Après un coup d’arrêt lié à la pandémie, les voyages d’affaires de l’Europe vers la Chine se multiplient. Ces déplacements ne s’expliquent plus seulement par la relation entre entreprises et fournisseurs. L’essor de l’innovation chinoise, l’existence de structures d’accompagnement et la simplification des formalités d’entrée encouragent ces déplacements.


22 millions d'étrangers en Chine
La pandémie est désormais loin. Près de quatre ans après la réouverture des frontières chinoises, les visiteurs étrangers sont de retour. Au premier semestre 2026, 22,9 millions d'étrangers sont entrés en Chine, soit 20 % de plus qu'un an plus tôt. C'est plus du double du total de 2023 (10,4 millions), année de la réouverture.
Le climat des affaires encourage aussi les déplacements professionnels. Dans l'enquête 2026 de la CCI France Chine, menée auprès de 285 entreprises françaises installées sur place, 72 % anticipent une croissance de leur activité d'ici trois ans. 87 % prévoient de maintenir ou d'augmenter leurs investissements.
Les échanges commerciaux renforcent cette tendance. En 2025, l'Union européenne a importé 559,4 milliards d'euros de produits chinois et en a exporté 199,6 milliards. Le déficit atteint près de 360 milliards d'euros. En dix ans, les importations ont progressé de 89 %, plus de deux fois plus vite que les exportations (+37,1 %). Cet écart pousse les entreprises européennes à aller négocier et contrôler leurs fournisseurs sur place, mais plus seulement.
Un marché de 403,7 milliards de dollars
Au niveau mondial, la Chine est le deuxième marché du voyage d’affaires, derrière les États-Unis. Selon l’association GBTA, ses dépenses devraient atteindre 403,7 milliards de dollars en 2026, soit environ 370 milliards d’euros et 5,9 % de plus qu’en 2025.
Les entreprises européennes viennent désormais observer l’innovation chinoise de près. Ces visites portent sur les moteurs de l’essor industriel du pays, à savoir les véhicules électriques, les batteries, l’intelligence artificielle ou encore la robotique.
Par exemple, GloPen, une agence de Shanghai spécialisée dans les visites d’entreprises technologiques, a vu ses demandes bondir de 50 % en 2026, venant surtout de clients européens et singapouriens. Elle organise plus de cent visites d’entreprises par mois.
Les salons confirment cet intérêt. En 2025, la 138e édition de la Foire de Canton a reçu plus de 310 000 acheteurs étrangers, venus de 223 pays et régions, soit 7,5 % de plus que l’édition précédente. Le nombre d’acheteurs européens a augmenté de 32,7 %.
Comment organiser une mission ?
Plusieurs structures accompagnent ces voyages d’affaires. La CCI France Chine propose des Learning Expeditions de deux à cinq jours, avec visites d’entreprises et d’usines et rencontres avec des experts et des acteurs économiques locaux. De son côté, Business France aide les entreprises françaises à l’international, avec de la prospection et de l’information sur les marchés étrangers, dont la Chine.
Pour le sourcing industriel, des prestataires privés prennent le relais, comme Verso Supply à Hong Kong ou Le Comptoir de Canton, actif dans le Guangdong. Leurs services vont de la recherche de fabricants au contrôle qualité. D’autres acteurs proposent des services comparables, rendant plus faciles les contacts entre entreprises françaises et partenaires chinois.
Ces voyages d’affaires sont favorisés par des dispositifs d’entrée sur le territoire chinois simplifiés. Les Français peuvent en effet séjourner jusqu’à 30 jours sans visa, notamment pour le commerce, jusqu’au 31 décembre 2026. Cette exemption concerne par ailleurs plusieurs autres pays européens, dont l’Allemagne, l’Italie, l’Espagne et les Pays-Bas. Reste à savoir si Pékin reconduira le dispositif en 2027.
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