Boris Duhamel, créateur d’émotions lumineuses à Hong Kong

Par Didier Pujol | Publié le 04/05/2022 à 13:01 | Mis à jour le 04/05/2022 à 16:11
Boris Duhamel lumiere

Article réalisé en partenariat avec Expats, le magazine des Français qui changent le monde par lepetitjournal.com

Boris Duhamel, entrepreneur vainqueur du Trophée EDHEC des Français de Hong Kong 2020 est à la tête d’une entreprise depuis 10 ans, spécialisée dans la scénographie lumineuse pour le secteur du luxe. Il a accepté de répondre à nos questions.

« La lumière est un parfum pour les yeux »

Vous avez créé Baseline Lighting en 2012. Pouvez-vous nous parler de ce que vous faites ?

Baseline est un lighting design studio. Nous faisons de la scénographie à la demande pour les secteurs du Retail dans le luxe, pour le monde de la mode et de la cosmétique, l’hôtellerie et la restauration. La lumière joue un rôle primordial comme outil de positionnement des marques en soulignant leur ADN. Dans un magasin ou un hôtel, la couleur de la lumière peut changer selon l’impression que l’on veut laisser, une lumière chaude pour des parfums ou des vêtements par exemple ou plus froide pour la joaillerie ou l’horlogerie. On recherchera la chaleur pour un restaurant ou un hôtel et une lumière plus blanche pour un bureau ou une école. Dans la grande distribution où la lumière rose rend la viande plus appétissante ou encore le jaune utilisé pour la boulangerie qui évoque le croustillant de la croute du pain. Avec la technologie LED, on peut adapter la couleur selon l’espace, la fonctionnalité ou le produit. La lumière est un véhicule pour créer des émotions.

Vous offrez des services clé-en-main. Pourquoi ce choix ?

Nous avons commencé comme studio mais nous nous sommes aperçus rapidement de la limite de la prescription en Asie, au point que nous avons fini par délivrer le projet de A à Z pour garantir la qualité requise, en délais et certifications. Ainsi, faute de solutions locales, nous avons créé notre propre marque de luminaires (Zeplinn) développée sur la base des critères des Maisons de luxe françaises en termes de performance, efficacité et consommation.

Du coup aujourd’hui notre offre est à la carte. Cette approche novatrice nous permet d’être très réactifs sur le marché asiatique dont le rythme est soutenu, tout en répondant aux standards les plus élevés. De plus, nous proposons une consistance permettant une émotion comparable d’une boutique à l’autre en matière d’éclairage de Hong Kong à New York, en passant par Shanghai et Paris.

 

celavi club shanghai
Celavi à Shanghai Photo@Baseline Lighting

« Certains de nos espaces lumineux sont devenus iconiques »

Quelles sont les réalisations dont vous êtes le plus fier et pourquoi ?

Notre siège est à Hong Kong avec une filiale à Shanghai, la Chine se développant très rapidement, 2020 et 2021 voyant nos revenus doubler chaque année sur ce pays. La même tendance est prévue pour 2022. Nous avons des partenaires au Japon qui est un marché très particulier, aux Philippines, à Dubai, aux Etats Unis près de Los Angeles, au Mexique, en Angleterre, France et en Hongrie. Parmi nos plus belles réalisations, figure l’hôtel Pullman de Hong Kong, un projet global sur 18 mois comprenant chambres, salle de bal, VIP lounge, restaurant et bar compris. Depuis, le Skybar est un des points de repères les plus iconiques de Hong Kong. De même, le club et restaurant CE LA VI de Shanghai sont très connus, la lumière y suivant la musique avec même une œuvre d’art qui change selon la lumière.

