Samedi 12 juin 2021
Hong Kong
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Arthur de Villepin: "les artistes sont des passeurs d’espoir"

Par Didier Pujol | Publié le 17/12/2020 à 14:00 | Mis à jour le 21/12/2020 à 01:27
Photo : Arrthur de Villepin devant la toile de Hans Hartung T-1956-23, 1956, (Oil on canvas, 180 x 115cm)
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Avec leur nouvelle collection intitulée “The Art of Hope, New School of Paris”, Arthur et Dominique de Villepin proposent un parcours dans le Paris des années 50 grâce à un groupe d’artistes visionnaires. Nous avons rencontré Arthur de Villepin dans la désormais célèbre galerie de Hollywood Road.

La Nouvelle Ecole de Paris, entre traumatisme et espoir

Vous signez la seconde exposition de longue durée depuis l’ouverture de la galerie Villepin, pouvez-vous nous présenter cette exposition?

La Nouvelle Ecole de Paris regroupe des artistes émigrants de la période qui suit la seconde guerre mondiale : Zao Wou Ki, venu de Chine, Jean-Paul Riopelle, canadien, Georges Mathieu et Pierre Soulages du nord et du sud de la France ou encore Hans Hartung d’Allemagne et Nicolas de Staël de Russie. La variété de leurs parcours, souvent tragique, et le fait qu’ils se retrouvent à Paris, dans un monde en état de choc mais rempli d’espoir et d’optimisme ont exacerbé leur créativité à tel point qu’aujourd’hui leur message résonne encore dans la période difficile que nous traversons. C’est un peu comme s’ils nous incitaient à garder confiance dans le futur grâce à cette énergie qui leur a permis de survivre eux-mêmes.

Après Zao Wou Ki, cette nouvelle exposition est un peu une continuité. Pouvez-vous nous expliquer ce choix?

En effet, Zao Wou Ki était un ami de longue date et nous avons naturellement commencé à l’exposer à Hong kong, regroupant des œuvres issues de sa famille ou de nos propres collections. Après le succès de cette première initiative plébiscitée par les collectionneurs d’art à Hong Kong et d’ailleurs puisque nous avons aussi reçu des commandes de l’étranger, nous élargissons le spectre, avec les contemporains de Zao Wou Ki, permettant de comprendre le temps et l’émulation qui ont entouré son œuvre. Pierre Soulage était un ami de la famille, de même que Ladislas Kijno. C’est donc une exposition assez personnelle qui commence par une galerie de photos mettant en scène ce groupe d’artistes et se poursuit au travers des salles décorées de mobilier moderniste, pour partie d’époque.

 

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Georges Mathieu, Air de France 1967  (oil on canvas 175 x 451 cm), au rez-de-chaussée de la galerie

 

Soulage, Hartung, Mathieu et les autres

Pourriez-vous nous parler de certains des artistes exposés?

Mathieu et Hartung se distinguent par leur recherche du geste, un peu similaire à la calligraphie chinoise. Chez Georges Mathieu, la vitesse est source de modernité et d’énergie, ce qui rejoint le thème de l’espoir. Quant à Hans Hartung, c’est la pureté et l’élévation spirituelle vers le divin qui s’exprime dans ses compositions faites de quelques traits de couleurs. La comparaison avec Pierre Soulage est très intéressante puisque ce dernier propose au contraire une architecture dans ses toiles destinées à créer un sentiment de profondeur. Tous ces artistes sont animés de la volonté de créer des univers nouveaux et de s’affranchir des codes antérieurs, même si l’on ressent chez Pierre Soulage la référence à Rembrandt et que Hartung a probablement été influencé par le "tachisme", cette façon de figurer la réalité par des touches de couleur.

Vous avez avec l’art un lien particulier. Pouvez-vous nous en parler. Comment est venue cette passion?

Je suis en effet entouré depuis mon jeune âge d’artistes ou de collectionneurs : ma sœur, ma mère, mon père… J’ai donc naturellement développé un goût pour l’art que j’ai intégré dans mes activités professionnelles, dans le vin tout d’abord avec Pont des Arts puis les magasins YellowKorner et aujourd’hui la galerie Villepin qui synthétise un rêve, avec ce concept très particulier, à mi-chemin entre une fondation à vocation éducative et le commerce de l’art, au cœur même d’une capitale du marché mondial de l’art. Les liens tissés aujourd’hui avec les salles comme Christies grâce à cet espace unique dans lequel nous organisons des salons à thèmes pour des groupes d’experts et de collectionneurs sont notre grande fierté. Nous pouvons ainsi transmettre notre passion de l’art moderne et faire mieux connaitre des artistes que nous apprécions.

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Hans Hartung T-1962-L17, 1962, (Oil on canvas, 162 x 130cm) - Nicolas de Stael, Pot à raies 1953 (Oil on Canvas, 130 x 89 cm), 194.4 x 129.5cm- Jean Dubuffet, J'accours 1964 (Mixed Media (Vinyl/canvas) Photos Courtesy@Villepin

 

L'art est une valeur refuge

Comment s’est déroulée la période de la crise sanitaire? Qu’avez-vous appris et comment vous êtes-vous adapté?

En fait, la période a permis de resserrer nos liens avec le marché local. En rendant les déplacements difficiles, la crise sanitaire nous a obligé à approfondir nos relations existantes avec les nombreux collectionneurs présents à Hong Kong. Nous avons organisé des visites guidées et mini-conférences en tout petits groupes, permettant de passer plus de temps avec chacun et d’être plus à l’écoute. Les ventes ont été très bonnes, signalant que l’art est probablement une valeur refuge, au-delà du fait qu’il apporte joie et satisfaction dans des temps plus qu’incertains. Le travail réalisé à l’occasion de cette pause historique est aujourd’hui très bénéfique car nous ressortons confortés et reconnus pour notre expertise particulière concernant certains artistes ou périodes artistiques.

Avez-vous déjà des annonces à faire sur la programmation et initiatives futures

Nous prévoyons de présenter après cette exposition une artiste contemporaine coréenne, Myonghi Kang. Pour la première fois, nous quitterons le monde de Zao Wou Ki, bien que certaines de ses compositions s’en rapprochent. Cette exposition commencera fin Avril 2021.

 

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Didier Pujol

Didier Pujol

Passionné de culture chinoise et présent en Chine depuis 2011, Didier a publié de nombreux articles sur la Chine avant de reprendre la direction de l'édition Hong Kong comme directeur et rédacteur en chef.
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