Trois ans et demi après la découverte macabre qui avait sidéré le territoire, le procès des meurtriers présumés d'Abby Choi s'est ouvert le 21 septembre à la High Court. L'influenceuse avait été sauvagement assassinée, et démembrée, en 2023.


Il est à peine huit heures, lundi 21 septembre, quand la première centaine de curieux commence à s'agglutiner devant l'entrée de la High Court, sur les hauteurs d'Admiralty. À l'intérieur, trois hommes prennent place dans le box des accusés : Alex Kwong, l'ex-mari d'Abby Choi, le père de ce dernier, Kwong Kau, et leur frère et fils Anthony.
Abby Choi, assassinée à 28 ans
Mannequin et influenceuse suivie par plus de 100 000 abonnés, la jeune femme, mère de quatre enfants, avait disparu le 21 février 2023. Elle venait tout juste de rentrer de la Fashion Week de Paris, où elle avait assisté au défilé Dior. Très vite, la vidéo-surveillance révèle qu’elle est montée dans la voiture de son beau-frère le jour de sa disparition. Le GPS conduit les policiers à une maison de Lung Mei, dans les Nouveaux Territoires. Stupeur : ils y découvrent une partie des restes d’Abby Choi. Et une trancheuse à viande et une scie électrique. Les milliers de fans d’Abby Choi apprennent, sidérés, qu’elle a été découpée. Ses jambes placées dans un réfrigérateur, sa tête dans une marmite.
Un mobile encore à établir
Les enquêteurs suspectent une dispute familiale autour d’une luxueuse propriété de Kadoorie Hill (l’un des plus prestigieux quartiers résidentiels de Hong Kong). D’une valeur de plusieurs dizaines de millions de dollars, elle avait été achetée par Abby Choi et mise au nom de son beau-père. La jeune femme aurait fait part à son ex-belle-famille, dont certains membres habitaient le lieu, de son intention de le revendre. Cette décision aurait provoqué la colère des accusés, et plus particulièrement celle de l’ex-beau-père. Détail digne des pires thrillers : ce dernier est ancien officier de police.
Trois hommes et un cadavre
Alex Kwong, Kwong Kau et Anthony Kwong sont jugés pour meurtre, mais aussi pour avoir empêché l'inhumation légale du corps d'Abby Choi. À Hong Kong, la peine pour meurtre (pour un majeur) est la perpétuité obligatoire. Contrairement à la Chine continentale, le territoire fonctionne selon un système de "common law" hérité des Britanniques : c'est donc un jury populaire qui décidera de leur sort. L'affaire est jugée en anglais.
Rebondissement en début de procès
Les premiers jours d'audience ne sont consacrés qu'à des questions de procédure, dont la teneur reste sous embargo jusqu'à la fin du procès. Ce n'est que le jeudi 24 septembre qu'un jury de neuf personnes, sept hommes et deux femmes, est enfin constitué.
Premier coup de théâtre : le 28 septembre, un juré demande à se retirer, invoquant une pathologie que le stress du procès risquerait d'aggraver. Il faut reconnaître que l’affaire est sordide ! Le juge préfère dissoudre l'ensemble du jury. Un nouveau panel de neuf personnes doit être sélectionné.
Une saga à tiroirs
Ce procès n'est que la nouvelle étape d'une affaire tentaculaire. La mère d'Alex Kwong, Jenny Li, a déjà écopé d'un an et demi de prison pour avoir entravé l'enquête visant son fils. Deux autres personnes, poursuivies pour avoir aidé Alex Kwong à tenter de fuir vers Macao par bateau, ont, elles aussi, été condamnées l'an dernier. Quant à Alex Kwong lui-même, il purge depuis juin 2024 une peine de trois ans et demi pour vol et non-respect d'une liberté sous caution, dans un dossier distinct.
Le procès devrait s'étendre sur 45 jours et pourrait se prolonger jusqu'en décembre. Trois ans et demi après les faits, Hong Kong n'a donc pas fini d'attendre que soient clairement établies les circonstances exactes de la mort tragique d’Abby Choi.
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