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METIERS ANCIENS Encore typiques en Espagne mais en voie de disparition

Par lepetitjournal.com Madrid | Publié le 18/02/2019 à 12:00 | Mis à jour le 18/02/2019 à 15:39
Photo : Creative Commons
afilador

Notre société a connu des évolutions technologiques et sociales considérables ces dernières décennies. Nouvelles énergies, apparition des supermarchés, électro-ménager et produits de consommation "jetable", ont profondément modifié notre manière de vivre, et de consommer. De nombreux métiers se sont alors perdus en cours de route. A votre arrivée en Espagne, vous avez peut-être entendu ces petites mélodies sifflées dans la rue, qui viennent rappeler le bon souvenir d'anciennes professions presque toutes disparues aujourd'hui dans la Péninsule. 

 
Découvrir ou redécouvrir les métiers anciennement pratiqués dans l'Espagne d'avant 1980 nous propulse dans une époque perdue. Jusqu'au siècle dernier encore, les habitants achetaient et faisaient réparer leurs biens à des vendeurs et réparateurs ambulants qui passaient quotidiennement en bas de chez eux. Pour se faire remarquer, ces professionnels étaient équipés de flûtes qui leur permettaient d'émettre un son strident. Mais la tradition voulait aussi qu'un bon commerçant ait en répertoire de nombreux cris et slogans pour avertir de son passage. On pouvait alors entendre des voix appeler les clientes : "Señoraaaaaaas! Aqui esta su lañador/afilador/vendedor" (selon la profession).
 

L'afilador de cuchillos


Voici un métier ancien qui survit dans la Péninsule. En effet, il est encore possible de l'entendre passer dans sa ville ou dans son quartier. L'afilador est facilement reconnaissable au sifflement aigu qui l'annonce. A l'époque, les maîtresses de maison descendaient dans la rue lorsqu'elles entendaient ce son d'alerte, souvent relevé par le cri de l'homme qui s'annonçait : "afiladoooooor!". Les mères de familles accouraient alors avec leurs couteaux de cuisine et autres paires de ciseaux pour les faire aiguiser. L'afilador se déplaçait sur une bicyclette ou un cyclomoteur sur lequel était installé son matériel d'aiguisage : une roue en pierre que l'artisan faisait tourner pour affûter les lames qui lui étaient confiées. Un métier qui disparaît lentement, remplacé par du matériel individuel que tout le monde peut acheter et conserver dans sa cuisine pour aiguiser ses couteaux.


 
Las zurcidoras de medias


Au début du siècle dernier, les femmes qui pouvaient se le permettre portaient des collants en soie, qu'elles faisaient réparer régulièrement lorsque le vêtement subissait un accroc ou une déchirure. Les femmes en charge de réparer les collants s'appelaient les zurcidoras de medias. Comme vous l'expliqueront les plus anciennes, une zurcidora n'était pas une couturière, car l'action de "zurcir" n'est pas de la couture, il s'agit de réparer le point de maille du tissu sans que cela ne se remarque. Les zurcidoras travaillaient avec un crochet spécial et s'appliquaient à tirer et raccommoder des fils d'élastique et de soie. A cette époque, les collants, principalement d'importation, étaient chers, et il fallait les entretenir. Avec l'avènement du collant en nylon, les zurcidoras avaient alors beaucoup de travail. Il est évident qu'aujourd'hui, avec la fabrication de collants à grande échelle à moindre coût, les femmes se rachètent de nouveaux collants lorsqu'elles abîment les leurs, et le métier de zurcidora est maintenant disparu (exception faite de certaines vieilles dames qui conservent encore la tradition).


 
El paragüero


Dans les années 1940 et 1950, le réparateur ambulant de parapluies avait du travail dans toutes les communes dans lesquelles il circulait. Là-aussi, il s'agit d'un métier qui a disparu en même temps que les habitudes de consommation ont changé. Comme pour les collants, les habitants ont pris l'habitude de remplacer leur parapluie pour un neuf lorsque celui-ci se casse. Autrefois, le paragüero passait dans les rues et lorsque les voisins et voisines entendaient le fameux cri (?Paragüeeeeeeeeero!?) d'avertissement de la présence de l'artisan, ils s'empressaient d'apporter leurs parapluies pour faire réparer l'armature en métal ou le tissu imperméable qui s'était déchiré.


 
Les vendeurs ambulants de nourriture


Encore une fois, ces métiers communs, qui offraient à tout le monde la possibilité de travailler et gagner sa vie, ont disparu à mesure que la population s'est mise à consommer différemment et que la grande distribution et les supermarchés sont apparus. Ceux qui ont connu l'époque bénie où existait encore ce type de métiers se souviendront avec nostalgie de la barquillera (également appelée pipera) qui vendait ses gaufrettes et ses pipas dans la rue, le lechero ou plutôt la lechera, qui distribuait le lait de ses vaches à ses clients, ou encore le repartidor de viande ou de poissons qui livrait la nourriture de maison en maison. Sans oublier le mielero-quesero, qui criait pour annoncer son arrivée dans les villages où il venait vendre ses fromages manchego et son miel. Vêtu d'un traditionnel tablier gris et de chaussures spartiates, il servait à la louche le miel, conservé dans une cruche en terre suspendue à son épaule, aux habitants qui sortaient avec leur propre récipient pour le récupérer.


 
Les métiers issus d'un autre temps


Il existe également toute une liste de professions qui jouaient un rôle imprescriptible dans la vie quotidienne des Espagnols du début du siècle dernier, et qui n'ont plus lieu d'être depuis le développement de nouvelles technologies et la modernisation de la société. Le premier d'entre eux à avoir disparu est le farolero, l'homme qui était chargé d'allumer manuellement les lanternes de la ville le soir, lorsque l'éclairage électrique n'existait pas encore, et de maintenir les lanternes à huile en bon état de fonctionnement. Il y a un siècle en arrière existait encore le carbonero, qui passait dans les zones rurales pour recouvrir de branchages et de mousses des tas de bois auquel il mettait le feu durant des jours pour réaliser un processus de carbonisation. A cette époque où la distribution d'eau courante n'était pas encore établie, l'aguador avait quant à lui la mission de répartir de l'eau potable à la population, qu'il transportait grâce à une charrette et à un mulet. Parmi les métiers les plus anciens, se trouve également la profession de colchonero. Cet homme se déplaçait dans les communes pour fabriquer des matelas à la demande des clients. Un processus artisanal plutôt long, qui consistait à frapper la laine de mouton au sol durant des heures à l'aide d'un bâton, avant de l'enfermer dans des morceaux de tissus à coudre. Le seul métier de vente ambulante directe au consommateur qui a su s'adapter aux nouveaux besoins de la société est le repartidor de gas, que vous entendez passer en bas de chez vous lorsqu'il tape avec un bâton les bonbonnes de gaz qu'ils transporte dans son chariot, provoquant un bruit strident et reconnaissable, pour avertir les clients de son passage.

 

Perrine LAFFON
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