

La Biennale d'art contemporain de Lyon connaît un retentissement grandissant. Elle est placée cette année sous le signe de la temporalité. Intitulée Expérience de la durée, elle réunit une soixantaine d'artistes de plusieurs générations
Expérimenter la perte des repères dans le brouillard vert d'Ann Veronica Janssens. (Photo : AFP)
Dans la foule des grands rendez-vous internationaux, la Biennale d'art contemporain de Lyon se targue de quelques particularités. Cette cadette, qui se taille au fil des années une renommée grandissante, se revendique comme biennale d'auteurs. Créée et dirigée depuis 1991 par Thierry Raspail, elle a pour principe original d'accueillir de nouveaux commissaires àchaque édition.
Ce renouvellement des signatures et des thématiques lui assure une certaine vitalitéet fait sa différence. Après les membres du Consortium de Dijon en 2003, c'est au tour de Jérôme Sans et Nicolas Bourriaud, directeurs pour quelques temps encore du Palais de Tokyo àParis, de présenter leurs choix.
Repartie en cinq lieux, dont un immense bâtiment de dock industriel (La Sucrière), le Musée d'Art Contemporain de Lyon et l'Institut d'Art Contemporain de Villeurbanne, l'exposition invite donc l'ensemble de l'agglomération àune Expérience de la durée.
Comme souvent, il n'est pas utile de trop s'attacher àun thème fourre-tout. La notion de temporalitéétant plutôt vaste?
Si certaines ?uvres collent avec évidence, comme Sleep (1963 ? Photo : AFP) d'Andy Warhol montrant un dormeur pendant six heures, d'autres semblent plus lointaines. Le vrai fil conducteur de la manifestation est d'ailleurs tout autre et explore les relations entre les années 70 et la création actuelle.
Les grands noms (Yoko Ono, Robert Crumb, Wim Delvoye, Daniel Buren, James Turell...) se mêlent ainsi aux artistes montants. Certaines pièces sont particulièrement spectaculaires, comme l'installation de Kader Attia montrant des effigies d'enfants réalisées en nourriture pour oiseaux, enfermées dans une volière et progressivement picorées par de vrais pigeons. Martin Creed ou Ann Veronica Jassens proposent une immersion déstabilisante dans des ballons roses ou un brouillard vert.
Avec ses multiples facettes souvent ludiques et interactives, le parcours lyonnais est en passe de devenir incontournable.
Jean Marc JACOB. (LPJ) 12 octobre 2005
Expérience de la durée ? Biennale d'art contemporain de Lyon 2005 ? jusqu'au 31 décembre.
www.biennale-de-lyon.org
La sucrière ? 47/49 quai Rambaud, 69002 Lyon
Musée d'Art Contemporain ? 81 quai Charles de Gaulle, 69006 Lyon
Le Rectangle ? Place Bellecour, 69002 Lyon
Fort saint Jean ? rue de la poudrière, 69001 Lyon
Institut d'art contemporain ? 11 rue du Docteur Dolard, 69100 Villeurbanne




































