Près de 15 000 travailleurs espagnols, dont une large majorité d'Andalous, devraient rejoindre les vignobles français à l'été 2026. Si cette migration saisonnière remonte aux années 1960, elle répond encore aujourd'hui à un double besoin : celui des exploitations viticoles françaises en quête de main-d'œuvre et celui de nombreux travailleurs andalous à la recherche d'un complément de revenus.


Une histoire qui dure depuis les années 1960
Le départ des travailleurs espagnols vers les vendanges françaises n'est pas un phénomène récent. Dès les années 1960, les vignobles français faisaient déjà appel à une main-d'œuvre venue d'Espagne pour faire face au manque de bras durant la récolte du raisin. Rien qu'en 1965, le Languedoc avait employé près de 19 000 ouvriers espagnols.
Depuis, cette migration saisonnière s'est transformée en une véritable tradition. Selon le CCOO, principal syndicat espagnol, environ 15 000 travailleurs devraient rejoindre les vignobles français durant l'été 2026, dont près de 75 % sont originaires d'Andalousie.
Le syndicat estime également que 90 % des saisonniers reviennent chaque année, preuve d'une transmission du savoir-faire et de l'expérience de génération en génération. Pour de nombreuses familles andalouses, partir aux vendanges françaises fait désormais partie des habitudes estivales.
Pourquoi les viticulteurs français se tournent-ils vers l'Andalousie ?
Si les exploitations viticoles françaises se tournent vers l'Andalousie, ce n'est pas uniquement en raison de cette histoire commune. La région possède une forte culture du travail saisonnier, notamment dans l'oléiculture, la récolte des fruits et la viticulture. De nombreux travailleurs disposent déjà d'une solide expérience des campagnes agricoles.
L'Andalousie bénéficie également d'une longue tradition viticole grâce à des appellations réputées comme Jerez ou Montilla-Moriles, qui contribuent à former une main-d'œuvre qualifiée.
Face aux difficultés de recrutement rencontrées en France, les domaines viticoles privilégient des saisonniers déjà expérimentés et rapidement opérationnels. Selon France-Travail, plus de 95 % des projets de recrutement dans la viticulture concernent des emplois saisonniers. En 2026, près de 79 840 projets de recrutements saisonniers étaient recensés dans les exploitations viticoles de France métropolitaine, illustrant l'importance de cette main-d'œuvre pour assurer les récoltes.
Salaires et traditions : le moteur de l'exil saisonnier andalou
Pour les travailleurs andalous, les vendanges françaises représentent avant tout une opportunité économique. Selon le CCOO, un saisonnier peut percevoir entre 1 900 et 2 400 euros par mois. À cela s'ajoute le fait que de nombreux domaines viticoles prennent en charge le logement et, dans certains cas, les repas, réduisant ainsi les dépenses sur place.
Au-delà de l'aspect financier, cette migration est aussi une histoire de fidélité. D'une année sur l'autre, de nombreux vendangeurs retrouvent la même exploitation, les mêmes équipes et les mêmes habitudes de travail. Cette stabilité rassure les travailleurs comme les employeurs et contribue à renforcer les liens entre les vignobles français et les saisonniers andalous.

Près de 70 ans après les premiers départs, cette migration saisonnière demeure un pilier des vendanges françaises. Entre le besoin de main-d'œuvre des exploitations viticoles françaises et une tradition profondément ancrée en Andalousie, les travailleurs andalous continuent de jouer un rôle essentiel dans la récolte du raisin.
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