Singapour a l’avantage d’être un petit pays assez plat. L’usage du vélo pour y circuler, que ce soit pour aller à son travail, faire de l’exercice ou découvrir des endroits reculés, peut donc être tentant. Cependant il n’y a pas ici de pistes réservées aux bicyclettes, et vous aurez à partager votre chemin avec d’autres types de véhicules ou des piétons dans le cadre d’une réglementation complexe et mouvante. Vous trouverez dans cet article ce qu’il faut savoir avant de monter en selle.


La multiplication des types de véhicules depuis les années 2000
Le vélo, qui avait été délaissé au profit des véhicules motorisés dans les années 1970, est revenu en force à la fin des années 1980, les Singapouriens y voyant un moyen d’améliorer leur santé et leur environnement. Ce phénomène s’est encore amplifié avec le Covid et le développement des systèmes de vélos en libre-service. Aujourd’hui, un foyer singapourien sur quatre possède au moins un vélo et beaucoup l’utilisent pour leurs déplacements quotidiens. Il suffit de voir l’accumulation des bicyclettes garées au voisinage des stations de métro pour s’en convaincre.
En parallèle, de nouveaux types de véhicules sont apparus : les vélos électriques (PAB : Power- Assisted Bicycles ou E-bike), sur lesquels ont été greffés un moteur et une batterie, les vélos à deux ou trois roues où on se tient allongé (Recumbent), les aides à la mobilité personnelles (PMA : Personal Mobility Aid), véhicules motorisés ou non, à trois ou quatre roues, destinés en principe à des personnes handicapées, et un ensemble hétéroclite (PMD : Personal Mobility Device) allant de la trottinette traditionnelle (kick-scooter) au scooter électrique (E-scooter), en passant par les gyropodes (Hoverboard) et les monocycles.

Une cohabitation difficile conduisant aux accidents
Dans un pays qui avait supprimé ses pistes cyclables dans les années 1970 et où l’espace est compté, ces nombreux et divers types de véhicules ont du mal à trouver leur place entre les routes, territoires des voitures et des motos, et les trottoirs et chemins, en principe destinés aux piétons.
Les seuls cyclistes sont victimes chaque année de plus de 500 accidents graves sur la route. De leur côté, les piétons sont en moyenne victimes de 150 accidents par an hors route, dont 70 avec des bicyclettes.
Pour limiter le nombre et la gravité de ces accidents, de nouvelles infrastructures et règles ont été progressivement introduites depuis la fin du siècle dernier. Le reste de l’article se concentre sur celles concernant les bicyclettes classiques, sachant que chaque type de véhicule obéit à des règles particulières. Pour une vue plus générale de la réglementation concernant l’ensemble des véhicules personnels autres que voitures et motos, il faut lire l’Active Mobility Act.
Les règles concernant le vélo à Singapour
D’une manière générale, il est possible de circuler à vélo partout à Singapour, y compris sur les trottoirs, ce qui est parfois ennuyeux pour les piétons, particulièrement lorsque les chemins sont étroits. Faire du vélo sur route n’est pas recommandé, car les Singapouriens au volant ne respectent guère les deux roues.
Les deux roues à Singapour : une réglementation complexe
C’est pour cela que depuis les années 1990 a été développé le réseau PCN (Park Connector Network) qui permet de se déplacer en dehors du réseau routier sur des voies assez larges pour accommoder plusieurs types d'usagers. Il s’étend aujourd’hui sur 380 km et devrait atteindre 500 km d’ici 2030. Son parcours est assez agréable car ses voies suivent souvent des cours d’eau ou des zones vertes.

Ceci étant, il existe cependant quelques restrictions. De plus en plus de chemins aux usages partagés (200 km aujourd’hui) sont divisés en deux, une partie étant exclusivement réservée aux piétons. Depuis juillet 2025, les cyclistes empruntant la partie piétonnière peuvent être pénalisés : jusqu’à 2.000 SGD (environ 1.300 €) d’amende ou trois mois de prison. Il y a aussi des limitations de vitesse dépendant du type de voie : 25 km/h sur PCN, 10 km/h sur chemin piétonnier. De plus, des bandes jaunes transverses signalent l’obligation de ralentir, par exemple avant de croiser un chemin piétonnier. Dans certains passages étroits, comme des ponts, il peut être demandé de descendre de votre vélo et de le pousser (dismount and push). Il est aussi recommandé de le faire en cas d’affluence. Il faut tenir sa gauche et avertir lorsque vous allez dépasser un piéton ou un autre véhicule. Il est interdit d’utiliser un smartphone à vélo. Au-delà des règles formelles, soyez respectueux des autres utilisateurs des voies que vous empruntez.
L'assurance est-elle obligatoire ?
Si une assurance n’est pas obligatoire pour les cyclistes ne roulant pas à des fins professionnelles, elle est néanmoins recommandée, pour faire face aux conséquences d’accidents éventuels tant pour vous que pour des tiers.
Enfin, si vous vous aventurez à vélo sur les routes, sachez que vous devez porter un casque et rouler les uns derrière les autres. Faire du vélo sur les expressways et dans les tunnels est interdit. Vous devez bien sûr respecter le code de la route. Votre vélo doit comporter des lampes pour la circulation de nuit.
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