Édition internationale

Pourquoi la Chine cherche des déchets à incinérer?

Parmi toutes les autres industries en plein développement depuis ces dernières années, la Chine a notamment développé celle de traitement de déchets solides. Et ceci non seulement sur le territoire national mais également à l’étranger.

centrale nucléairecentrale nucléaire
Écrit par Anna Riondet
Publié le 10 janvier 2026, mis à jour le 11 janvier 2026

Valorisation énergétique des déchets

L’idée est de transformer les déchets non-recyclables en source d’énergie, carburant ou encore chaleur notamment par l’incinération. Dans cette optique, la Chine a investi lourdement dans la construction d’incinérateurs: elle est passée de 122 sites en 2012 à 428 en 2019.

Actuellement le pays est devenu le leader mondial en ce qui concerne sa capacité à transformer les déchets, avec plus de 1000 sites sur son territoire, dont le plus important se trouve à Shanghai (Lao Gang). On estime que ces sites traitent 80% de déchets municipaux solides en Chine.

Paradoxalement, avec le ralentissement économique, l’amélioration de l’efficacité de ses incinérateurs mais aussi grâce au progrès du tri sélectif, la Chine se trouve depuis peu confrontée à un manque de déchets pour pouvoir faire tourne ses incinérateurs à plein régime.

Ainsi, depuis 2019 la production de déchets solides a augmenté de 10% sur le territoire alors qu’en même temps la capacité des incinérateurs a plus que doublé, les incinérateurs tournant à 60% de leur capacité maximale. Pour améliorer ce ration, la Chine est en passe de déterrer ses déchets solides enfouis dans la terre pour les incinérer.

Bien que les sites de traitement soient soumis à des critères de tri et un contrôle d’émissions strictes, les inquiétudes perdurent quant à l’impact environnemental (émission de dioxines etc…). En effet, les émissions des incinérateurs sont estimées à 1,8 tonnes par megawattheure, alors que celles des centrales électriques sont de 0.6 tonnes par mégawattheure.

panneaux solaires

Des solutions complètes exportées à l’international

Confrontée à une accumulation de déchets suite à son boom économique de 2000-2010, au départ la Chine importait de l’étranger des technologies de traitement des déchets avant de commencer à exporter sa propre technologie au coût bien plus compétitif. Son marché actuel est focalisé essentiellement sur les pays asiatiques: on compte 79 projets internationaux en cours. Maintenant ce n'est plus uniquement sa technologie mais un processus complet de traitement qu’elle vend à l’international, à savoir les solutions, le process management et les standards.

Ses principaux clients à ce jour sont des pays comme le Vietnam ou la Thaïlande qui, avec leur développement rapide, se trouvent confrontés au même problème d’accumulations de déchets que la Chine il y a 20 ans. Pour donner une idée de ses investissements à l'étranger, le projet de construction d’incinérateurs dans 33 villes d’Indonésie est estimé à presque 5,5 milliards de dollars.

Comme dans d’autres domaines, les solutions proposées par la Chine sont d’une part plus compétitives que celles des pays Européens et d’autre part plus adaptées au type de consommation et de déchets produits en Asie du Sud-Est.

poteaux électriques Gansu

Des objectifs carbone ambitieux

Rappelons que la Chine a prévu de dépasser le pic de ses émissions avant 2030 et d’atteindre son objectif de neutralité carbone en 2060. Ces objectifs sont inclus dans les plans quinquennaux successifs et à ce jour le pays peut se prévaloir de pas mal de succès dans le domaine. Les objectifs du plan quinquennal 2021-2025 int notamment été dépassés. Cette ambition passe par plusieurs principes: l’expansion des énergies renouvelables (solaire, éolienne et hydrogène), abandon progressif de centrales à charbon, le tout appuyé par l’innovation et des solutions à la pointe de la technologie mais aussi par une collaboration internationale.

Les investissements chinois dans les fermes solaires et éoliennes dépassent de loin les tendances globales, notamment dans des régions qui s’y prêtent particulièrement comme le Gansu ou le Xinjiang. De nombreux indicateurs démontrent que les émissions ont soit atteint le plateau soit étaient en diminution ce qui confirme les succès mesurables réalisés à ce jour.

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