitjournal.com Bangkok avec Reuters | Publié le 11/10/2022 à 02:41 | Mis à jour le 11/10/2022 à 07:49
Photo : REUTERS/Athit Perawongmetha - L’assassinat de plus de 20 enfants en bas âge et d’une douzaine d’adultes dans la crèche d’Uthai Sawan, dans le nord-est de la Thaïlande, a profondément choqué le pays
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Le Premier ministre thaïlandais Prayuth Chan-O-Cha a ordonné lundi aux forces de l'ordre de resserrer les règles sur la possession d'armes à feu et de réprimer la consommation de drogue quelques jours après une tuerie de masse perpétrée par un ancien policier dans une crèche qui a profondément choqué le pays.

Quatre jours après qu’un ex-policier destitué pour usage de méthamphétamine a tué 36 personnes, dont 24 enfants, avec un pistolet 9 mm et une arme blanche avant de se suicider à 500 km au nord-est de Bangkok, le Premier ministre thaïlandais a ordonné un contrôle plus strict sur le permis de port d’arme et des usagers de drogue dures, particulièrement au sein des forces de l’ordre.

Le massacre de la crèche d’Uthai Sawan, dans le nord-est de la Thaïlande, s’inscrit comme l'un des plus graves assassinats d’enfants perpétrés de la main d’un seul homme dans l'histoire récente de l’humanité. L’atrocité du drame, dans lequel 22 enfants de 2 à 5 ans ont été tués un à un dans la crèche à l’arme blanche alors qu’ils dormaient, a choqué la Thaïlande et le monde entier.

Le tueur, Panya Khamrap, était un ancien sergent de police de 34 ans qui devait être jugé ces jours-ci pour trafic de drogue. La police a indiqué que l'autopsie de son corps n'avait révélé aucune trace de consommation de drogue au moment de sa mort.

Le drame de jeudi rappelle par certains aspects la fusillade de masse de Korat survenue il y a près de trois ans à 200 km au nord-est de Bangkok, lorsqu'un militaire avait tué 29 personnes et blessé une soixantaine d’autres après une dispute autour d’une commission sur une transaction immobilière.

Comportements violents, santé mentale, consommation de drogue

Le Premier ministre Prayuth Chan-O-Cha, ancien chef de l’armée au pouvoir depuis huit ans, a demandé lundi aux autorités thaïlandaises d’effectuer des fouilles et des tests biologiques inopinés au sein de l’administration mais aussi du public afin de traquer l'usage de drogues illicites, a déclaré le porte-parole du gouvernement Anucha Burapachaisri dans un communiqué, ajoutant qu’il également était question d’accroître les efforts dans le traitement de la toxicomanie.

Le Premier ministre a ordonné aux organismes concernés de révoquer les permis de port d'arme des personnes connues pour avoir eu des comportements qui "menacent la société" et "créent le chaos ou provoquent des troubles", a déclaré Anucha Burapachaisri. S’ajoute à cela une intensification de la répression du commerce illégal d'armes, de la contrebande d'armes, et de l'usage d'armes à feu illégales.

Les autorités thaïlandaises prévoient de rappeler les armes des fonctionnaires et des policiers qui en ont fait un mauvais usage ou qui se sont comportés de manière agressive en service.

Des contrôles psychologiques réguliers seront également rendus obligatoires pour les demandeurs et les titulaires de permis de port d'arme à feu, a déclaré aux journalistes le chef de la police, le général Damrongsak Kittprapas.

Le spectre de la "guerre contre la drogue" de Thaksin

Certains observateurs comme l'éditorialiste Pravit Rajanaphruk, dénoncent des mesures simplistes, opportunistes et potentiellement dangereuses, notamment quand il s'agit de lancer une nouvelle guerre contre la drogue.

L’opposition a également critiqué ces mesures, certains prêchant pour une approche plus nuancée et en profondeur en renforçant notamment l'assistance psychologique au sein de l'armée et des forces de police, et d’autres appelant à une méthode plus forte.

Le parti Pheu Thai a notamment promis de faire mieux que l’actuel gouvernement en termes de répression si les Thaïlandais le portaient au pouvoir lors des élections législatives de mai prochain, rapporte le Bangkok Post.

Le principal parti d’opposition est la réincarnation du Thai Rak Thai de l’ancien Premier ministre Thaksin Shinawatra. Ce dernier avait été fortement critiqué en Thaïlande et au sein de la communauté internationale pour sa fameuse "guerre contre la drogue" au début des années 2000 qui avait fait plus de 2.500 morts, victimes pour la plupart d'exécutions extra-judiciaires.

Le taux de possession d'armes à feu par habitant est élevé en Thaïlande par rapport à d’autres pays d'Asie du Sud-Est. Les armes illégales, dont beaucoup proviennent de pays déchirés par des conflits, sont courantes et souvent convoyées, comme la drogue, avec la complicité de certains militaires ou de membres des forces de l’ordre.

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