Et si, demain, rejoindre l’Airport Express depuis la gare de West Kowloon se faisait sans conducteur ? Hong Kong s’apprête à tester des véhicules autonomes sur la route reliant Hong Kong West Kowloon Station à Kowloon Station, permettant aux voyageurs de rejoindre ensuite directement l’Airport Express vers l’aéroport.


Une liaison de quelques kilomètres pour tester le transport autonome
L’objectif est avant tout de tester la technologie dans un environnement urbain réel. Les véhicules circuleront notamment par Wui Man Road, Jordan Road et Nga Cheung Road, avant de rejoindre les abords des deux stations. Il ne s’agit donc pas d’un véhicule évoluant dans une zone fermée : l’essai se déroule sur des routes empruntées par les autres usagers.
Pour autant, « autonome » ne signifie pas encore « sans humain à bord ». Pendant cette phase de test, un opérateur de secours restera présent dans chaque véhicule et pourra reprendre le contrôle si nécessaire. Les voitures devront également porter les indications permettant aux autres automobilistes et aux piétons de les identifier comme véhicules autonomes en phase d’essai.
Le projet devrait toutefois franchir une nouvelle étape prochainement. Dans son Policy Address de septembre 2026, le gouvernement indique que la liaison autonome entre West Kowloon et Kowloon Station devrait entrer en service au deuxième trimestre 2027. Les autorités précisent par ailleurs que les demandes pour certaines opérations commerciales de véhicules autonomes pourront commencer à être acceptées dès cette année.
Hong Kong multiplie les terrains d’expérimentation
Cette liaison n’est pas un projet isolé. Depuis 2024, Hong Kong développe progressivement un cadre réglementaire permettant aux entreprises et aux organismes intéressés de tester des véhicules autonomes sur des itinéraires définis.
Le Nord de Lantau constitue notamment l’un des principaux laboratoires de la ville. Les essais, lancés fin 2024, ont progressivement été étendus à l’aéroport, à Tung Chung et à Sunny Bay. En février 2026, le Transport Department avait autorisé des essais pouvant couvrir jusqu’à 43,2 kilomètres, avec davantage de véhicules et des tests de transport de passagers.
En juillet, une nouvelle étape a été franchie sur Airport Island avec le lancement d’un essai véritablement sans conducteur. Les véhicules sont alors supervisés depuis un centre de contrôle à distance, plutôt que par un opérateur installé à bord. Selon le Transport Department, les essais précédents avaient satisfait aux exigences de sécurité, de stabilité, de précision et de fluidité fixées pour le projet.
D’autres expérimentations existent également ailleurs dans la ville, notamment entre Hong Kong Science Park et MTR University Station, où deux minibus autonomes sont testés sur un itinéraire comprenant notamment des ronds-points et un échangeur de transports publics.
Et Tesla dans tout ça ?
Pendant que Hong Kong teste ses propres applications de conduite autonome, un autre véhicule a récemment attiré l’attention dans la ville : le Cybercab de Tesla.
Le modèle, reconnaissable à son habitacle à deux places et surtout à l’absence de volant et de pédales de frein, a été présenté au public hongkongais dans le cadre d’une tournée asiatique. Après une première exposition à ELEMENTS du 9 au 15 septembre, Tesla l’a présenté du 22 au 27 septembre dans son centre d’expérience d’AIRSIDE, à Kai Tak.
Mais le Cybercab n’est pas pour autant disponible à Hong Kong. Pour le moment, Tesla indique que plus de 40 Cybercabs sont déployés à Austin, au Texas, où ils sont utilisés pour proposer un service de taxi autonome via l’application Robotaxi, dans des zones limitées
Si Hong Kong semble désormais vouloir passer progressivement de la démonstration technologique à l’usage quotidien, le gouvernement, dans son Policy Address, indique avoir délivré neuf licences pilotes couvrant plus de 60 véhicules autonomes à travers différents sites de la ville. Il identifie également l’Airportcity Link comme le premier projet destiné à fonctionner commercialement, tandis que d’autres applications doivent suivre. La liaison entre West Kowloon et Kowloon Station pourrait donc constituer l’un des prochains rendez-vous concrets avec cette technologie. Si le calendrier annoncé est maintenu, les voyageurs pourraient, dès 2027, parcourir ce court trajet entre le train à grande vitesse et l’Airport Express à bord d’un véhicule capable de se déplacer sans conducteur, bien que le volant reste encore présent.
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