 

« Notre culture est avant tout celle de l’humain »

Dans la mesure où la qualité de notre service dépend en grande partie des qualités de nos employés, nous y attribuons une grande importance. Au moment du recrutement, nos collaborateurs font l’objet d’une évaluation pour nous assurer qu’ils sont alignés avec nos valeurs, bien-être, écoute, curiosité, bienveillance, et innovation. Nous passons aussi le temps nécessaire à nous adapter à chaque culture. Pour cela nous effectuons un travail d’éducation mutuelle pour être sûrs de bien se comprendre, en incitant par exemple chacun à clarifier ce qu’il dit, plusieurs fois si besoin. Nous nous efforçons aussi de responsabiliser les collaborateurs. Le résultat est que nous sommes chinois en Chine, japonais au Japon et français en France.

 

Pullman terrasse Hong Kong
Pullman Hong Kong  Photo@Baseline Lighting

« L’international a toujours été dans mes gènes »

Quel est votre parcours personnel ? Comment avez-vous décidé de devenir entrepreneur ?

J’ai pris le goût des voyages très tôt, mon premier voyage seul remontant à mes 10 ans au Canada. J’ai commencé ma carrière dans le monde du jouet, comme responsable export et Asie, avant d'y créer une filiale. Puis j’ai successivement assuré la direction Asie d’une société de matériel de protection individuelle avant de rejoindre Uniross, un fabriquant de batterie dont j'ai monté l’usine chinoises. Enfin, j’ai restructuré le groupe Bergner spécialisé dans le matériel de cuisine avant de me lancer dans l’aventure de la lumière. Au début, j’ai dû me former et embarquer des professionnels français de l’éclairage, pour commencer à travailler au plus près des marques de cosmétique et de luxe pour comprendre leurs besoins.

« Nous sommes investis dans la réduction énergétique »

La crise pandémique a perturbé les relations et la logistique mondiale. Comment vous êtes-vous adaptés ?

Le Covid nous a ralenti en 2020 mais nous nous sommes concentrés sur l’optimisation de nos processus et la digitalisation interne et externes. Au final, la diminution des déplacements internationaux a accentué le besoin d’un partenaire local pour suivre les chantiers en Asie par les grands groupes, ce qui a renforcé notre position. Une partie de nos partenariats les plus solides viennent de cette période, les entreprises cherchant une responsabilité de bout en bout. De plus les standards carbone zéro qui deviennent la norme depuis deux ans nous mettent dans une position particulièrement favorable, les fournitures devant être de plus en plus locale. Enfin, nos solutions permettant de contrôler et réduire la consommation, participant directement à la préservation des ressources énergétiques. Nous avons par exemple permis à Dior de diminuer la consommation pour l’éclairage des boutiques par deux en passant de 60 à 30 watts au m2.

« Les sports extrêmes contribuent à faire ce que je suis »

Vous êtes un grand amateur des sports de glisse et de vitesse. En quoi les valeurs du sport vous inspirent-elle?

Il y a beaucoup de similarités entre le monde du sport et l'entreprenariat. Au delà de l'endurance et de l'esprit de compétition, la pratique des sports extrêmes oblige à l'humilité, repose sur une grande préparation et conduit à observer pour s'adapter. Lorsque vous êtes en situation apparemment difficile, en kite surf par exemple alors que les conditions météo viennent soudainement de changer, votre survie dépend de votre niveau de préparation et de votre capacité à analyser calmement votre environnement, pour prendre la bonne décision. Si l'on fait l'analogie avec les crises que nous traversons depuis deux ans, le sang-froid acquis dans des situations où votre sécurité physique est engagée permet de relativiser les différentes difficultés et de guetter les meilleurs fenêtres d'opportunité. Au final, de nombreuses situations trouvent leur solutions grâce aux enseignements du sport. Dans mon cas, cela participe pleinement à faire ce que je suis aujourd'hui.

Didier Pujol

Didier Pujol

Passionné de culture chinoise et présent en Chine depuis 2011, Didier a publié de nombreux articles sur la Chine avant de reprendre la direction de l'édition Hong Kong comme directeur et rédacteur en chef.
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