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VOITURE ELECTRIQUE – Renault se met les piles

Au premier semestre 2009, les ventes mondiales de voiture étaient en chute libre (-16.5 %). Mais, alors que s'ouvre le salon automobile de Francfort, les constructeurs ont retrouvé espoir. La raison ? La voiture électrique, qui offre un tout nouveau marché dont Renault se voit déjà le leader


Une Megane électrique présentée à Tel Aviv le 11 mai 2008 (AFP)

(Rédaction internationale) - Sur ce nouveau marché du véhicule "vert", qu'ils soient hybrides ou tout électrique, les constructeurs sont déjà sur les chapeaux de roues et les Français comptent bien arriver en tête de la course. Après Dassault et sa Cleanova, la Bluecar de Bolloré (que l'on n'achète pas mais qu'on loue) et la Friendly dans laquelle Heuliez place tous ses espoirs, c'est au tour de Renault de dévoiler sa gamme de voitures 100 % électriques.
Le constructeur français prévoit de produire quatre modèles de véhicules "zéro émission": une berline familiale, un véhicule utilitaire, une citadine et un quadricycle à deux places. Son P-DG, Carlos Ghosn ne cache d'ailleurs pas son ambition de faire de Renault "le leader mondial" de la voiture propre. Mais la place est convoitée. General Motors (Chevrolet Volt), Peugeot et Citroën (iOn) inspirés par Mitsubichi (i-MiEV), BMW (Mini), Mercedes (Smart), Volkswagen (Up!), Honda (Insight) ou encore Subaru (Stella EV) comptent bien batailler pour leur part du gâteau.   

Les Etats mettent la main à la poche
Les gouvernements des pays touchés par la crise économique y croient également et investissent dans ce nouveau secteur. Le président américain Barack Obama a prévu d'offrir une prime de 2.3 milliards de dollars aux constructeurs de voitures électriques ainsi qu'une prime de 7.500 à 10.000 dollars pour inciter les Américains à acquérir cette voiture du futur. But avoué : 1 million de véhicules électriques d'ici à 2015 aux Etats-Unis. L'Allemagne table, elle, sur le même résultat en 2020, mais ne budgétise pas encore le coup d'une telle opération. Le gouvernement français présentera le 23 septembre son plan national de développement de la voiture propre. Le ministre de l'Environnement, Jean-Louis Borloo, a déjà annoncé que l'Etat lancera "un appel d'offres pour la commande groupée de 40 000 véhicules électriques". La mairie de Paris devrait faire de même "avant la fin de l'année" pour son concept d'auto-partage : autolib'. 

Les automobilistes vont-ils suivre ?
Il faudra pourtant être patient pour voir nos bonnes vieilles pompes à essence remplacées par des bornes de recharge électrique. Si la technologie est là, les automobilistes doivent encore être convaincus de l'intérêt pour eux de modifier leur mode de transport. La voiture "plug-in"(rechargeable) n'a qu'une autonomie maximale de 150 à 200 km. Bien que Renault assure que les prix de sa gamme écolo resteront sur la même base que ceux des véhicules à moteur, la plupart des modèles électriques sont en moyenne de 10.000 à 16.000 euros plus chers que les voitures à essence ou diesel. Ce secteur "ne sera pas rentable avant longtemps, mais l'industrie automobile en sortira totalement reconfigurée et lui devra sa survie à plus long terme"assure le cabinet Oliver Wyman. Renault a d'ailleurs déjà rempli son bon de commande. 50 entreprises israéliennes prévoient en effet de remplacer leur parc automobile (au total 35.000 véhicules) par des voitures électriques du constructeur tricolore.
Damien Bouhours (www.lepetitjournal.com) mardi 15 septembre 2009|

En savoir plus
Article des Echos, Pleins feux sur les voitures électriques
Article du Figaro, Offensive de la voiture électrique à Francfort

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