Mort à Valladolid, Christophe Colomb n'aurait, à première vue, aucune raison de reposer dans la cathédrale de Séville. Pourtant, sa dépouille y est exposée depuis plus d'un siècle. Entre dernières volontés, conquêtes coloniales et transferts successifs, son histoire est bien plus mouvementée que ne l'imaginent la plupart des visiteurs, désireux de découvrir sa sépulture dès leur arrivée dans la capitale andalouse.


Pourquoi n'a-t-il pas été enterré à Valladolid, où il est mort ?
Le 20 mai 1506, Christophe Colomb meurt à Valladolid, dans le nord-ouest de l'Espagne. Il y est d'abord inhumé, mais ce n'est qu'une étape. L'explorateur d'origine génoise souhaitait reposer dans les territoires du Nouveau Monde qu'il avait contribué à faire découvrir aux yeux de l'Europe.
Après un premier transfert vers le monastère de la Cartuja, à Séville, la Couronne d'Espagne décide d'exaucer son vœu en hommage aux services rendus au royaume. En 1542, sa dépouille est alors transférée à Saint-Domingue, dans l'actuelle République dominicaine, qui constitue alors le principal centre du pouvoir espagnol dans les Amériques.

Comment la dépouille de Christophe Colomb est-elle revenue à Séville ?
Pendant plus de trois siècles, les restes de l'explorateur changent de pays au rythme des bouleversements politiques au sein de l'Empire espagnol.
En 1795, lorsque l'Espagne cède Saint-Domingue à la France, la dépouille est transférée à La Havane, capitale de Cuba, afin d'éviter qu'elle ne tombe sous administration française. Un siècle plus tard, après la défaite espagnole lors de la guerre hispano-américaine et la perte de Cuba en 1898, elle est rapatriée en Andalousie.
La raison ? Pendant plus de deux siècles, toutes les expéditions vers le Nouveau Monde ainsi que les richesses des colonies transitaient par Séville. Christophe Colomb est donc intimement lié à l'histoire de la ville.
C'est pour cette raison qu'aujourd'hui, sa tombe repose dans la cathédrale de Séville, où un imposant monument funéraire a été conçu pour accueillir celui qui est encore considéré, aujourd'hui, comme le plus grand navigateur de l'histoire.

Une histoire prétend que son corps entier ne repose pas à Séville
C'est sans doute l'une des plus grandes énigmes historiques entourant l'explorateur. En 1877, des ossements attribués à Christophe Colomb sont découverts à Saint-Domingue. Depuis, l'Espagne et la République dominicaine revendiquent toutes deux posséder ses véritables restes.
Des analyses ADN menées en 2006 sur les os conservés dans la cathédrale de Séville ont confirmé qu'ils appartenaient bien à Christophe Colomb. Toutefois, les autorités dominicaines n'ont jamais autorisé l'analyse des ossements qu'elles conservent. Certains historiens estiment donc que les différents transferts auraient pu entraîner une séparation de son corps.
Plus de cinq siècles après sa mort, le dernier voyage de l'explorateur génois continue d'alimenter les débats.
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