ACT FOR NATURE - Partenaire de la «Rubrique Verte» présente le Ara de buffon
L'association monégasque de conservation de la biodiversité Act for Nature soutient depuis cette année le programme de conservation du Ara de buffon (Ara ambigua) au Costa Rica. Olivier Chassot, responsable du projet au Costa Rica nous livre son expérience. 
Olivier Chassot © Act for Nature
Ce Suisse, âgé de 35 ans et aujourd'hui résident au Costa Rica, a suivi lors de ses études une maîtrise en Administration de Projets (Université pour la Coopération Internationale au Costa Rica) et poursuit actuellement un Doctorat en Sciences Naturelles pour le Développement.
Outre le poste de Responsable de la Recherche Scientifique au Centre Scientifique Tropical (CCT) du Costa Rica et la Direction du Projet de Recherche et Conservation du Ara de Buffon, Olivier Chassot est Président de la Société Mésoaméricaine pour la Biologie de la Conservation (SMBC) et assume un poste dans le Conseil Administratif de la Fondation pour la Gestion Environnementale Participative (FUNGAP).
Il est également membre de la Commission Mondiale d'Aires Protégées de l'Union Mondiale pour la Conservation (UICN).
Vos principales motivations pour le projet ?
Nous sommes partis du constat que la population du Ara de Buffon, et son habitat, la forêt tropicale humide des plaines du versant atlantique du Costa Rica étaient sérieusement menacés de disparaître. Nous avons réussis à convertir un petit projet de recherche sur l'écologie d'une espèce en voie d'extinction en une initiative binationale (Nicaragua et Costa Rica) qui regroupe plus de 25 organisations locales et vise à protéger l'habitat du Ara et à consolider différentes aires protégées (ainsi qu'a en créer une nouvelle) au moyen de l'établissement d'un corridor biologique qui se trouve être l'un des points les plus importants d'Amérique Centrale en terme de connectivité. Le fait d'avoir pu vivre et guider tous ces processus enrichissants en pouvant admirer des résultats de conservation très concrets est une magnifique motivation.
Les principales difficultés dans le projet ?
Il a toujours été difficile de créer une aire protégée nouvelle, en raison des différents intérêts exprimés par toute une gamme d'acteurs de la société civile et du gouvernement. Nous dépendons encore presque totalement de sources de financement externes et ne sommes jamais à l'abri de devoir un jour fermer ce programme permanent, bien que nous ayons déjà passé plusieurs années sans aucun salaire afin de maintenir l'initiative en vie. C'est peut-être à cause de cette adversité que nous avons perduré, car cela nous a permis de ne jamais perdre de vue nos objectifs de conservation, malgré la pression exercée sur nous.
Votre vie journalière sur le projet ?
Durant les phases de recherche et de suivi sur le terrain, nous sortons a 6:00 du matin et ne rentrons que très rarement avant 18:00 heures, quelques soient les conditions climatiques, lesquelles sont en général assez rudes. Depuis que nous consacrons le plus clair de notre temps au volet de conservation de notre projet, nous avons déménagé vers la capitale où nous réalisons un travail de bureau ponctué par de nombreuses réunions, visites, rédaction de projets de financement et autres tâches administratives.
Depuis quelques années, notre projet jouit d'une bonne reconnaissance internationale et nous avons souvent l'occasion de voyager hors de nos frontières afin d'exposer notre travail, principalement à nos collègues de la région.
Des rencontres ?
Nos plus belles rencontres sont des contacts furtifs et grisants avec une diversité biologique extrêmement riche (plus de 500 espèces d'oiseaux dans un secteur de moins de 2000 km2) et parfois dangereuse, comme lorsque nous fûmes attaqués par une furieuse colonie d'abeilles africaines lors d'une opération de capture sur un nid de Ara. Notre assistant de terrain, Ulysses, a échappé de peu à la mort, après avoir subi des milliers de piqûres d'abeilles durant deux bonnes heures. Cela n'a que confirmé le bien fondé de son surnom, “le shaman”…
Des paysages ?
Les paysages de notre zone de travail sont de toute beauté;il s'agit d'une région encore méconnue (même pour un pays aussi petit que le nôtre), d'un mosaïque de fragments de forêt, de zones humides et de pâturages.
Retrouvez dès la semaine prochaine une nouvelle série d'articles consacrée aux espèces menacées qui font l'objet de programmes de conservation financés par l'association monégasque de conservation de la biodiversité Act for Nature…
Eglantine RICARD pour www.lepetitjournal.com - Monaco, 19 octobre 2007
* Pour plus de renseignements, vous pouvez vous rendre sur le site de l'association Act for Nature www.actfornature.org






































