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ART: Un Français à la cour du Brésil

Jean-Baptiste Debret a vécu 15 ans au Brésil, au début du XIXème siècle. Il en a ramené une oeuvre considérée comme majeure par les historiens

Portrait de l'artiste - Musée de Pétropolis

Debret est né à Paris en 1768. Il est mort en 1848, également à Paris. Avec des études à l'Ecole des Beaux Arts de Paris, sa carrière de peintre et illustrateur semblait emprunter un chemin classique jusqu'en 1815, date de la déroute de Napoléon. L'empereur était un généreux mécène pour des artistes néoclassiques comme Debret. La perte de l'aide financière impériale, associée au décès de son fils de 19 ans, le contraignirent à donner une nouvelle tournure à sa carrière. En 1816, il intégra une mission d'artistes français qui partit pour le Brésil et sa capitale de l'époque, Rio de Janeiro, dans le but de créer, entre autre, une Académie des Beaux Arts sur place. Sans le savoir, Jean-Baptiste Debret embarquait pour un pays qui lui inspirera son chef d'?uvre : Voyage pittoresque et historique au Brésil. Avec son Voyage, il tenta d'abord de créer une ?uvre historique, montrant avec force détails la formation du peuple et de la nation brésilienne, principalement du point de vue culturel. Debret chercha ainsi à présenter, et donc à préserver, le passé du peuple brésilien, en abordant non seulement les questions politiques, mais aussi la religion, la culture et les coutumes locales. Pour toutes ces raisons, son ?uvre est fréquemment analysée par les historiens comme une représentation majeure du quotidien et de la société du Brésil, et en particulier de Rio de Janeiro, au court du XIXème siècle.

Les Indiens du Brésil, en collaboration avec Jean-Paul Duviols, éditions Chandeigne

Voyage pittoresque et historique au Brésil n'a été publié qu'après son retour en France, en 1831. Le premier tome paraît en 1834, et montre les Indiens, la forêt brésilienne et la végétation primaire en général. Le second tome, de 1835, se concentre sur la représentation des esclaves noirs, des travailleurs et des pratiques agricoles de l'époque. Enfin le troisième tome, paru en 1839, évoque les scènes du quotidien et les manifestations culturelles, comme les fêtes et les traditions populaires. Ce travail historique se présente sous forme de planches, 153 au total, accompagnées de textes qui légendent les lithographies. Une formule très originale pour l'époque, qui a participé de la notoriété du travail de Debret, même si les trois tomes n'ont pas connu un grand succès lors de leur publication.

Des soupçons de plagiat
A noter qu'une controverse existe autour de l'artiste, soupçonné d'avoir plagié certains de ses collèges. Dans le premier tome, par exemple, il représente des Indiens arborant des peintures corporelles similaires, pour ne pas dire identiques, à celles des Indiens nord-américains présentées par le naturaliste Langsdorff plusieurs dizaines d'années plus tôt. Cette bizarrerie, associée à d'autres exemples suspects, a conduit plusieurs historiens à se demander si Debret avait réellement visité le Brésil, ou s'il s'était contenté de parcourir les alentours de Rio de Janeiro?
Bertrand BLAIS (www.lepetitjournal.com) mercredi 17 janvier 2007

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